Une immense espérance a traversé les cieux
Musset.
par leurs mœurs du reste des hommes ; ils condamnaient les \ices ; ils s'assistaient et sç secouraient entre eux; ils s'attachaient à leurs frères avec Pardeur qu'ils mettaient à se séparer des infidèles : « Aimezvous les uns les autres I * » ce mot était Tâme même des églises et leur raison d'être; s'ils avaient entre eux quelque différend, ils choisissaient des arbitres parmi les frères plutôt que de s'adresser aux juges du dehors. Ils se vantaient de vivre ainsi loin du mal, dans Tespérance, dans la paix et dans la joie. Si le mal pourtant se faisait encore sentir à eux, ils avaient au moins la satisfaction de le maudire, comme venant du « siècle», dont ils n'étaient pas, et auquel ils se flattaient d'échapper bientôt.
On a comparé plus d'une fois la communauté chrétienne à ces associations de mécontents qui s'élèvent aussi contre la société moderne; mais il y avait cette différence que le christianisme ne préparait pas l'insurrection, chose qui, dans le monde romain, n'était pas possible. Les chrétiens ne menaçaient pas, n'effrayaient pas, ou du moins ils ne menaçaient et ne pouvaient menacer que de l'enfer*. Ils irritaient quelquefois ; mais aussi ils touchaient, par cela seul qu'étant impuissants, ils paraissaient résignés. La guerre qu'ils faisaient consistait à prendre part de moins en moins à tout ce par quoi subsistait l'empire; ils le vidaient en se dérobant; chaque jour, l'empire se