DIVERSITÉ DES DOCUMENTS STATISTIQUES
On a donc élé amené à utiliser, comme sources d’informations complémentaires, d’autres statistiques, portant sur des phénomènes supposés en rapport avec le chômage, mais plus aisément connus que lui, et plus régulièrement enregistrés. De là, toute une diversité de documents, dont l'inventaire méthodique est le préambule indispensable de notre étude.
A la base de cet inventaire, il est commode de poser la distinction que nous venons d'indiquer entre les documents ayant trait au chômage lui-même et ceux ayant trait à des indices du chômage‘.
Ces indices peuvent eux-mêmes se diviser en deux catégories, selon leur degré de connexilé avec le chômage. Les uns sont des phénomènes affectant des chômeurs, mais n’affeclant pas qu'eux; les aulres sont des phénomènes affectant exclusivement des chômeurs, mais n’affectant pas tous ceux du milieu considéré *. La deuxième catégorie, plus proche du chômage proprement dit que la première, peut ètre appelée celle des phénomènes directement connexes au chômage; et la première celle des phénomènes indirectement connexes, ou sim-
plement symptomatiques.
1 Cette distinction est courante dans la science, depuis les travaux de G. Schanz. Nous en acceptons le principe, mais croyons devoir ranger parmi les données indicielles certains chiffres généralement considérés comme relatifs au chômage lui-même.
? Nous écartons de la liste des indices du chômage un certain nombre de phénomènes mentionnés parfois comme tels, et qui formeraient alors une troisième catégorie de symptômes, mais dont le lien avec le chômage est trop lointain pour qu’on puisse en faire état : par exemple, le mouvement du commerce extérieur, de l'émigration, des faillites, des mariages, des encaisses de banques, des prêts sur gages, etc.
Parmi les indices de la première catégorie, il convient de ciler d’abord, en raison de leur notation officielle en divers pays, les chiffres relatifs aux bureaux de placements non commerciaux : le rapport du nombre des places demandées à celui des places offertes, ou des placements effectués, diminue lorsque la. production industrielle est intense et augmente lorsqu'il y a stagnation. Il peut donc passer pour un indice de chômage, mais cet indice est extrémement vague, car les fluctuations des offres d'emploi, et celles des placements effectués, ne se reflélent que très imparfaitement dans les opérations des bureaux. |
Celie statistique est particuliérement intéressante en Allemagne, où les bureaux de placement « d'intérêt public » ont pris le développement que lon sait. Elle est résumée mensuellement dans le Reichsarbertsblatt. Elle l'était, avant la création de ce périodique, dans la revue Der Arbeitsmarkt, fondée en 1897 par le D’ Jastrow. En France, des données analogues à celles de l'Allemagne, mais infiniment plus fragmentaires et moins significatives, sont publiées mensuellement dans le Bulletin de l'Ofice du travail”.
Une autre source de renseignements intéressants,
‘ On trouvera d’autres indications bibliographiques concernant le placement, tant municipal que syndical, dans les'divers pays, dans : Emil Krzcrr, Bibliographie der Arbeitslosenfürsorge, Berlin, Troschel, 1904, p. 7, 41, 49, etc.
Sur l’état actuel du placement en Allemagne, on consultera avec intérét : Louis VarLez, Rapport sur les bureaux de placement en Allemagne, broch.71 p., Gand, Nouvelle Imprimerie, 1904, et le tome II de Die Versicherung gegen die Folgen der Arbeitslosigkeit im Ausland und im Deutschen Reich, Berlin, Heymann, 1906.
Nous avons déjà cité et mentionnerons fréquemment au cours de notre étude cette remarquable publication de l'Office impérial allemand de Statistique. Nous
mais spéciaux à l'Allemagne, est la statistique des caisses d’assurance-maladie‘. Certaines de ces caisses communiquent chaque mois à l'Office impérial de Statistique Île nombre de leurs membres payants. Or la loi autorise les chômeurs par manque d'ouvrage à suspendre le payement de leurs cotisations : les fluctuations du nombre des cotisants sont donc, dans une certaine mesure, fonction de l’activité industrielle. Mais comme elles dépendent en même temps d’autres facteurs plus importants, en particulier des variations dans le nombre des astreints à l'assurance, leur valeur comme indice de chômage reste médiocre *. A côté de l’assurance-maladie et de la même manière qu’elle, l’assurance-invalidité est également utilisée par l'Administration allemande comme source indirecte d'informations quant au chômage.
On peut de même considérer comme symptômes des fluctuations du chômage les variations dans le nombre des vagabonds ou mendiants, ou dans celui des indigents*.
Un autre phénomène économique qui paraît, lui aussi,
tenons à rappeler qu’elle est due au D" Leo, conseiller de gouvernement. Nous adopterons pour la désigner ultérieurement l’abréviation : Enquête allemande.
Sur la valeur des chiffres fournis par les bureaux de placement, comme indices de chômage, voir : G. Scmanz, Zur Frage der Arbeitslosenversicherung, p. 85; voir également Jasrrow, Die Krisis auf dem Arbeitsmarkt (tome V de la collection Die Stôrungen im deutschen Wirtschaftsleben während der Jahre 1900 f.), et du même Sozialpolitik und Verwaltungswissenschaft, tome 1, Arbeitsmarkt und Arbeitsnachweis, Berlin, 1902.
! Publiée, comme la précédente, dans le Reichsarbeitsblatt et avant son apparition dans l’Arbeitsmarkt. Tableaux remontant à 1895 et s'étendant jusqu’à 1902 dans l’ouvrage cilé plus haut du D' Jastrow.
* Une circonstance de fait qui enlève beaucoup de valeur à cet indice est que, jusqu'ici, 20 0/0 à peine des caisses communiquent leurs chiffres à l’'Administration. Le passage des assurés d'une caisse notée dans la statistique à une caisse non notée apparait donc comme une diminution du chiffre des cotisants et fausse d'autant la signification des fluctuations notées. Cf. Enquête allemande, t. 1, p. 401. Voir quelques statistiques fragmentaires de caisses de maladies dans Scnanz : Zur Frage, etc., annexes 1 à 7.
* Voir, à ce sujet, W.-H. Beverince, The making of paupers, in Toynbee Record, novembre 1904. (Rapprochement intéressant entre la courbe du chômage dans les Trade-Unions anglaises et celle des indigents admis dans
influencé par le chômage esi la circulation des ouvriers d’une ville à l’autre. Or cette circulation laisse une double trace : c’est, d’abord, l'inscription des « trimardeurs » dans les refuges ou auberges spécialement affectés à leur usage’; c’est, ensuile, pour certains groupements syndicaux, la distribution de viatiques. Il y aurait donc là de nouveau des indices utilisables.
Mentionnons enfin un groupe de données dont l’observation passe pour particulièrement instructive et a donné lieu déjà à d’intéressants travaux, ce sont celles qui concernent les fluctuations du personnel employé dans les grands établissements industriels. L'Administralion du Massachusetts, par exemple, relève annuellement, depuis 1886, les effectifs employés dans les principales usines de l'État?. Des données semblables ont été recueillies en Pensylvanie pour les années 1892 à 1901° et en Suisse, pour l’année 1888‘; la Belgique, dans son grand recensement industriel de 1896, a fait une recherche analogue, en notant pour chaque établissement industriel la période des mortes. saisons”. En Angleterre, la Labor
les Workhouses.) Voir également Jasrrow, op. cit. — Le Bulletin de l'Office du Travail français à publié avec la méme intention, depuis sa création jusqu’à 1900, la statistique des asiles de nuit parisiens.
! Forme d'assistance particulièrement développée en Allemagne sous le nom de Naïuralverpflegungestationen et de Herbergen zur Heimat.
? Cf. Statistique annuelle des manufactures et spécialement pour la période 4889-1893, le XXIV® rapport annuel du Bureau ‘of Statistics of Labor. Une recherche du même ordre, mais plus complète, a été faite dans ce même État de Massachusetts lors de son recensement de 1905. Voir Massachusetts Labor Bulletin, février 1907.
# Voir publicalions du Bureau of Industrial Statistics of Pennsylvania et Second Series of Memoranda.…. prepared in the Board of Trade... on british and foreign trade and industrial conditions. Londres 1904, p. 125. Nous désignerons dorénavant ce document officiel anglais sous l’abréviation : Second Series of Memoranda.
1 Voir SECRÉTARIAT OUVRIER suisse, Le Chômage et les Bourses du travail Genève, 1904, p. 23, d’après le Recensement suisse des établissements industriels en 1888.
5 Cf. Recensement général des industries et des métiers du 31 octobre 1896. Bruxelles 1900, 599. Volume xvin, p. 153 et 211.
Gazette publie, chaque mois, des renseignements sur la production des hauts fourneaux, forges, aciéries et tôleries. Enfin, l'Office du travail français, dans sa grande enquèle de 1891 sur les Salaires et la Durée du Travail dans l'Industrie française, a cherché également à déterminer, par la variation des effectifs employés et des journées faites, divers indices de chômage.
Le défaut de ce procédé saute aux yeux : il renseigne sur l’aclivilé plus ou moins grande des établissements, mais non pas sur le chômage des ouvriers individuellement considérés. Lorsqu'un de ces ouvriers est congédié par un établissement, un risque de chômage s'ouvre, il est vrai, pour lui, mais l'on ne sait si ce risque se réalise ou non. Ce système, qui serail satisfaisant s’il pouvait saisir tous les établissements à la fois, ne donne que des résultats approximatifs, lorsqu'un nombre limité d’établissements est seul pris en considération.
$ [T.— STATISTIQUES VISANT LES PHÉNOMÈNES DIRECTEMENT CONNEXES AU CHOMAGE.
A côté des indices de chômage fort imprécis que nous venons d'énumérer, il en est d’autres plus significatifs, dont nous formons notre deuxième catégorie : ce sont les chiffres concernant l'assistance aux chômeurs, et l’assurance contre le chômage, chiffres dont le caractère commun est qu'ils se réfèrent exclusivement à des chômeurs, mais non pas, comme on semble le croire souvent, au chômage lui-même. Les statistiques établies au sujet de ces faits,
! De l'étude des données recueillies par l'Administration française, il ressort qu'on peut tirer de celles-ci trois catégories distincles d'indices de chômage, selon qu'on considère, a) le total des mises à pied, b) l'écart des effectifs extrêmes, c) le nombre des journées de travail. La mise en œuvre de ces données par l'Administration n'est pas à l'abri des critiques, mais l’indication de celles-ci dépasserail le cadre du présent chapitre.
el utilisables comme renseignements sur le chômage, quoique moins diverses que celles de la première catégorie, ne visent pourtant pas toujours exactement le même phénomène.
À. —— Statistiques d'assistance.
En matière d'assistance, on peut distinguer les types suivanis :
1° Statistiques portant sur les demandes de secours formulées par les chômeurs. C’est à ce type qu'appartiennent les chiffres intéressants et souvent cités publiés par les villes de Zürich, de Bâle et de Saint-Gall’ et également une statistique moins connue, établie à Amsterdam dans l'hiver 1894-1895 ?.
2 Statistiques portant sur les chômeurs secourus sans obligation de travail. Exemple : le relevé des secours accordés aux chômeurs par l’Assistance publique allemande en 1885 ÿ.
! Cf. ARBEITSLOSENKOMMISSION DER SrADT Züricn, Jährliche Berichte régulièrement publiés depuis 4899; pour les années 1892-1899, renseignements fragmentaires reproduits dans Scnawz, Zur Frage, etc.; SECRÉTARIAT OUVRIER SUISSE, op. cit.; Enquête allemande, p. 43. Dans les hivers 1879-1880 et 1880-1881 avaient également eu lieu à Zürich des inscriplions de chômeurs en vuc de travaux de secours, Leurs résultats sont signalés dans SECRÉTARIAT OUVRIER SUISSE, ORCH p-A2retTlT.
Pour Bâle voir Mitteilungen des Statistichen Amtes des Kantons Basel- Stadt, Numéros 1, 2, 6,9, portant respeclivement sur les demandes de secours des hivers 1902-1903, 1903-1904, 1904-1905, 1905-1906; chiffres reproduits et commentés dans la Denkschrift über die Entwickelung der Staatliche Arbeitslosenfürsorgeim Kanton Basel-Stadt, Bâle 1906,et dans l’Ænquére allemande, p. 147.
Pour Saint-Gall, voir Rapport de C. Zuppinger dans Statistik des Kantons St Gallen II Heft, chiffres reproduits dès 1896 dans la circulaire n° 2, série B, du Musée Social et, plus récemment, dans l'Enquête allemande, p. 45; ne pas confondre ces données portant sur les chômeurs déclarés au cours des huil hivers 1886 à 1894 avec les données relatives à la caisse d’assurance-chômage qui a fonctionné de 1895 à 1897.
3 Voir Statistik der Werkloosen die zich bij de Commissie voor Werkverschaffing te Amsterdam hebben aangemeld, publication du bureau de statistique de la commune d'Amsterdam.
* Relevé exceptionnel publié par l'Administration allemande dans le tome 29 de la Stalistique impériale, mentionné par Scnawz : Zur Frage, etc.,
annexe n° 12.
3 Statistiques portant sur les chômeurs secourus avec obligation de travail:
a) Statistiques permanentes des œuvres d'assistance par le travail, colonies agricoles, etc.”;
b) Statistiques des travaux de secours. Ceux-ci sont le remède classique aux crises aiguës de chômage, remède appliqué un peu partout, mais dont la terre d'élection est l'Angleterre ?.
Le caractère commun de ces divers types de statistiques est de porter, non sur le chômage proprement dit, mais sur le chômage accompagné de misère. Une ville qui organise des travaux de secours n’y admettra pas, par exemple, tous les chômeurs sans distinction, mais seulement ceux dont l’indigence a été officiellement constatée, et qui ont leur domicile de secours dans la commune. Pour la distribution pure et simple de secours, des règles encore plus strictes sont naturellement suivies. D'ailleurs, les ouvriers sentent eux-mêmes cette nuance, et ne s'inscrivent sur les registres ad hoc que lorsqu'ils sont totalement dénués de ressources. On ne saurait, dans ces conditions, confondre le nombre des individus inscrits ou admis aux secours avec celui des chômeurs. C’est pourquoi nous ne voyons dans le premier qu’un indice du second.
! Voir pour la France: Rapport sur la question du chômage, Paris 1896, annexe IV, p. 187 à 280.
* Voir pour l'Angleterre: Report on agencies and methods for dealing with the unemployed, edited by LLEWELLYN Smirn, London 1893. Résumé dans le Rapport sur la question du chômage, p. 135-173. Également : Report of Select Committee on distress from want of employment, 1805-1896; Report of Mansion House Committee on the unemployed, 1903-1904 (colonies agricoles de Hadleigh et Osea); Report of the Central Executive Committee of the London Unemployed Fund for 1904-1905.
Pour la France, le Rapport sur la question du chômage présenie le tableau détaillé des travaux de secours des villes ayant un budget supérieur à 400.000 fr. entre 1890-1895. Le Bulletin de l'Office du Travail donne annuellement des détails financiers sur ces travaux de secours.
B. — Statistiques d'assurance-chômage.
Le même raisonnement s'applique mutatis mutandis aux données concernant l’assurance-chômage. Ici aussi, le phénomène donnant lieu à indemnité, le seul qui soit exactement noté, n’est pas le chômage pur et simple des travailleurs assurés, mais le chômage accompagné de conditions restrictives nombreuses, sans rapports directs avec lui : on considère avant tout la régularité dans le payement des primes dues, et la date d'adhésion à la caisse ; puis on tient compte, selon les caisses, leurs ressources financières ou leur orientation économique, de délais de carence, de la durée du chômage, de sa cause apparente, de l'attitude de lassuré en présence de nouvelles offres de travail, etc. Le nombre des bénéficiaires d’indemnité, même si on lui adjoint celui des membres en période de carence, ne doit donc pas être confondu avec celui des membres de la caisse atteints par le chômage.
Il serait difficile de donner une bibliographie complète des statistiques concernant l’assurance-chômage ; on sait en effet quelle extension cette pratique a prise au sein des syndicats ouvriers des divers pays. En dehors des syndicats, l’assurance est encore pratiquée au sein de quelques groupements municipaux et patronaux,; enfin, il existe, tendant vers le même but, certaines organisations d'épargne. Chacune de ces institutions fournit sa quotepart de renseignements sur le chômage. Nous n'indiquerons ici que les documents les plus accessibles.
1. Épargne. — 1° Publications de la Caisse d'épargne de Bologne depuis 1896 ;
2° Publications du Fonds de chômage gantois, en ce qui concerne le Service d'épargne de ce Fonds ;
! Statuts commentés dans Scuanz, Neue Beiträge, etc., p. 76.
3 Publications de la coopérative de consommation Produktion de Hambourg depuis 1901 *.
1]. Institutions municipales ou privées d'assurance facultative. — 1° Rapports annuels (depuis 1894), de la Caisse d'assurance facultative contre le chômage de la ville de Berne ;
2° Rapports annuels (depuis 1902) de la Caisse de l’'Arbeiterbund bâlois ;
3° Rapports annuels (depuis 1897), de la Caisse de Cologne”.
4° Publications (depuis 1901) de la Caisse de prévoyance de Venise*.
5° On signale quelques entreprises patronales ayant organisé des caisses d'assurance facultative *.
11]. Institution municipale d’assurance obligatoire. — C'est la fameuse tentative de Saint-Gall, dont la Caisse fonctionna due 1898 Su lune EMe0Ts
JV. Caisses syndicales d’assurance-chômage. — {1° Les plus connues et les plus anciennes sont les caisses anglaises dont la statistique résumée est donnée :
a) mensuellement dans la Zabor Gazette;
! Voir Enquête allemande, p. 538. Schanz mentionne, dans ses Neue Beiträge, etc., p. 90 et dans son Dritter Beitrag, etc., p. 213 une dizaine d’entreprises industrielles, soit privées, soit municipales, ayant organisé des caisses d'épargne en vue du chômage; mais les opérations de ces caisses ne sont pas publiées. ;
* Voir Scuanz, Neue Beiträge, etc., p. 67. Une caisse analogue à celle de Cologne a été fondée à Leipzig en 1905. Voir Soziale Praxis, 3 août 1905.
* Voir Contro la Disoccupazione (n° 10 des Publications de l'Office du travail de la Società Umanitaria), Milan, 1905, p.23; Bollettino dell 'Ufficio del Lavoro, octobre 1904; Enquête allemande, p. 281.
‘ Voir Scnawz, Dritter Beitrag, etc., p. 169-214 et Rapport sur les caisses de chômage (Publications du Conseil Supérieur du Travail), Paris, Imp. nat. 1903.
5 Voir les deux rapports annuels de la Caisse et l'étude déjà citée de E. Hoffmann dans la X[° livraison de la Statistique de Saint-Gall.
b) annuellement dans les Annual Abstracts of Labor Statistics ;
c) d'ensemble et avec des recherches rétrospectives originales dans la Second Series of Memoranda!.
2° Les plus importantes actuellement sont les caisses allemandes dont la statistique est publiée trimestriellement dans le Reichsarbeitsblatt®.
L’Adminisiration allemande fait, depuis 1906, des efforts méritoires pour transformer ces statistiques d’assurance en de véritables statistiques de chômage. Elle demande à cet effet aux syndicats de lui communiquer, non pas seulement le nombre des chômeurs secourus, mais celui de tous les chômeurs déclarés. Dans la mesure où les syndicats remplissent ce programme, les renseignements qu'ils fournissent doivent être considérés comme relatifs au chômage lui-même *.
3° Les plus intéressantes, en raison de la collaboration obtenue des pouvoirs publics, sont les caisses belges, en particulier celles des syndicats gantois *.
En dehors des trois pays que nous venons de désigner, il existe des caisses syndicales d’assurance-chômage un peu partout. Nous nous contenterons d'indiquer en
1 Voir également, pour l'assurance au sein des syndicats d'employés anglais, ScHAnz, Zur Frage, etc., annexes 50, 51 et 52.
? Voir également, pour les deux premières années de cette statistique, l'Enquête allemande, p. 385 et suivantes.
5 Voir, dans l'Enquête allemande, p. 471 et suivantes, quelques chiffres relatifs à l'assurance dans des syndicats d'employés.
Voir d’autre part pour le passé :
a) la Korrespondenzblatt der freien Gewerkschaften Deutschlands, passim.
b) le Gewerkverein, passim; en particulier, numéros du 17 mai 1895 ét du 31 juillet 1896 ; ce dernier est résumé dans Scxanz, Neue Beiträge, etc., p. 116.
c) ScHawz, Zur Frage, etc., annexes numéros 35 à 40, 43 et 47.
d) la Bibliographie, de Krüger.
‘ Chiffres publiés mensuellement, depuis 1896, dans la Revue du Travail de Belgique. Voir également les rapports sur le Fonds de chômage: trois premiers exercices, 1901-1903; quatrième exercice 1904; cinquième exercice 1905, etc.
note quelques-unes des publications dans lesquelles les statistiques de ces caisses se trouvent reproduites”.
Les collectivités modernes, souffrant du chômage, ne se contentent pas de se renseigner indirectement à son sujet, ni même de lutter empiriquement contre lui. Elles essaient de déterminer la nature exacte du mal et d’abord de le mesurer. De là, une quantité d'enquêtes, faites en divers pays, et qu’il nous faut maintenant passer en revue.
Ces enquêtes, différentes les unes des autres à bien des égards, le sont en particulier au point de vue du phénomène observé.
Ce sont les causes apparentes de l’inaction qui interviennent le plus fréquemment comme bases de distinctions. Certaines enquêtes n’en tiennent pas compte du tout, ou du moins, tout en les notant, n'en font pas un critérium pour exclure de l'observation tel ou tel cas de chômage; presque toutes excluent le chômage-vacances; d’autres éliminent le chômage-maladie; d'autres, raffinant
! a) Caisses françaises. Voir le Rapport sur les caisses de chômage, déjà cité, et, depuis lors, les rapports semestriels du Bulletin de l'Office du Travail sur les opérations des caisses subventionnées par l’État,
b) Caisses norvégiennes. Voir depuis 1903 les statistiques mensuelles du bulletin officiel Arbejdsmarkedet et leur résumé dans les annuaires statistiques.
c) Caisses hollandaiïses. Voir depuis 1898 les statistiques mensuelles du bulletin municipal d'Amsterdam Statistisch Maandbericht der Gemeente Amsterdam (ne se réfèrent guère qu'aux diamantaires et typographes).
d) Caisses italiennes. La ville de Milan est seule à avoir des caisses syndicales un peu importantes contre le chômage. Celles-ci sont affiliées à un Fonds de chômage créé en 1905 sur le modèle du Fonds gantois par la Società Umanitaria. Voir Contro la Disoccupazione et aussi Bollettino dell'Ufficio del Lavoro, en particulier depuis mars 1906.
e) Caisses de divers pays. Voir les rapports du secrétaire ouvrier international Legien (Premier rapport 1905).
f) Caisses des syndicats typographiques de tous les pays. Voir les rapports et publications du Secrétariat typographique international (siège à Berne, M. Stautner, secrétaire).
davantage, excluent ou essaient d'exclure le chômagegrève, le chômage demi-validité, le chômage-paresse, etc. Parfois, c'est la présence ou l'absence d'une occupation accessoire, qui est prise en considération; parfois, c'est la durée du chômage : ainsi le chômage durant moins d'un jour complet, même s’il se renouvelle pendant de nombreux jours, n’entre généralement pas en ligne de compte. Dans d’autres cas, au contraire, ce chômage partiel est seul noté.
Les différences existant dans la condition économique du travailleur déterminent aussi de nombreuses sélections.
Certaines enquêtes, organisées par les syndicats ouvriers, ne portent que sur leurs membres, c'est-à-dire sur des travailleurs ayant ce caractère particulier d’être des salariés syndiqués. Le plus grand nombre vise tous les salariés sans distinction, ou du moins tous ceux d’entre eux qui appartiennent aux classes sociales inférieures. D’autres statistiques portent exclusivement sur les ouvriers et employés travaillant habituellement à poste fixe chez autrui. Il en est enfin qui s'étendent à toute la population active, sans distinction de classe ou de position contractuelle.
Sans pousser jusque dans leurs détails ces distinctions diverses, nous pouvons présenter notre dernier groupe de renseignements bibliographiques, en ordonnant grosso modo les documents selon l'extension décroissante du phénomène observé.
A. — Enquêtes portant sur tous les genres d'inaction et sur l'ensemble de la population active.
Ce type d'enquête, au cadre excessivement vaste, ne se rencontre guêre, à notre connaissance, qu'aux États-Unis. Lors des trois derniers Recensements fédéraux, en 1880,
1890 et 1900, toutes les personnes économiquement actives, de plus de 10 ans d'âge, furent invitées à répondre, le cas échéant, à la question suivante : Mois sans emploi pendant l'année du Recensement? Comme aucun commenlaire additionnel ne semble avoir restreint la portée de l'enquête faite, il faut admettre qu'elle provoqua des réponses aussi bien chez les travailleurs indépendants que chez les salariés, et qu’elle visait tous les genres d'absence de travail, sans distinction. La documentation extrèmement vaste et peu différenciée ainsi obtenue fut, en 1880, jugée trop inexacte pour être publiée. Elle figura au contraire dans les comptes rendus de 1890 et de 1900.
Les Recensements du Massachusetts en 1885 et 1895 contiennent des renseignements analogues à ceux des Recensements fédéraux.
En ce qui concerne en particulier celui de 1895, on peut noter qu’il fit, entre les travailleurs, la triple distinction suivante : gens n'ayant jamais chômé pendant l’année du Recensement, gens n'ayant chômé qu'une partie de l’année et gens ayant chômé tout le temps. Cette recherche n'a pas été renouvelée par le Massachusetts lors de son dernier Recensement (1905)!.
B. — Enquêtes portant sur tous les genres d'inaction, à l'exception des vacances, ne tenant pas compte en général du chômage partiel, el s'étendant à tous les salariés des classes sociales inférieures.
Ce genre d'enquêtes est de beaucoup le plus répandu. Cela tient au fait que le chômage ainsi entendu est précisément le phénomène dont l'opinion publique se préoccupe. Ce qui est grave, en effet, au point de vue pratique, c’est la misère qui suit le chômage, et celle-ci se produit, quelles
(1) Cf. Massachusetts Labor Bulletin, février 1907.
que soient les formes ou la cause apparente de l’inaction, du moment que celte dernière est complète et affecte des gens sans ressources accumulées.
Pour ordonner cette masse de renseignements, le plus simple est de la diviser par pays.
On remarquera que l'Allemagne a, à elle seule, plus d'enquêtes que tous les autres pays réunis. Il semble que l’on retrouve là un trait du caractère national, minutieux et laborieux. L’Allemand, souffrant du chômage, ne se contente pas de se plaindre, il veut savoir pourquoi il souffre et, à cet effet, interroge patiemment les faits. Sans doute les chiffres obtenus ne sont pas d’une exactitude rigoureuse, mais ils se contrôlent les uns les autres, et arrivent à serrer la réalité d’assez près.
J. Allemagne. — L’ensemble des enquêtes faites s'ordonne en un cadre chronologique très net, correspondant aux conjonctures économiques.
1° Un premier groupe de renseignements date de la dépression économique de 1893. Les Gewerkschaftskartelle‘ de différentes villes, en vue de soulever l'opinion publique, procédérent à des décomptes de chômeurs. Ces décomptes portèrent sur trente-trois localités dont treize de plus de 50.000 habitants *.
On reproche, en général, à ces enquêtes d’être vagues et tendancieuses.
2° Ce mouvement d'opinion détermina l’Administration impériale à s’enquérir à son tour de limportance du chômage. Deux recensements généraux devaient avoir lieu en 1895 : l’un, le 14 juin, consacré au dénombrement pro-
‘ Rappelons que le « cartel syndical » allemand correspond à la « bourse du travail » française, c’est-à-dire groupe les différents syndicats ouvriers d’une même ville.
: La liste complète de ces villes, ainsi que les principales données recueillies sont reproduites dans Scnanz, Zur Frage, etc., ann. 13 à 19.
fessionnel et à la statistique des entreprises industrielles, l’autre, le 2 décembre, recensement quinquennal régulier, exclusivement démographique. Il fut décidé de mettre à profil ces deux décomptes pour recenser les chômeurs. Les chiffres obtenus au cours du Recensement de décembre furent rapprochés de ceux de juin et une longue préface critique mit en relief l'importance de ce double décompte que nous étudierons, par la suite, en détail”.
Mentionnons seulement ici deux nuances dans le phénomène observé : d’une part, on distingua deux catésories de chômeurs, les malades et les autres; d’autre part, au Recensement de juin, on demanda aux travailleurs d'indiquer éventuellement leurs occupations accessoires ; et ceux d’entre eux qui indiquaient une profession accessoire salariée, ne furent pas complés comme chômeurs, même s'ils se donnaient comme tels.
3° Sur les données acquises par ces deux Recensements généraux de 1895, certaines grandes villes firent des travaux statistiques complémentaires, destinés d’une part à corriger par un contrôle minutieux les réponses erronées, d'autre part à obtenir sur les chômeurs des informations plus détaillées que ne le comportaient les formulaires impériaux ?.
4 Après le gros effort statistique de 189%, il y eut en Allemagne une période d'accalmie. La crise économique de 1901-1903 y mit fin. De nouveau la question du chômage
! Voir Die beschäftigungslosen Arbeitnehmer im Deutschen Reich am 14 Juni und 2 Dezember 1895. Collection des Vierteljahreshefte zur Statistik des Deutschen Reichs; Jahrgang 1800, Ergänçung zum 4tn Heft, Berlin 1896. Les tableaux de chiffres, sans commentaires, figurent au tome 1 de la Berufsund Gewerbezählung, vom 14 Juni 1895, tome 102, de la Statistique impériale allemande.
* Ces villes furent les suivantes : Dresde et Leipzig, pour les deux Recensements, Berlin el Magdebourg, pour le Recensement de juin seulement, Hambourg, Lübeck, Stuttgart, Strasbourg, pour celui de décembre seulement. On trouvera dans l'Enquête allemande l'indication des documents municipaux où s’enregistrèrent ces Nacherhebungen. ;
devenait brûlante; de nouveau les enquêtes apparurent. Comme en 1893, elles portérent sur les principales villes de l’Empire; comme alors, ce furent les organisations ouvrières qui commencèrent l'agitation. Cartels syndicaux et secrélariats ouvriers se partagèrent la besogne. Dans vingt et une villes en 1901-1902, dans trente et une en. 1902-1903, des enquêtes furent organisées‘.
Parmi toutes celles-ci, de valeurs forcément inégales, l'Enquête allemande cite spécialement, avec beaucoup de critiques et quelques éloges, les suivantes :
a) Halle, 8 décembre 1901 et 2 novembre 1902*;
b) Nuremberg, 19 janvier 1902”;
C)Berlin.:1°" février 14902;
d) Francfort, 1° février 1903.
5° À la suite de cette agitation populaire, certaines municipalités reconnurent de leur devoir de se saisir à ieur tour du problème. Mais leurs chiffres datant principalement de 1904-1905, c’est-à-dire de la reprise des affaires, leur permirent d’être plus optimistes.
Toutes ces statistiques, sauf celles de Charlottenbourg et de Munich, que nous réservons pour un autre paragraphe, portent, comme les précédentes, sur tous les genres de chômages, et sur toutes les catégories de salariés. Leur liste doit donc trouver place ici :
a) Dresde : Enquêtes régulières depuis 1902, au mois d'octobre de chaque année; se rattachent à l'établissement des listes de contribuables pour l'impôt sur le revenu‘.
1 Voir les noms dans l'Enquête allemande.
2 Voir 2° et 3° Rapports annuels du Secrétariat ouvrier de Halle, 1902 et 1903.
3 Voir 7° Rapport annuel du Secrétariat ouvrier de Nuremberg, 1902.
“ Voir BERLINER GEWEXKSCHAFTSKOMMISSION : Rechenschaftsbericht für das Jahr 1901,nebst Ergebnis der Arbeitslosençählung am 1 Feb. 1902, Berlin 4902.
5 Voir K. Bôame : Ergebnisse der Arbeitslosenzählung im Frankfurt am Main vom 1 Februar 1903.(Publication de la Centrale für private Fürsorge), Francfort, 1903.
8 Voir Monatsberichte des Statistischen Amts der Stadt Dresden,
b) Stultgart : Enquêtes qui devaient avoir lieu régulièrement trois fois par an et qui, en raison de leurs médiocres résultats (les chômeurs deväient déposer des fiches dans des boîtes de quartier), n’ont été faites que les 19 février et 10 novembre 1902, les 2 février et 1 juillet 1903”.
c) Ulm, Heiïlbronn, Cannstadt, Reutlingen, Ludwigsburg, Goppingen, Tübingen : dans ces sept villes du Wurtemberg, à limitation de Stuttgart, des décomptes eurent lieu le 2 février et le 1°" juillet 1908*.
d) Magdebourg (avec collaboration du Gewerkschaftskartell pour la réunion des données), 7 décembre 1902 et 24 janvier 1904°; à l’occasion du premier de ces deux décomptes, on essaya de noter également les cas de chômage partiel, mais ie résultat fut reconnu très imparfait par les auteurs eux-mêmes.
e) Hanovre, 22 février 1904*.
f) Cologne, 17 janvier 1904, 15 février, 30 juillet 1906.
g) Barmen, 4 novembre 1904; se rattache comme les décomptes de Dresde au Recensement annuel des contribuables.
À cette place, où se termine notre longue énumération des statistiques allemandes relatives à l'inaction temporaire des preneurs d'ouvrage, le lecteur s’étonnera peutètre de ne pas voir mentionné le Recensement professionnel du 12 juin 1907. Il semblait en effet indiqué de profiter de ce dénombrement pour relever à nouveau, comme on l'avait fait en 1895, le chiffre des travailleurs inoccupés. L’Adminis-
‘Voir Amts und Angeigeblatt der Stadt Stuttgart, Mars 1902, sqq.
? Voir Reichsanzeiger, 14 octobre 1908.
‘Voir Mitteilungen des Statistischen Amis der Stadt Magdeburg, numéros 11 et 14.
# Voir Verüfentlichungen des Statistischen Amis der Stadt Hannover, tome VIT.
® Voir Sfatistisches Jahrbuch der Stadt Barmen 1904.
tration impériale en a malheureusement décidé autrement, Elle a, il est vrai, annoncé son intention de procéder ultérieurement à des recherches spéciales sur le chômage, mais ce projet n’a pas encore élé réalisé.
11. Angleterre. — Autant l'Allemagne est riche en statistiques du chômage, autant en Angleterre la récolte documentaire est maigre.
Il y semble officiellement admis que la statistique des caisses syndicales d'assurance est à la fois la seule possible et la seule utile ‘. En dehors d'elle et des données secondaires relatives à l'assistance, rien n'existe; ni les municipalités, ni a fortiori l'État n’ont essayé de mesurer ‘exactement la grandeur du mal. On ne peut citer qu’un seul blue book contenant des données numériques sur la question, c’est la Tabulafion of the statements made by men living in certain selected districts of London in March 1887.
11]. Autriche. — Il n'y a à signaler qu’un essai important de statistique directe, joint au Recensement général du 31 décembre 1900. L'enquête ne porta malheureusement pas sur l’ensemble de l’Empire, mais seulement sur les dix principales villes. Elle visa tous les salariés et tous les genres de chômage*.
IV. Hongrie. — Lors du Dénombrement du 31 décembre 1900, l'Administration hongroise fit figurer sur le bulletin
! Voir la note de M. (maintenant Sir) LLEWELLYN Sir dans Recensements industriels et Statistique du chômage, rapport présenté par M. L. March à l'Institut international de Statistique (travaux des IX° et X° sessions).
2 Voir Ergebnisse der Volkszählung vom 31 Dez. 1900, volume LXV, cahier L de la Statistique autrichienne, Vienne 1904 Nous relevons encore dans la Bibliographie de Krüger deux petites enquêtes, l’une sur le chômage à Prague, l’autre sur le chômage dans l’industrie du verre de Bohëme. (Soziale Rundschau, 1, 2. p. 855).
individuel de recensement, une série de questions concernant le personnel des établissements industriels (mines, métallurgie, industries proprement dites, commerce, crédit, transports), et parmi ces questions se trouvaient les deux suivantes : 1° Combien de semaines avez-vous été occupé dans les douze mois précédant le recensement ? 2° Si vous étiez sans place à l’époque du recensement, quelle en était la cause et depuis combien de jours éfiez-vous sans occupation‘?
Des deux séries de réponses obtenues on n'’utilisa que la deuxième : les individus qui s'étaient déclarés sans place furent classés selon le groupe professionnel auquel ils appartenaient et secondairement selon la durée de leur chômage au jour du Recensement*.
V. Belgique. — On ne signale que deux enquêtes sur le chômage /argo sensu de tous les salariés, toutes deux faites à Bruxelles par les soins de la police, l’une en 1893, l’autre en 1895*°. Le Recensement de 1896 a bien rassemblé des données sur le chômage, mais celles-ci rentrent dans notre catégorie E ci-dessous.
VI. Pays-Bas. — Le Recensement professionnel n’a pas posé de question relativement au chômage‘ et nous n'avons connaissance que d’une enquête faite dans l'hiver de 1901-1902 *.
! Cf. Dénombrement de la population des pays de la Couronne hongroise en 1900, 6° partie, préface, p. vi, Budapest 1905.
? Voir Zbidem, 6° partie, tableau III, p. 146-489.
* Voir Rapport sur la question du chômage, Paris 1896, et Revue du Travail, de Belgique, année 1896, p. 33.
‘ Voir note de M. VerruN SruarT annexée au rapport de M. Marcu, précédemment cilé.
° Voir la Tijdschrift van het centraal Bureau voor de Statistik, 1908, 2° livraison.
VI]. Italie. — Ici aussi la documentation directe est très maigre, mais, chose remarquable, la voie a été ouverte par l'Administration nationale. C’est, en effet, par le Recensement général du 10 février 1901 que les premières données ont été recueillies. La question posée ressembla à celles d'Allemagne et d'Autriche. On s’adressa aux Ouvriers, artisans, domestiques ou journaliers, et on leur demanda d'indiquer, le cas échéant, leur état de chômage et sa cause.
En dehors de cette source, on ne peut citer comme autres enquêtes sur le chômage que celles dont la Socteta Umanitaria a pris l'initiative dans ces dernières années: l’une visa le chômage agricole en Basse-Émilie; l’autre constitua un véritable recensement de la population milanaise à la date du 1° juillet 1903‘.
VII]. Suisse. — Les plus importantes statistiques directes sont les deux décomptes de chômeurs, faits à Bâle, conjointement avec les Recensements fédéraux du 1% décembre 1888 et du 1° décembre 1900*.
En dehors de ces deux Recensements, nous pouvons citer quelques décomptes secondaires, antérieurs au mouvement d'assistance municipale, à savoir :
Trois cénquetestamBerne en) févriers 1880 en 1885-1886‘; en 1892-1893, cette dernière préalable à l’organisalion de la Caisse d'assurance;
! Voir La Disoccupazione nel Basso Emiliano et La Condizione de la classe lavoratrice a Milano (Publications de l'Office du travail de la Società Umanitaria de Milan).
? Voir 4° Die Bevôlkerung des Kantons Basel-Stadt am 1 Dezember 1888, bearbeitet von D' K. Bücher, Basel 1890; 2° Die Bevôlkerung des Kantons Basel-Stadt am 1 Dexember 1900, bearbeitet von D' Steph. Bauer, Bâle 1905. Un décompte analogue, fait à Zürich à l’occasion du même Recensement fédéral de 1900, mais dans lequel une notion plus étroite du chômage fut adoptée, sera mentionné plus loin.
# Voir Enquête allemande, p. 42.
4 Voir Scxanz, Zur Frage, etc., p. 91.
2 Une enquête à Bienne, en février 1892.
Notons enfin qu'une question relative au chômage figurait dans le Recensement municipal du 1° juin 1894 à Zurich, mais les chiffres obtenus sont restés en manuscrit dans les archives de la ville. Nous ne pouvons donc en faire état.
IX. États-Unis d'Amérique. — En dehors des Recensements fédéraux ou d'Etats déjà mentionnés, et des statistiques syndicales que nous indiquerons plus loin, il ne semble pas y avoir beaucoup de données directes sur le chômage. Mentionnons pourtant deux enquêtes faites en Massachusetts en 1878 et en 1893*°.
X. Danemark. — Le Recensement du 1° février 1901 a demandé à tout salarié occupé dans l'industrie, le commerce ou la marine, d’indiquer le nom de son employeur. Les chiffres d'individus déclarés sans emploi sont répartis par groupes professionnels *.
XI. Australie occidentale. — Le VII® Census de cet État a relevé le nombre des « personnes sans emploi » à la date du recensement et dont le chômage avait commencé au moins une semaine avant celte date“.
La longue énuméralion qui précède relative aux seuls documents rentrant dans notre catégorie B témoigne hau-
! Voir SECRÉTARIAT OUVRIER SUISSE, Op. Cit., p. 43.
? Voir le X° el le XXIV* Rapports du Bureau of Labor Statistics, de Massachusetts.
* Voir Folketællingen i Kongeriget Danmark den r feb. 1901, Copenhague, 1903. tome Il, p. 77 à 83. Les chiffres concernant Copenhague et Frederiksborg seuls sont reproduits partiellement dans la brochure préparée pour l'Exposition de Milan par le Ministère de l'Intérieur danois, sous le titre : Efforts faits pour remédier au manque d'ouvrage en Danemark.
Les chiffres répartis par professions figurent in extenso au volume II, 9° partie du Gensus, et en résumé au volume I, p. 194.
tement de l’importance attachée actuellement en tous pays à la question du chômage. Autour de ce noyau central d'observations s'en groupent d’autres, de champ plus limité, mais importantes tout au moins à titre de contrôle; c'est à elles que nous consacrerons la fin de notre paragraphe.
C. — Enquêtes analogues, comme concept du chômage, à celles de la catégorie B, mais visant exclusivement les ouvriers syndiqués.
En dehors des données que fournissent leurs caisses d'assurance mutuelle, les syndicats établissent parfois des stlalisliques directes du chômage. Ces statistiques sont généralement antérieures à l'assurance et préparent les voies pour cette dernière ; il est utile de les distinguer des statistiques portant sur l’ensemble des salariés, car il semble bien que, toutes choses égales d’ailleurs, le taux de chômage des syndiqués diffère de celui des nonsyndiqués‘. Les renseignements de ce genre les plus connus émanent d'Allemagne, de France et des États- Unis.
J. Allemagne. — Ce furent les Gewerkvereine qui s’appliquèrent le plus tôt et le plus consciencieusement à
! Les arguments avancés à l’appui de ce point de vue sont, il est vrai, contradictoires. Le Report on distress from want of employment disait, par exemple, que la moyenne de chômage trade-unioniste est plus élevée que la moyenne générale, d’une part, parce que certains métiers très stables fe fournissent pas de données, et, d'autre part, parce que les chiffres d'ensemble ne sont pas correctement établis. M. Hobson (op. cit., p. 17) affirme, au contraire, que les non-syndiqués ont en général plus de chômage que les syndiqués, d’une part, parce que les Unions existent dans les métiers les plus prospères, et, d'autre part, parce que ce sont, dans chaque métier, les meilleurs ouvriers qui s’affilient aux Unions. Que l’un ou l’autre point de vue soit vrai, cela justifie, en tout cas. la distinction que nous proposons
évaluer le risque de chômage de leurs membres. Les résultats des enquêtes faites furent régulièrement publiés dans l'organe corporatif der Gewerkverein*.
On signale de mème, du côté des Gewerkschaften, un assez grand nombre d'enquêtes *.
L'intérêt de toutes ces données fragmentaires est d’ailleurs actuellement éclipsé par celui, sans cesse grandissant, que présente la statistique syndicale publiée trimestriellement dans le Reichsarbeitsblatt, statistique qui se transforme graduellement, comme nous l'avons dit plus haut, en un décompte périodique des syndiqués chômeurs.
11. France. — Les enquêtes syndicales sont notre seule source de renseignements permanents sur le chômage. Tous les mois, l'Office du travail envoie aux organisations syndicales un questionnaire qui débute ainsi
1° Quel est le nombre des ouvriers adhérant au Ssvndicatratlardale due """re Fe
2° Quel est le nombre de ces adhérents, sans ouvrage ou sans place, à la même date ?
Un certain nombre de syndicats retournent ce questionnaire rempli. L’'Administration établit alors le pourcentage des chômeurs par rapport aux travailleurs et présente les résultats de ce calcul, d’une part en détail à la fin
! Citons entre autres : ë
4° Une statistique portant sur quatorze fédérations pour les années 1877, 1878, 1819 {ScHawz, Zur Frage, etc., annexe 21);
2° Des statistiques trimestrielles, puis semestrielles, régulières entre 1879 et 1888 (Scuanz, Zur Frage, etc., p. 23);
3 Des statistiques isolées en 1891 et 1895 (ScHaxz, Zur Frage, etc., ibid.) ;
4° Sept statistiques trimestrielles de novembre 1901 à mai 1903. (Enquête aliemande, p. 441.)
* Voir Scuanz, Zur Frage, etc., annexes 22-31; même ouvrage, p.89 ; Neue Beiträge elc., p. 103; Enquête allemande, p. 430 et 432.
STATISTIQUES CONCERNANT LE CHOMAGE LUI-MÊME Al
du Bulletin de l'Office du travail, d'autre part méthodiquement groupés el résumés en tête de ce même bulletin.
IT. Etats-Unis. — L’Ammerican Federationist, organe officiel de l'American Federation of Labor, publie tous les mois le pourcentage de chômage des trade-unions affiliées à la Fédération. Bien que les chiffres relativement bas rappellent ceux des caisses de chômage, l'absence complète de renseignements au sujet des secours distribués paraît bien indiquer qu'il s’agit plutôt d'une appréciation directe du chômage*.
Pour les trade-unions de l'État de New-York, une statistique mensuelle, analogue à la statistique française, est publiée dans le Bulletin of the New York State Department of Labor*. |
D. — Enquëtes portant spécialement sur le manque d'ouvrage des salariés valides.
Il s’agit ici du phénomène qui nous intéresse spécialement. Beaucoup de documents des sections précédentes le distinguaient, plus ou moins nettement, des autres formes d’inaction ; mais nous avions pu considérer ceux-ci comme relatifs au chômage /argo sensu, parce qu'il suffisait de négliger les sous-distinctions failes, pour retrouver la notion plus large du phénomène. Il exisle, au contraire,
! Une enquête du même genre, mais entreprise en dehors de l’Administration, fut faite en 1898 par les Bourses du travail, Ses résultats sont mentionnés dans F. Peccourier, Histoire des Bourses du travail, Paris, Schleicher, 4902, p. 94, et il y est fait allusion dans Cn. Gin, Rapport sur l'Économie sociale, t. V de l'introduction générale aux Rapports du Jury de l'Exposition universelle de 1900, p. 236.
2? Certains de ces chiffres sont reproduits dans les Second Series of Memoranda, p. 123 (années 1901-1903) et dans l'Enquête allemande, p. 353 (années 1900-1905).
* Cette statistique est résumée dans les Rapports annuels du même département.
quelques enquêtes qui tendent à limiter le plus possible l'observation faite. Ces enquêtes sont forcément moins nombreuses que celles qui acceptent la notion courante du chômage.
Nous pouvons citer parmi elles :
1° Les décomptes de la ville de Charlottenbourg*. Ces décomptes furent exécutés par la municipalité, avec le concours des syndicats ; les chômeurs malades furent exclus de l'observation ;
2° Le décompte fait à Munich, le 27 novembre 1904*. Ce décompte était destiné à apprécier les charges éventuelles de la Ville, au cas où elle subventionnerait, selon le mode gantois, des Caisses syndicales d’assurancechômage. Il ne porta donc pas sur les malades;
3° Le décompte spécial de chômeurs fait à Zurich à l’occasion du Recensement fédéral du 1° décembre 1900 *. Dans l'élaboration des réponses on élimina strictement non seulement les malades, mais encore les gens âgés et demi-valides, les gens ne subissant qu’un chômage partiel et ceux ayant une occupation accessoire.
E. — Enquêtes portant sur les employés et ouvriers des établissements industriels momentanément sans place.
Parmi les travailleurs salariés, il y a souvent lieu de distinguer ceux qui travaillent à domicile de ceux qui sont employés au siège même de l’entreprise dont ils dépendent. Cette distinction selon le mode de produelion, importante
! 23 février 1902; 23 février, 26 juillet, et 20 novembre 1904 ; 26 février 1905. Sources : Monatsberichte des Statistischen Amts der Stadt Charlottenburg et Enquête allemande p. A1T sgq.
* Cf. Mitteilungen des Statistischen Amts der Stadt München, tome XVIII, 5° livraison, et Enquête allemande, p. 424.
* Voir Die Ergebnisse der cidgenüssischen Volkszähilung vom 1 Dex. 1900 in der Stadt Zürich, Heft 2 : Methode und Ergebnisse der A rbeitslosenzählung, Zürich, 1902.