‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 73 sur 229 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

Première raison. — Jésus- Christ nous a tracé de son sang le chemin du ciel.

Je dis, en premier lieu, que Jésus-Christ nous l'a tracé de son sang, et qu'il l'a marqué de ses plaies; c'est la pensée du divin Apôtre. Il nous a frayé un chemin nouveau, un chemin de vie, par le voile du sanctuaire, c'est-à-dire son corps (1). Il l'appelle nouveau, parce qu'avant qu'il eût souffert, le chemin du ciel était fermé, ou plutôt il n'y avait point encore de chemin pour y aller. C'est Jésus-Christ qui nous a fait un chemin de son propre corps, et qui a voulu qu'il fût percé de clous, percé d'épines, percé d'une lance, afin que ce chemin fût ouvert de toutes parts, et que l'on pût entrer dans la vie éternelle par autant d'avenues qu'il y a de blessures sur la chair innocente de cet agneau. Aussi, le jour de sa mort, le voile du temple qui était devant le sanctuaire fut déchiré, pour nous montrer que le ciel était ouvert, et que son humanité sainte, déchirée sur le Calvaire, était le vrai chemin. C'est ce quïl dit un jour à son cher et fidèle ministre Henri Suso. Mon humanité est le chemin par où il faut marcher; ma passion, la porte par laquelle il faut entrer, si l'on veut acquérir ce que tu désires (2). Quand Dieu voulut tirer son peuple de l'Egypte pour le conduire dans la Terre-Sainte, il lui donna un ange pour guide, qui s'enferma dans une culonne de feu, et lui montra, de ce lieu éminent, un chemin miraculeux oii jamais personne n'avait mis le pied. Mais pour nous conduire au ciel, il ne se contente pas de nous donner un de ces bienheureux esprits, il nous donne son propre Fils élevé en croix, qui est l'appui et la colonne

(1) Hebr., 10. 20.— (2) C. 2 dialogi.

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