FIN DE CE COMBAT
Mon ami, pourquoi êtes-vous venu?
Jésus combat la malice de Judas par sa bonté; quelle en sera la fin ?
Hélas! ils mourront tous deux; mais leur fin sera bien différente. Jésus nous ouvrira le ciel en mourant; et Judas se le fermera pour jamais.
Oh! que les hommes prennent de peine pour se perdre! Que ne fait pas ce malheureux pour avancer son désastre ? U va, il vient, il passe la nuit en inquiétude. Que gagne-t-il? trente deniers, et la malédiction de Dieu; un petit intérêt temporel, et la réprobation éternelle. Voilà toute la récompense des pécheurs.
0 mon Sauveur! est-ce pour cela que les hommes se consument de fatigues et de soins? Je pourrais, si je voulais, me sauver avec moins de peine. Pourquoi donc ne ferai-je pas pour mon salut ce que vos ennemis font pour leur damnation ?
Que n'ai-je souvent cette pensée devant les yeux : Ad quid veiîisti P Voiirqnoi êtes-vous venu en religion? Est-ce pour vivre en séculier, et scandaliser vos frères par votre mauvais exemple? Pourquoi allez-vous à l'oraison, à la messe, à la communion? Est-ce pour perdre le temps en distractions, en oisiveté, en mille pensées extravagantes que vous entretenez lâchement, sans respecter la majesté de Dieu
A l'École du calvaibe. 353
qui est présent, et qui s'offense de vos irrévérences? Quelle tin, quelle récompense, quel fruit espérez-vous d'une vie si
déréglée ?
SEIZIÈME CONSIDÉRATION
Jésus va au-devant des soldats qui le cherchent sans le connaître.
« Jésus, sachant tout ce qui lui devait arriver, s'avança et leur dit : Qui cherchez-vous? Ils lui répondirent :
Jésus de Nazareth. » Joan. 18.
Remarque.
Jésus fait trois grandes merveilles en cette rencontre : la première, pour faire voir l'aveuglement de ceux qui le cherchent sans le connaître ; la seconde, pour leur faire sentir leur faiblesse par leur chute ; la troisième pour rendre leur malice inexcusable, en les relevant et en guérissant leurs plaies. Mais toutes les trois ensemble font éclater son admirable pouvoir, en leur montrant que c'est par un excès de bonté qu'il se laisse prendre, pouvant tous les abîmer aussi facilement qu'il les avait renversés. Arrêtons-nous ici à la première.