‹ Le Chômage et la Profession: Contribution à l'Étude statistique du Chômage et de son Coefficient professionnelChapitre 59 sur 130 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Intérêt et insuffisance des enseignements fournis par le Recensement de 1901.

Conformément au programme que nous nous étions tracé, nous avons, dans le tableau qui précède, comparé, au sein d’un certain nombre de groupes professionnels, les forces de travail perdues aux forces de travail disponibles. Nous ne prélendons pas avoir obtenu, ce faisant, une mesure absolument parfaite du chômage existant dans les diverses industries en France, le 24 mars 1901.

Nous n'avons pu atteindre, en effet, tous les genres de chômage, mais seulement celui qu'avait noté l’Administration française, c’est-à-dire l'absence de contrat de travail chez les individus habituellement munis d'une place ou d’un emploi ; nous n'avons même pas pu tenir compte de tous les chômeurs de ce type car, faute d'indications suffisantes, nous avons dû éliminer les chômeurs dont nous ignorions la profession, et ceux qui ne l'avaient indiquée que d’une façon trop vague. Notre classement professionnel est, en outre, défectueux, et ne pouvait pas ne pas l’être : nous efforçant avant tout de réunir ensemble tous les travailleurs ayant les mêmes caractères professionnels, nous avons été amené, en effet, à former, dans certains cas, des groupes très hétérogènes. Les pourcentages de chômage calculés pour ces groupes sont alors des moyennes de taux professionnels plutôt que les taux spécifiques que nous recherchions.

Des chiffres imparfaits ainsi obtenus, il se dégage pourtant au moins un enseignement certain : c’est que le taux de chômage varie d’une profession à l’autre. Les différences que nous constatons dans nos chiffres ne pourraient, en effet, être dues à des erreurs accidentelles de calcul. Il suffit, pour s’en convaincre, de répartir nos cent soixante-cinq taux selon leur valeur et de comparer cette répartition à celle qui se produit en vertu de la loi des erreurs accidentelles, lorsqu'on répète un grand nombre de fois l'observation d'un phénomène toujours identique à lui-même.

Décidons, par exemple, conventionnellement, de grouper ensemble tous les taux ayant entre eux moins de 5°} d'intervalle ; convenons de prendre comme valeur centrale la moyenne arithmétique des taux, soit 29,9 °/,.* et formons une première catégorie de toutes les observations qui donnent un taux écarté de cette moyenne de moins de 2,5 °/,, en plus ou en moins. Les autres groupes comprendront les taux inférieurs ou supérieurs à la moyenne : DR on 0e) 12,0 dos, de t2,5.an17,5)h5,. etc.

Dans les cadres ainsi établis, les taux observés se répartissent de la façon suivante :

1 Cette moyenne est caiculée en tenant compte des cent soixante-cinq taux figurant au tableau I. Le lecteur qui trouvera un peu plus loin (tableau IT) des calculs aboutissant à la moyenne 29,7 s’étonnera peut-être de cette divergence. Elle provient de ce que, dans le tableau IIT, le taux du groupe 152 Commis voyageurs est volontairement laissé de côté.

TNBLEAU IL —" RÉPARTITION SRRON PEUR VALEUR DES TAUX DE CHÔMAGE DES DIVERS GROUPES PROFESSIONNELS. — FRANCE 1901.

NOMBRE ÉCART DES TAUX de groupes par rapport dans

d'ordre. des taux. à leur moyenne. chaque catégorie.

Page 1