I. POINT
Afin que le monde connaisse que j'aime mon Père et que je fais ce que mon Père m'a commandé, levez-vous, sortez d'ici (1).
Plusieurs tiennent compagnie au Fils de Dieu à la table comme ses disciples, mais peu le suivent jusqu'à la croix.
Pour vous, ô fidèle ami de Jésus, ne le quittez point à la vie ni à la mort. Soyez prêt à perdre tout, à abandonner tout, à souffrir tout, plutôt que de vous séparer d'avec lui. Il est le cep de la vigne, et vous en êtes le sarment. Sans lui, vous ne pouvez faire aucun fruit; tous vos travaux et toutes vos souffrances sont inutiles. Comme le sarment ne peut de luimême porter du fruit, s'il ne demeure au cep, sans lui vous ne pouvez avoir la vie. Vous êtes sec, vous êtes mort, vous n'êtes bon qu'à brûler. Car l'un des deux est nécessaire au sarment : ou le feu ou le cep. Il n'est propre qu'à cela. Ou Jésus-Christ, ou l'enfer. Choisissez, il n'y a point de milieu. Sans lui toutes vos espérances sont vaines, et vos prières inefficaces. Le nom de Jésus est la voie par laquelle il faut qu'elles montent dans le ciel. Si vous voulez le trouver allez auprès
(1) Joan., 14. 2.
de son Père; sans lui, vous ne donnez jamais de gloire à Dieu. Car la gloire de Dieu est que vous portiez beaucoup de fruit, et vous ne pouvez en porter si vous n'êtes pas uni à Jésus-Christ. Sans lui, Dieu ne vous aimera jamais; car il ne vous aime que pour l'amour de lui, parce que vous lui appartenez. Enfin, sans lui, vous ne pouvez avoir de solide joie; et vous ne pouvez lui en donner, parce que son plaisir est de remplir votre cœur, et la joie de votre cœur est d'être plein de l'esprit de Jésus-Christ, qui est son souverain bien (1).
0 le Dieu de mon cœur, ô le centre de mon amour, mon doux Jésus! où irait une âme qui serait assez malheureuse pour se séparer de votre amour? Hélas! je trouve tout en vous, et vous me tenez lieu de toutes choses. Être sans vous, ce m'est un enfer; être avec vous, ce m'est un doux paradis. Demeurez donc avec moi. Seigneur^ car vous savez où vont tous les mouvements de mon âme, et que c'est vous-même qu'elle cherche. Vous savez où se porte la clameur secrèle de mon cœur, et que c'est vous seul qu'il désire, parce que vous êtes seul capable de contenter tous mes désirs.