EE D. AS EE D ES EE EE D. ES D D ES D EU EE D D
La simple inspection des six premiers indices de ressemblance du tableau ci-dessus nous paraît déjà fort instructive. Ils s’échelonnent de 0,82 à 0,56. Or, nous constatons que la valeur la plus élevée est celle du rapprochement dans lequel on considère à la fois le même pays et la même époque de l’année. D'autre part, le couple de séries pour lequel on a le même pays sans avoir la même saison a un indice de ressemblance sensiblement inférieur. Lorsque, enfin, on rapproche les taux allemands des taux français, on a, dans trois cas sur quatre, des indices encore plus bas, et cela est surtout accentué dans les rapprochements visant la série des taux de décembre.
1l ressort de cette constatation un enseignement général, que nous pouvons formuler comme suit : les facteurs professionnels du chômage restent à peu près constants pour un même pays et une même époque de l’année. Ils varient davantage lorsque l’on compare soit deux pays, soit deux saisons différentes, et davantage encore lorsque ces deux causes de variation coexistent.
Cette notion, intéressante puisqu'elle met en relief les degrés divers de stabilité des facteurs professionnels de chômage, n’est pas la seule dont nous ayons besoin. Nous nous sommes posé le problème général de savoir s’il y a ou non, quelles que soient les circonstances, une certaine fixité dans les valeurs relatives des taux de chômage des diverses industries. Sur cette question, nos six premiers indices, parce qu'ils ne portent que sur des séries d'observations couplées, nous renseignent mal!.
Appelons X Y Z, etc., les industries considérées; À B C D les observations, ou mieux les séries d'observations faites. Il pourrait y avoir une assez grande ressemblance moyenne, entre les valeurs A et B des industries XSYS Z, etc. Il pourrait y avoir, de même, une assez grande ressemblance moyenne entre les valeurs A et C, À et D, B et C, B et D, C et D, de ces mêmes industries X, Y,Z, etc., alors qu’en même temps n'existerait, entre les valeurs À BC D de X, de Y, de Z, etc., considérées conjointement, qu'une très faible ressemblance.
Pour apprécier la constance, toutes observations réunies, des taux de chômage des diverses industries, un nouvel indice doit être formé, portant sur les écarts maxima des valeurs observées dans chaque industrie, sans tenir compte des couples de séries auxquelles appartiennent ces écarts. Les éléments de cette nouvelle comparaison, figurant aux colonnes 23 et 24 du tableau V, aboutissent à un rapport représenté par la fraction 0,44. On ne sera pas surpris que cet indice ait une valeur sensiblement inférieure à celle de tous les autres, puisqu'il mesure la stabilité minima des facteurs professionnels de chômage dans les quatre Recensements considérés globalement.
C. — La comparaison graphique et les expressions accessoires de la ressemblance constatée.
S'il est utile d'exprimer par un chiffre la plus ou moins grande stabilité des taux de chômage, il faut reconnaitre que ce chiffre ne parle pas beaucoup à l'imagination : à côté de la comparaison numérique, la comparaison graphique garde donc sa raison d’être; on la trouvera réalisée hors texte dans le graphique C.
Le graphique C est constitué à peu près comme le graphique B, avec ces seules différences qu’il représente, pour chaque industrie, quatre taux de chômage au lieu de deux, et qu’il mesure ces taux en valeurs relatives et non en valeurs absolues. La première de ces nuances a l’inconvénient de charger le graphique, mais nous croyons qu'avec un peu d'attention on en saisira bien la signification. Par la deuxième modification, nous mettons le graphique en harmonie avec la matière étudiée, ce que nous n'avons pas fait dans le graphique B, parce qu'il s’'insérait dans notre démonstration avant qu'il fût question de mesurer la ressemblance des deux séries de taux.
Cette figuration des valeurs relatives des taux, et non de leurs valeurs absolues donne à notre graphique, il faut le reconnaître, une physionomie plutôt déconcertante. Le lecteur non prévenu s'attend, en effet, à voir les signes représentant le chômage prendre une valeur plus haute pour les taux de décembre que pour ceux de mars el surtout de juin. Ce serait le cas, sans doute, si nous représentions les valeurs absolues des taux de chômage, mais cette prénotion n’est pas fondée du moment que nous considérons les valeurs relatives. Toute la différence de niveau à laquelle on s’attend, disparaît dans la moyenne des taux, et, par rapport à cetle moyenne, les valeurs des taux des diverses professions sont ou peuvent être égales. C’est même précisément pour effacer cette influence générale des saisons, en mème temps que toutes les autres influences non professionnelles, que nous étudions les valeurs relatives des taux et non leurs valeurs absolues. Il suffit donc, pour lire sans difficulté notre graphique C, de garder bien présent à l'esprit le problème étudié".
Cette précaution prise, il reste encore à tirer du graphique son enseignement propre, el celui-ci n'apparaîtra peut-être pas très nettement à première vue. La stabilité des valeurs relatives des taux de chômage, au sein de chaque industrie considérée isolément, n’est assurément pas aussi visible dans le cas présent que lorsque nous
! La première impression du lecteur est d'autant plus troublante qu’assez souvent la valeur notée pour décembre est la plus basse des quatre valeurs rapprochées. Cela tient à la configuration particulière de la série des taux de décembre. Qu'on considère ces taux dans leurs valeurs absolues, et on s’apercevra qu’à côté de nombreux pourcentages, guère plus hauts que ceux des autres décomptes, il y en a un certain nombre, en particulier ceux des industries du bâtiment, excessivement élevés. Ces quelques taux si hauts font hausser beaucoup la moyenne des taux, si bien que, par rapport à celtc moyenne, les autres taux sont relativement faibles. Au point de vue où nous nous plaçons, cette physionomie particulière des valeurs relatives du chômage n'a aucune importance.
considérions les deux statistiques françaises seules. Nous ne trouvons plus maintenant, comme alors, de ces coïncidences presque parfaites entre les divers taux notés pour une industrie donnée; dans un assez grand nombre de cas, l'écart qui sépare les valeurs extrèmes observées est considérable. Notre thèse s’effondre-t-elle donc, au moment même où nous la formulons? Nous ne le croyons pas. Considérons, pour nous en assurer, non pas tel ou tel groupe professionnel isolé, mais l’ensemble de nos cent deux industries; répartissons, en un certain nombre de groupes, les écarts extrêmes constatés pour chacune d'elles entre les diverses valeurs du chômage, et comptons combien d'industries rentrent dans chacune des catégories ainsi formées. Cette répartition, dont on trouvera les élémenis à la colonne 25 du tableau V et la réalisation détaillée à l'annexe IV, peut se représenter par le croquis ci-après :
Graphique D. RÉPARTITION DES 102 GROUPES PROFES- SIONNELS SELON LES ÉCARTS MAXIMA EXISTANT DANS LES VALEURS RELATIVES DES TAUX DE CHÔMAGE OBSERVÉS
£carts
È MaxTMma Nombre d'industries à S
& D |dens les valeurs dans chacune des calegorés ci-contre |
ae du PRonee EE de RES
—| 2 à 5 10 15 20 25 30 35 3,00 et plus WA
4, 2 | 2,76 à 5,00 Y 3 [281 275 VD L | 2,26 et 2,50 1 5 | 2,01 et 225 À
1,76 et 2,00 7 1,51 et 1,75 Ÿ 1,26 et 1, 50
A1NO1 eLI1225
En A ses Re | 12 | 0,26 et 0,50 — TOO 15)
13 | 0.00 ét 0,25 VW) W
Ce graphique montre bien, croyons-nous, la prédominance numérique des industries à taux de chômage relativement stable sur celles dont le taux est plutôt instable.
On peut scruter de plus près encore cette question de la stabilité relative des taux de chômage en tenant compte, non plus seulement des industries considérées abstraitement, mais encore des fractions de la population qui appartiennent à ces industries. Nous établissons que, sauf exception, les industries ont des taux de chômage à valeur relative assez constante. Mais ces exceptions sontelles importantes ou non? C’est ce qu'on pourrait légitimement nous demander. Les données qui permettent de répondre à cette question se trouvent à l'annexe IV, déjà mentionnée, et sont représentées dans le graphique E.
AA
Graphique E.— RÉPARTITION DE L'ENSEMBLE DES SALA- RIÉS FRANÇAIS ET ALLEMANDS SELON LES ÉCARTS MAXIMA EXISTANT DANS LES VALEURS RELATIVES DU CHÔMAGE DES DIVERS GROUPES PROFESSIONNELS Ecarts Pourcentage du tolal des salariés élidiés LUE ajhartenant aux. £roupies jirolessionne/s