‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 177 sur 229 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

JÉSUS PRIE, ET n'est PAS EXAUCÉ.

S'il n'est pas possible que ce calice passe sans que je le boive, que votre volonté soit faite.

Jésus prie, et n'est pas exaucé. Son Père rejette sa prière, sans qu'il se plaigne d'un ref(p qui paraît si dur; et moi, petit vermisseau, je murmure lorsqu'il ne m'écoute pas.

Oh ! charité incompréhensible du Fils de Dieu à notre égard ! Il demande deux choses "dans sa prière, l'une pour soi, l'autre pour nous; et ne pouvant les obtenir toutes deux ensemble, il se met pour nous contre lui-même. Quand il s'agit d'éviter la mort dont la nature a horreur, il n'a que des commencements de désirs, et ne veut pas être exaucé. Mais quand il s'agit de nous sauver, dût -il souffrir la mort la plus cruelle, il le veut absolument.

Enfants de l'Église, écoutez cette parole, et apprenez, en premier lieu, que la vraie extase de l'oraison la plus sublime, est de sortir de soi-même, pour se perdre heureusement dans la volonté de Dieu.

Apprenez, en second lieu, que Dieu écoute volontiers l'oraison qui prend ses demandes des règles éternelles. Mais quand elle les prend dans les inclinations de la nature, ou

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dans les désirs du cœur, qui ne sont pas modérés, il les rejette, si bonnes qu'elles paraissent; et ce refus n'est pas tant une peine qu'un bienfait. Ne vous semble-t-il pas quelquefois que vous luttiez avec la bonté de Dieu? Vous priez, et il ne vous écoute pas; vous pensez vous approcher, et il vous repousse ; vous faites de bons propos, et vous tombez un moment après. On dirait qu'il prend plaisir à contrarier tous vos désirs.

0 bonté saintement dissimulée, qui affectez une apparente dureté, que vous faites paraître de douceur en combattant contre ceux pour qui vous combattez ! 0 mon Sauveur, ruinez en moi tous les désirs qui vous déplaisent. N'en laissez vivre qu'un seul, savoir, celui de faire vos volontés, et de ne m'en départir jamais (1).

DIXIEME CONSIDERATION

Jésus, qui est la vertu du Père, est fortifié par un ange du ciel.

« Alors un ange du ciel lui apparut, qui le fortifiait. » Luc. 22.

Ftem £ii*que .

On croit que l'ange apparut au Fils de Dieu au commencement de la prière qu'il fit pour la troisième fois (2). Il est probable qu'il prit la forme d'un homme avec un visage éclatant de lumière, mais plein d'un profond respect, pour rendre ce service à son Roi, et compatir à ses douleurs, autant qu'il en

(1) s. Léo. serm. 7. de Passione. — Abb. Guarric. serm. in S. Joan. Bapt. — (2) Ludolpli. in vita Clmsti, p. 2, c. 59.

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