‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 140 sur 229 · JESUS AVERTIT SAINT PIERRE DU PERIL OU IL EST · texte numérisé non relu

JESUS AVERTIT SAINT PIERRE DU PERIL OU IL EST

Simon, Simon, Satan vous a demandé, pour vous cribler comme l'on crible le froment.

C'est un acte de sagesse de prévoir le mal avant qu'il arrive, et un effet de bonté d'en avertir ceux qu'il menace : Jésus fait l'un et l'autre à l'égard de ses disciples. Comme il est infiniment sage, et qu'il ne peut ignorer leur faiblesse, il est aussi trop bon pour la leur celer. Il leur prédit qu'ils seront tous scandalisés en lui ; et comme saint Pierre témoignait plus de résolution que les autres, il l'avertit par trois fois de sa chute prochaine; et pour modérer sa ferveur par une crainte salutaire, il lui dit que Satan a dessein de les perdre tous, s'il peut, et qu'il se donne garde de ses pièges.

Oh! que cet avis est important! oh! que cette crainte est salutaire ! oh ! qu'il est vrai que ceux qui paraissent les plus hardis quand le péril est éloigné, se montrent souvent les plus lâches lorsqu'il est présent !

Faites-y réflexion, et persuadez-vous fortement cette vérité, qu'il est en votre pouvoir de n'être point vaincu avec le secours du ciel, mais qu'il n'est pas en votre pouvoir de

n'être point tenté. Si la tentation qui vous attaque maintenant vient à cesser, soyez assuré qu'il en surviendra bientôt une autre, ou plutôt soyez en crainte, dit saint Bernard, et tenez-vous sur vos gardes. Vous pouvez prier Dieu qu'il vous en délivre, mais vous ne devez jamais vous promettre un parfait repos, ni une pleine liberté. S'il permet que la tentation soit longue, pensez que c'est pour en détourner une plus dangereuse ; et si elle dure peu, croyez que c'est pour vous en envoyer une autre qui soit plus ulile. Mais de quelque sorte qu'elle soit, défiez-vous toujours de vous-même. La crainte est votre assurance. Vous tomberez si vous ne craignez de tomber (1).

0 mon Sauveur, si les colonnes du ciel sont ébranlées, que dois-je craindre, moi qui ne suis qu'un peu de poussière, que le moindre souffle peut dissiper? Ah! si je voyais le péril où je suis à tout moment ; si je savais le peu que je puis, et les forces de l'ennemi qui me persécute jour et nuit! Hélas ! Seigneur, ouvrez-moi les yeux, de peur que je ne m'endorme d'un sommeil de mort, et que Satan triomphant de mon malheur ne dise : Il est à moi, je l'ai vaincu.

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