‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 124 sur 164 · Saint Gr^^goire de Naziamze, Oratio IV · texte numérisé non relu

Saint Gr^^goire de Naziamze, Oratio IV

fut infime sur le point d'etre juge et, dit-on, condamne a mort par Julien, a qui Ton attribue ce propos : a En quoi etait-il necessaire de sevir centre des hommes qui ont venge leurs injures et celles des dieux sur quelques Galileens ^ ? » D'autres magistrats comprirent mieux I'humeur du maitre : les Chretiens d'une province se plaignant de ce que, sans ordres reguliers, un gouverneur les avait accables de vexations, regurent de I'empereur cette ironique reponse : « C'est votre role de souffrir patiemment les injures : ainsi I'a commande votre Dieu^. »

Cette indulgence, ces propos, ne permettent pas d'excuser Julien d'une sorte de complicite morale dans des actes qu'il n'avait pas commandes. Certaines des violences exercees par les paiens a la faveur de I'impunite furent la revanche sanglante d'exces beaucoup moins graves commis sous Constance contre les temples, non centre les personnes. Mais quelques-unes de ces scenes sauvages paraissent avoir ete aussi la consequence directe des mesures de Julien. Si I'evftque Marc fut victime d'une emeute a Arethuse, c'est parce qu'il refusait de payer les dommages inter^ts auxquels un ordre imperial avait condamne tons ceux qui avaient na-

4. SocRATE, Hist. Eccl.j V, 9. — Guegoire de Nazianze rapporte ce mot sous une Torrae plus vivc : • Est-ce un si grand mal qu'un Grec lue dix Galileens? >

a. SocRATE, ni, 14.

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gnhve particip^ a la ruine d'un temple *. Dans quelques villes, ou la population etait zelee pour le paganisme, Julien donna le signal d'autres exces : en m6nie temps qu'il commandait de relever les temples, il enjoignait d'abattre « les tombeaux des alhees, » c'est-a-dire les sanctuaires des martyrs. II avoue que des attentats contre les Chretiens suivlrent ces destructions : « un zele ardent, une fougue emportee, se dechaina contre les impies plus que ne commandait sa volonte^. » M6me les mesures prises par lui pour retablir I'idolMrie dans I'armee amenerent Texil ou la condamnation capitale de quelques soldats Chretiens^. Mais les sentences prononcees dans ces occasions le furent pour indiscipline et rebellion*, et Ton eut soin de no montrer que des delits de droit commun dans des actes qui, en d'autres temps, eussent valu aux condamnes les honneurs du martyre^. Sous cette tactique, Julien dissimulabien des violences, dontlaloi ou la politique etaient le pretexte, et la religion la vraie cause. Quand, tout au commencement de son regne, il exerga contre les amis et les conseillers de

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