‹ Le Christ; drame sacré en cinq tableaux, avec une mélodie originale de Clément LippacherChapitre 17 sur 30 · L.A FOULE Il blasphème · texte numérisé non relu

L.A FOULE Il blasphème

PILATE

La paix régnait, forte et prospère, Mais voici que chacun t'accuse à haute voix De troubler la Judée et de railler les lois, De chercher les souffrants, de leur prêter ton aide, De servir qui n'a rien, de haïr qui possède. De t'insurger enfin contre l'ordre établi.

J'aime les malheureux qui pleurent dans l'oubli Et j'ai toujours flétri d'une voix juste et ferme Le riche au cœur de fer dont la porte se ferme 1

PILATE

Enfin ! les Saints Docteurs à la haute raison, Jésus, t'ont vu semer partout la guérison Sans pouvoir s'expliquer ta puissance secrète, Leur science orthodoxe à la tienne s'arrête Et la décision suprême des anciens Te fait descendre au rang des vils magiciens.

Puisqu'ils croient tout savoir ils devraient me comprendre. Mon secret le plus grand, juge, c'est mon cœur tendre Que guide mon vouloir pénétrant et divin On peut dans mon esprit sacré plonger en vain Lorsque l'on ne croit pas aux choses éternelles!

J'aurai pour moi toujours ceux dont l'âme a des ailes, Les autres vont ramper irrémissiblement Dans la nuit de la haine et de l'aveuglement.

LA FOULE Quel orgueil ! Quel langage exécrable !

PILATE

Silence !

Parmi ceux dont l'avis doit entrer en balance Jésus, je dois compter tes disciples aimés; Ils t'ont suivi partout, docilement, charmés Par ta parole ardente et tes actes bizarres. Où sont-ils?

Les amis fidèles sont bien rares, Quand le maître est tombé du haut de son pouvoir.

LA FOULE Ils sont là !... Par ici !... Moi, je viens de les voir !

{Entrée de Pierre qui s avance vers Pilate.)

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