LA SLEUR DE JESUS EST PRECIEUSE ET SALUTAIRE
Quel est celui qui vient d'Edoni cl de Dosra avec des habits teints de sang P Quel est cet homme beau dans sa parure, et qui marche avec tant de majesté C^).
Venez à la fontaine de vie , vous qui êtes allérés et fatigués. Venez-y , pauvres ; venez-y , malades ; venez-y tous . vous qui avez soif du souverain bien. Ne perdez pas un sang si précieux, qui n'est répandu que pour vous.
Jésus le verse, premièrement, pour vous mériter des grâces abondantes dans vos dernières agonies. Souvenez-vous donc souvent de la sienne, et priez-le qu'il vous assiste dans ce combat, à l'exemple de saint Charles Borromée qui, ayant eu durant sa vie une liaison étroite à ce mystère , rendit son âme bienheureuse en regardant un tableau qui représentait le Fils de Dieu dans son agonie (3).
En second lieu , il le verse pour vous mériter la contrition et l'esprit de pénitence. Sa sueur est une crise favorable à votre salut. C'est un déluge pour noyer vos crimes, une saignée pour guérir vos maladies. 11 pleure pour vous donner exemple; et, comme si ce n'était pas assez de pleurer vos fautes avec des yeux, il s'en fait autant qu'il a de pores dans son corps , pour verser des larmes de sang (4).
Enfin, il verse le sang pour vous animer au combat contre la chair et le sang. Savez-vous bien pourquoi vous êtes si
(1) s. Auselmus in specul. Evang. — Jerem. — S. Isid. — (2) Isaiic, 63. V. 1. — (3; S. Anseim. ~ S. Bern. serni, de vitâ. — (4) S. Aug, în Joan. tr. 15. — Ca?siodorus in illa verba Ps. 129 : Gopiosa apud eum redemptio.
3iO LE CHBÉTIEN
lâche et si timide au service de Dieu ? C'est que vous ne pensez pas assez souvent à l'agonie de Jésus (i).
0 mon Sauveur, qui signez votre mort de votre sang pour me redonner la vie, ne permettez pas que cette précieuse liqueur coule inutilement sur moi. Faites-la couler sur mon âme pour la purifier; sur ma volonté pour rompre sa dureté; sur mes passions pour les régler, et sur mes plaies pour les ?uérir.
(1) Fran''isQuaresmiuSj tora. 5. de sarr. vulner. Ghristi^ lib. 1. c. sert. 12.
A l/llCOLE DU CALVAIRE. 'i'il
TREIZIÈME COiNSIDÉRATION.
Jésus visite par trois fois ses Apôtres pendant son oraison, et les trouvant endormis, il les reprend avec une grande douceur.
» Il vint a eux et les trouva eiuiormis, et il dit à Pierre : Simon, vous dormez? N'avez-vous pu seulement veiller une heure? Veillez et priez, afin que vous n'entriez point en tentation : l'esprit est prompt, mais la chair est faible. Puis il s'en alla pour la seconde fois faire la même prière. Et étant retourné, il les trouva encore endormis; car ils avaient les yeux appesantis, et ils ne savaient que lui répondre. Enfin, il revint pour la troisième fois, et leur dit : Dormez maintenant, et vous reposez. »
Marc. xiv. 37-40.