‹ Le Chômage et la Profession: Contribution à l'Étude statistique du Chômage et de son Coefficient professionnelChapitre 99 sur 130 · IMPERFECTION DES TAUX DE CHOMAGE ÉTABLIS · texte numérisé non relu

IMPERFECTION DES TAUX DE CHOMAGE ÉTABLIS

des séries françaises : étroitesse du phénomène observé, hétérogénéité excessive des groupes formés, risque que ces groupes ne soient pas fermés. Du côté des chiffres allemands, ces deux derniers défauts se retrouvent. Le phénomène observé est, il est vrai, plus conforme à la notion normale de chômage ; mais par contre, les pourcentages de décembre 1895 ont, en propre, un grave défaut, c’est la différence de date entre le relevé des chômeurs et le relevé total des professionnels. Ces différentes tares suffiraient à rendre nos quatre séries de taux médiocrement comparables. On peut craindre, en outre, que la différence originelle entre le classement selon la profession individuelle et celui selon l’industrie collective se fasse sentir ici malgré tout.

Toutes ces imperfections sont heureusement, pour le problème qui nous intéresse, de peu d'importance. Nous n'avons à considérer, en effet, que la valeur relative des taux, la situation des uns par rapport aux autres. Nous voulons savoir si, pour un même groupe professionnel, cette situation reste toujours la même. Or, il est vraisemblable que les différences signalées dans la confection des taux n’agissent pas ou n’agissent que peu sur celte situation. On peut admettre, par exemple, que la valeur relative des taux français ne serait pas très différente de ce qu'elle est, si, au lieu de noter uniquement les cas d'absence de contrat de travail, on avait observé également les autres formes de chômage. De même, on peut supposer que les taux établis à l’occasion du décompte de décembre en Allemagne sont silués, les uns par rapport aux autres, comme ils l’auraient été si le chiffre des travailleurs occupés avait élé déterminé au jour même où on comptait les chômeurs, et non six mois plus tôt. Ce ne sont là, il est vrai, que des suppositions, mais elles sont vraisemblables. Quelle que soit, d’ailleurs, la gravité des

défauts signalés, ils ne s'opposent pas à ce que nous mesurions la ressemblance de nos séries, et expliquent seulement par avance que celle-ci ne puisse être parfaite.

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