‹ Le christianisme dans la vie moderne: pages choisies de S.E. le Cardinal MercierChapitre 44 sur 76 · Luc · texte numérisé non relu

Luc

LA VIE DE l'aME 227

et réfléchie de Fâme à Taction, rassouplissement de la volonté aux communications divines, afin de mieux assurer, de resserrer et d'affermir notre union avec Celui en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être.

Aussi voyons-nous notre divin Sauveur conserver, môme dans sa vie publique, ses habitudes de Nazareth : le soir, il aime à s'isoler de la foule et, pour se reposer des fatigues du jour, il passe la nuit en oraison avec Dieu, « et erat pernoctans in oratione Dei » *. N'avait-il pas, d'ailleurs, préludé immédiatement à sa prédication publique par une retraite de quarante jours dans le désert?

Et, au moment où sonnera Theure des événements suprêmes, après l'institution de la sainte Eucharistie, avant que s'ouvre le drame sanglant de sa passion, il se retire de la salle du cénacle, s'éloigne du collège des apôtres, ne prend avec lui que trois des préférés, traverse en leur compagnie le torrent du Cédron, puis, avide d'une solitude plus complète, laisse même ses plus intimes, s'écarte à la distance d'un jet de pierre, et alors, à genoux, engage seul la lutte suprême de sa volonté, fortifiée par la grâce d'en haut, avec la rébellion de la nature qui ne consent pas à mourir; une sueur sanguinolente empourpre son front, ruisselle sur son visage ; il ne reçoit de consolations que de l'ange député par son Père; mais il puise dans son complet recueillement toute l'énergie surhumaine que peut donner la grâce, et il aura

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