Eosebe, Hist. Eccl.^ VI, 1-t
5. Rui^ART, Ada sincera marly rum, p. 85; Armitage Robinson, The Passion of S. Perpelua.
6. Spartien dc dit pds si I'ordonnance de Septime Severe fut un 6dit ou un rescrit. Mais, m^me si elle prit cette dernicre forme,
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donna lieu, et dont un document aussi authentique et aussi detaille que les Actes de sainte Perpetue fait connaitre le caractere , ne rencontre-t-on rien qui permette de croire que Tempereur ait cherche a atteindre dans FEglise autre chose que des individus. Son regne marque cependant Theure ou celle-ci prend materiellement racine dans le sol, en deyenant proprietaire.
§2. — La situation legale des ^glises.
D6s les premiers instants de son existence, TEglise avait regu de la generosite ou de la prevoyance de ses enfants les ressources necessaires aux frais du culte, a Tentretien du clerge, que le travail manuel ne suffisait pas toujours a nourrir \ a I'assistance des orphelins, des veuves et des pauvres. Mais ces ressources furent d'abord purement mobilieres. M6me dans lachretiente primitive de Jerusalem, on ne voit pas que les fideles aient offert leurs immeubles a I'Eglise : le livre des Actes raconte au contraire qu'ils les mettaient en vente pour en depo-
il est certain qu'elle cut une port^e generate, comme, un sifeclc plus Idt, le rescrit de Trajan a Pline, qui fit jurisprudence pour tout I'£mpire.
1. Saint Paul, / Cor,, ix, 14; // Cor,, xi, 8, 9; / Thess., ii, 9; // Thess. ,111, 8, 9. Voir aussi DidacM, 13.
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ser le prix aux pieds des apotres *. Cependant, a mesure que s'accrut le peuple chretien, on sentit la necessite de posseder des lieux de culte aulres que des galles d'emprunt ^, et surtout celle d'avoir des cimetieres ou les fideles defunls pussent attendre la resurrection loin de tout contact des tombes pa'iennes. Pendant longtemps ce contact avait pu 6tre evite, grace surtout a la generosite de riches fideles , qui ouvraient aux defunts de leur religion leurs propres tombes de famille. Dans I'antiquite romaine, ou celles-ci recevaient souvent les affranchis ou m^me les esclaves, et formaient parfois le centre de tres vastes domaines funeraires ^, une telle liberalite n'avait rien d'insolite. Mais on comprend que le nombre croissant des Chretiens aitfini, cependant, par rendre onereuse et difficile cette hospitalite de la tombe , comme on en aper- Qoit aussi le caractere precaire, toujours a la merci des hasards de succession, qui pouvaient faire passer a un heritier pai'en un lieu consacre par la sepulture de saints ou de martyrs. Aussi TEglise dut-elle aspirer a posseder des cimetieres lui appartenant en propre, soustraits a toute mutation et administres par elle seule. Cela parait avoir com-
i. Act. Apost.i IV, 34, 35 37; v,i, 27.
2. Of. Act. Apost.y XX, 7, 8; saint Paul, Horn., xvi, 5; Recognit. Pseudoclement., X, 71.
3. Voir dans mon Histoire des Persecutions^ t. II, 2o edit., p. 465 et suiv., TAppendice A ; Domaines fundraires des parlicuiicrs et des coU6ges.
mence a Rome sous le regno de Septime Severe. A la suite, probablement, d'une donation faite par une noble famille chretienne *, I'Eglise de cette ville devintproprietaired'unlieucommunde sepulture, le premier qu'elle ait possede, car un ecrit du temps Tappelle avec une sorte d'emphase « le cimetiere *. » Vers le m^me temps , un « adorateur du Verbe » donna « a I'Eglise sainte » de Cesar^e de Mauritanie « une aire pour les sepultures , » avec « une cella (chapelle) construite a ses frais » pour les reunions ^. Un autre chretien de la m^me ville agrandit ce champ des tombeaux en y joignant un second terrain « pour tous les fr^res *. » L'Eglisc de Carthage parait avoir eu aussi a cette epoque des terrains funeraires ^. A Rome, le pape Zephyrin conlia T administration « du cimetiere » au premier diacre, charge des inter^ts materiels de la communaute ^.
C^etait la substitution de la propriete corporative a la propriety individuelle pour la possession des locaux necessaires a I'administration ecclesiastique. Dans les villes oii I'Eglise , ayant de nombreux adherents , sentit le besoin d'un patrimoine