‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 134 sur 229 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

C'est vous qui êtes demeuré avec moi clans mes afflictions. Aussi, je vous prépare le royaume, comme mon Père me Va préparé; afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d'Israël (2).

Qu'il est vrai que les plaies de l'âme veulent être traitées avec douceur, et que la correction, pour être utile, ne doit

(i) s. Aug., apud Ludolph. in vitâ Ghristi, p. 2, c. 56. — (2) Luc 22.

point avoir d'amertume ! Peut-on avoir une douceur pareille à celle du Fils de Dieu ? Peut-on voir rien de plus puissant que ce qu'il dit pour guérir la vanité de ses disciples? Écoutez comme parle celte Sagesse incarnée. C'est vous, leur dit-il, qui m'avez accompagné dans mes tentations, qui avez persévéré avec moi dans la pauvreté, dans les persécutions et dans les mépris. Voulez-vous aujourd'hui vous démentir? Voulez-vous, pour un point d'honneur, perdre tout le fruit de vos mérites ? Ce n'est pas dans ces préséances mondaines que consiste la vraie grandeur que vous devez estimer. Si vous aimez la gloire, soyez saintement ambitieux. Aspirez aux trônes que je vous prépare dans le ciel. Pensez à vous acquitter dignement de l'emploi que je vous donne dans mon Église, et travaillez avec un courage invincible à la conquête du monde. Pensez au contentement que vous aurez un jour d'être assis à mes côtés, et de juger avec moi tout l'univers. Pensez à cette heureuse éternité, où vous serez tous comme des rois, mangeant à ma table, et buvant des torrents de mes délices, avec un repos inaltérable. C'est là que vous devez porter vos soins et votre ambition, et non pas à des prétentions mondaines, qui seraient capables de vous faire perdre votre couronne.

Gravez, ô Verbe incarné, ces paroles dans mon cœur. Apprenez-moi la différence qu'il y a entre un esprit noble et sublime, et un esprit superbe. L'esprit superbe, mon fils, est toujours bas et petit, parce qu'il ne quitte jamais la terre. Celui-là seul mérite d'être estimé généreux, qui est véritablement humble, parce qu'il s'élève par un glorieux mépris au-dessus de tous les honneurs du monde, et porte ses desseins jusqu'à Dieu, qui est le plus haut point de la grandeur.

A l'école du calvaire. 269

SIXIÈME CONSIDÉRATION

Jésus établit la loi d'amour dans le sermon de la Gène.

« Je vous donne un commandement nouveau, celui âe vous aimer les uns les autres. >> Joan. 13.

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