PRÉFACE. V
avant dans cette voie, qu'il n'était pas bien hardi de faire un pas de plus. 11 y a eu un temps où on attribuait les psaumes à David, c'est-à-dire qu'on les faisait remonter jusqu'à mille ans avant notre ère. Aujourd'hui, M. Edouard Reuss exprime la pensée de tous les critiques, quand il écrit : « On est involontairement appelé à penser qu'un bon nombre de nos psaumes datent de l'époque de la domination macédonienne, des guerres des Ptolémées et des Séleucides, qui se disputaient la possession de la Palestine, des persécutions d'Antiochus Épiphane et du soulèvement patriotique des Macchabées. Le commentaire justifiera cette hypothèse là où elle nous semble indispensable. Nous ne prétendons pas démontrer qu'elle s'applique à tous les psaumes;... mais nous pensons qu'il n'y en a pas beaucoup qui la contrediront directement ^ »
Il s'accorde également avec la plupart des critiques quand il rapporte à la même époque ce livre ôeDaîiiel^ qu'on plaçait autrefois au temps de Cyrus ^.
Eh bien, je pense que la prétendue antiquité des prophètes, qu'on place aux vui% vif et \f siècles, est une pure illusion, comme l'était l'antiquité despsaumes. Je crois que les livres prophétiques ont été inspirés, non par la destruction de Samarie ou par celle de
1. La Bible, traduction nouvelle..., par Edouard Reuss. Le Psautier, etc. 1875. page 66.
2. Ibidem, Littérature critique et polémique, Rutli, Macchabées, Daniel, etc. 1879, page 227.