‹ Le Christianisme experimentalChapitre 82 sur 163 · LA RÉVÉLATION, HISTOIRE DE LA VRAIE RELIGION · texte numérisé non relu

LA RÉVÉLATION, HISTOIRE DE LA VRAIE RELIGION

dire de front: la révélation ne peut donc être que l'histoire de l'idée de Dieu parmi les hommes ; en d'autres termes, l'histoire de la vraie religion.

La notion de Dieu conduit à celle de la création ; celle de la création, à celle de la Providence, qu'on a très-bien définie : la création continuée. Un Dieu qui crée et qui abandonne, déshérite, oublie ses ouvrages et ses enfants, est en contradiction manifeste avec lui-même 4. La Providence ne peut être ni partielle ni partiale ; elle s'étend à tout. S'il y a deux créations, il y a donc deux Providences, ou, pour parler plus rigoureusement et scinder moins ce qui ne forme qu'un, il y a dans la Providence un double règne, un double soin, celui qui dirige et maintient dans l'univers les mondes des corps avec leurs lois fatales, leurs proportions arrêtées, leurs immuables harmonies, et celui qui administre dans l'univers les mondes des intelligences, des consciences, des affections, des sensibilités, des religiosités.

La culture de la religiosité humaine n'est qu'un des soins, une des directions de ces mondes-là ; et comme Dieu revêt V herbe des champs de verdure, il revêt notre entendement de vérité.

Ces deux règnes sont aussi nécessaires l'un que l'autre à l'univers ; les esprits ne peuvent pas plus se passer de gouvernement et de direction que les matières. Si Dieu retirait son souffle, les existences rentreraient dans le néant, au moral comme au physique ; et il n'y a pas de Providence, ou il y a une Providence spirituelle pour ainsi dire 5.

On peut dire encore plus : l'univers se passerait mieux, il le semble, de la Providence matérielle que de la Providence morale, parce que le monde physique, dépourvu de liberté, est assujetti à des lois qui , établies une fois pour toutes dès le commencement, le maintiennent sans variations, sans déchets, sans embellissements6. Les causes et les effets s?engrènent les uns dans les autres, comme les

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