Saint Grégoirb ob Nazianze, Oratto IV
LE CllIlISTIAMSME ET L'EMPIRE ROMAIN. 220
fut même sur le point d'être jugé, et, dit-on, condamné à mort par Julien, à qui Ton attribue ce propos : « En quoi était-il nécessaire de sévir contre des hommes qui ont vengé leurs injures et celles des dieux sur quelques Galiléens *? » D'autres magistrats comprirent mieux Thumeur du maître : les chrétiens d'une province se plaignant de ce que, sans ordres réguliers, un gouverneur les avait accablés de vexations, reçurent de Tempereur cette ironique réponse : « C'est votre rôle de souffrir patiemment les injures : ainsi Ta commandé votre Dieu 2. »
Cette indulgence, ces propos, ne permettent pas d'excuser Julien d'une sorte de complicité morale dans des actes qu'il n'avait pas commandés. Certaines des violences exercées par les païens à la faveur de l'impunité furent la revanche sanglante d'excès beaucoup moins graves commis sous Constance contre les temples, non contre les personnes. Mais quelques-unes de ces scènes sauvages paraissent avoir été aussi la conséquence directe des mesures de Julien. Si l'évéque Marc fut victime d'une émeute à Aréthuse, c'est parce qu'il refusait de payer les dommages intérêts auxquels un ordre impérial avait condamné tous ceux qui avaient na-
i. SocRATE, Hist. EccV, Vf 9. ~ Grégoire de Nazianze rapporte ce mot sous une forme plus vive : « Est-ce un si grand mal qu'un <:rec tue dix Galiléens? »