JÉSUS VA SUR LA M05TAGNE DES OLIVIERS
Il s'en alla^ comme il avait coutume, sur la montagne des Oliviers (1).
Jésus persécuté par les Juifs gagne les montagnes, comme le cerf poursuivi par les chasseurs (2). Il sera bientôt réduit aux abois, et versera des larmes médicinales pour guérir les plaies de notre âme.
Il entre dans lejardin des Oliviers pour y faire couler l'huile de ses miséricordes, pour y dresser un pressoir, oii Tamour et la douleur exprimeront de ses veines une sueur de sang, un baume précieux qui adoucira vos ennuis.
Suivez votre Epoux dans ce jardin, vous aurez honte de vos plaisirs, voyant qu'ils lui coûtent tant de douleurs (3).
Imitez sa bonté : faites pour votre frère ce qu'il fait pour vous ; cultivez leur âme avec douceur, et s'il est besoin avec la perte de votre sang.
Admirez comme il méprise la mort, puisque, pour l'éviter, il ne veut pas perdre la moindre de ses bonnes habitudes. La vertu n'est autre chose qu'une bonne coutume, et le vice une mauvaise. Défaites-vous de la mauvaise, à quelque prix que ce soit; ne vous dispensez jamais d'une bonne coutume, surtout de la prière et de la mortification, sous quelque prétexte que ce soit.
0 très-doux Jésus! quelles fleurs trouvez-vous dans le jardia des Oliviers! des liens. Quelles fontaines? une cruelle sueur de sang. Quelles délices? une mortelle agonie. Hélas ! voilà l'image de mon cœur, où vous ne trouvez que des épines et des objets de douleur. 0 fontaine de vie! arrosez de vos
(1) Luc. 22. — (2) Ps. 103. 18. — (3) Is. 1.
A l'école du calvaire. 297
larmes celte terre ingrate, et changez sa stérilité en une riche abondance de fleurs et de fruits, de bons désirs et de saintes actions.
DEUXIÈME CONSIDÉRATION
Jésus choisit trois de ces disciples pour lui tenir compagnie, et fait asseoir les autres au bas de la montagne
« Ils arrivèrent en un lieu appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples: Asseyezvous ici pendant que je ferai ma prière. Il prit aussi avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commença à être saisi de crainte et d'ennui, et il leur dit : Mon àrae est triste jusqu'à la mort. Demeurez ici e* veillez. » S. Marc. xiv.