‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 221 sur 229 · II. POINT · texte numérisé non relu

II. POINT

JKSLS EST «,OM>Lrr AVEC UNE EXTREME MULENiJE.

ILs ramenèrent premièrement à Anne.

Qui ne serait sensibletnent touché de voir avec quelle

A l'ÉCOLK du CALVAIHK. 'j.S.'i

(luiiceur le Fils de Dieu se laisse conduire à la nioil/ On ne saurait s'imaginer ce qu'il endure, soit h cause des liens qui le suffoquent, soit par la violence qui lui est faite. Il vient de soulTrir une mortelle agonie, et de faire une perte notable de son sang; et néanmoins, bien que cette sueur sanglante Tait réduit à une extrême faiblesse, il faut marcher près d'une lieue, au gré d'une maudite canaille qui l'accable de coups <'l d'injures.

Hélas ! étant en si grand nombre, et le Sauveur n'ayant qu'un corps, considérez comme chacun le prend par où il peut : L'un lui tire la barbe, l'autre lui arrache les cheveux, l'autre l'outrage à coups de poings, l'autre le pousse avec fureur pour lui faire hâter le pas. Cependant il souffre tout cela avec une patience incroyable, sans se plaindre, sans dire mot, sans aucune résistance, faisant humblement tout ce que ces barbares lui ordonnent. Pourquoi? pour payer tant de mauvais pas que vous avez faits, tant de visites superflues et dangereuses, et surtout tant d'égarements et de fausses démarches de votre cœur.

Suivez-le donc en esprit, accompagnez-le dans les chemins, liez ses cordes autour de vos bras ; et quand vous faites (pielque voyage, ou que vous marchez par les rues, souvenezvous de votre Maître, et dites-lui avec un tendre sentiment de ses souffrances :

Mon doux Jésus, que n'ai-je tous les cœurs des hommes ensemble pour compatir à vos douleurs ? 0 Sang précieux, qui coulez des pieds de nîon Sauveur, effacez les traces de mon péché

Accordez-moi, Seigneur, que je marche sur vos vestiges sans m'en écarter jamais. Réglez tous les mouvements de mon âme et de mon corps, et conduisez mes pas ^ l'éternité bienheureuse.

IIK POINT.

UN JEUNE HOMME QUI SUIVAIT NOTRE-SEIGNEUR, ETANT l'RIS PAR LES SOLDATS, LEUR LAISSE SON LINCEUL, ET S'ENFUIT TOUT NU.

Or, un jeune homme le suivait, n'ayant qu'un linceul sur soi, et ils se saisirent de lai. Mais il jeta son linceul, et se sauva de leurs mains tout nu (1).

Voilà une figure du déaûment et de la pauvreté évangélique, dit le vénérable Bède.

Fuir le monde pour assurer son salut, c'est une action d'un grand courage. Quitter tout pour conserver la grâce de Dieu, c'est une action de grande sagesse.

De tous les biens que vous possédez, vous n'emporterez rien qu'un linceul dans le tombeau : encore faudra-t-il l'abandonner à la pourriture et aux vers. Quittez le monde, avant que le monde vous quitte ; perdez tout plutôt que de perdre Dieu. Perdre tout pour un sujet si important, c'est ne rien perdre et gagner tout.

(1) Marc. 14.

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