Passio S. Tfieodoti, dans Ruinakt, p
tues des dieux placees a Tentree des marches ^ ; la m^me obligation est imposee aux gens qui veulent puiser de Teau aux fbntaines publiques ^. Le refus de se soumettre a ces pratiques denonce beaucoup de Chretiens. Ceux que leur notoriete a mis en evidence sont directement invites a sacrifier ou a manger des viandes immolees. En Numidie furent longtemps c^lebres « les jours dela thurification ^ », c'est-a-dire les temps oil le gouverneur Florus obligeait tons les suspects de christianisme a entrer dans les temples, a offrir des sacrifices, ou au moins a bruler de Tencens devant les dieux ^. Mais il me parait qu'une regie uniforme n'avait pas ete, comme sousDece,imposee pour toutes les provinces, toutes les villes, tons les villages, ce qui permit en certains lieux, et particulierement dans les Etats de Constance, d'adoucir I'execution des edits. Dans I'ensemble, cependant, la persecution fut universelle, et, selon le mot dun Africain du quatrieme siecle, « fit les uns martyrs, les autres confesseurs, d'autres renegats, ^pargnant ceux-la seuls qui parvinrent a se cacher ^ » .
i. Acta S. Sebastiani^ 65, dans Acta S5., Janvier, t. II, p. 275. 2. Ibid.
3. QVI SVNT PASSI SVB PRESIDE FLORO IN CIVITATE HILEVITANA IN DIERYS
TVRiFiCATiONis. Bull. dt urch. crist.^ i876, pi. ill, n® 2.
4. Sub persecutore Floro christian! cogebantur ad templa... immundis fumabant arae nidoribus, ubicunque thus ponere nitebantur. Saint Optat, De schism. Donat., Ill, 8. — Scis quantum me quaesivit Florus ut thurificarem. Actes du concile de Cirta, dans SAINT AucusTiN, Contra Cresconium, III, 30.
s Quae alios fecit martyres, alios confessores, nonnullos funesta
130 LE CIIRISTIANISME ET LEMPIRE ROMAIN.
Un de ses caracteres, atteste non seulement par les pieces hagiographiques , mais encore par le r^cit de temoins tels qu'Eusebe, fut I'atrocite des peines, qui atteint parfois aux derni^res limites de la cruaute ^ . Un autre fut le grand nombre des martyrs immoles ensemble : en certains lieux, dix, vingt, trente, jusqu'a soixante ou cent sont executes dans un seul jour ^ : il y eut meme de vrais massacres, comme celui ou perit la population de toute une ville de Phrygie, dont les habitants avaient embrasse le christianisme ^. On remarque encore le refus de sepulture, oppose plus frequemment que par le passe aux parents ou aux amis des condamnes, par la crainte avouee du courage qu'entretiendrait chez les Chretiens survivants le culte de leurs reliques K Enfin, ce qui se rencontre frequemment, et n'est du reste que la mise en pratique du premier edit de 303 , c'est la perte , pour tons les Chretiens accuses, des privileges du rang, ou m^me des privileges des personnes libres. Non seulement les plus nobles sont tortures comme des
prostravit in morte, lalentes dimisit illaesos. Sai>'t Optat, De schism, Donat., I, 13.
4. Voir, outre de nombreux Actesde martyrs, Eusebe, Hist, EccL, VIII, 8, 9, i2; De mart. Pal., 4.