‹ Le christianisme primitifChapitre 10 sur 77 · LE CHEMIN DE DAMAS · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE DAMAS

douter, moditic radicalement l'idée qu'il s'est faite du raj)port de Jésus à lalivé. Sa foi les opposait autrefois;

les paroles do sa bouche; car tu lui les mains pour qu'il recouvre la vue • serviras de li^moio, auprès de tous les Ananias rrponriil : • Seigneur, j'ai hommes, des choses que tu as vues et appris de plusieurs personnes tous les entendues. Et maintenant, que lardes- maux que cet iiomme a faits à tes lu ? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes saints dans Jérusalem ; et il a ici des péchés, en invoquant son nom •. pouvoirs, de la part des chefs des prê-

tres, pour lier tousceux qui invoquent ton nom. » Mais le Seigneur lui dit : " Va. car cet homme est un instrument que j'ai choisi pour porter mon nom parmi les nations, devant les rois et devant les fils d'Israël; et je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon nom. » Ananias sortit. Et. lorsqu'il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Paul, en disant^ :

« Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui l'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que lu sois rempli du Saint-Esprit. » Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva et fut baptisé ; el, après qu'il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent.

Cf. Galutes, 1, 1 : « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l'a ressuscité des morts... »

Bien que les deux récits oratoires fassent partie des Wirberichfe. beaucoup d'historiens rejettent toute celte histoire parce que miraculeuse : ils font encore valoir les divergences et les contradictions des textes : a. d'après le discours, les compagnons de Paul contemplent la lumière, sans entendre la voix, au contraire de ce qu'indique la narration ; b. la vocation de Paul en tant qu'apôtre des Gentils est rapportée par le discours à Agrippa, à Jésus lui-même, — par le discours au peuple, à Ananias. — Beaucoup d'historiens, au contraire, admettent l'authenticité de l'histoire et considèrent le discours au roi Agrippa comme un document de premier ordre [ainsi Rose, loco citalo, Wendt : Die Apostelgesch^ ^1899;. 286]. La première difficulté disparaît quand on remarque [avec Blass : Acta Ap.] que à/.ojî'.v est

elle les unit aujourd'hui. Jésus n'est plus lenneini du Dieu de la Loi et des Prophètes; c'est son Serviteur et c'est son Fils. Celte première certitude s'élargit en quelque sorte et s'épanouit dans son àme : la résurrection du Galiléen dont les Apôtres lui rebattent les

construit tantôt avec l'accusatif .22, 0). tantôt avec le génitif (9, 7), c'est-à-dire qu'il signifie, ici entendre les paroles en les comprenant, là percevoir un son : les compagnons de Paul ont vu une lumière et perçu des sons sans comprendre ce qui se disait. Le rôle attribué à tort à Ananias s'explique par une habileté de Paul : il veut se concilier les Juifs, ses ennemis : le début de lépitre aux Galates prouve que ce n'est pas Ananias. mais Jésus qui a confié à Paul l'évaugélisation des païens.

Les historiens qui rejettent le miracle expliquent la conversion de Paul : a. par le souvenir qu'il a gardé du discours dT^tienne: fj. par son expérience personnelle de la rigueur de la Loi, et de son impraticabilité. — On doit répondre que cette explication est exclue par tous les textes : aucun n'autorise à dire que, jusqu'au chemin de Damas, Saul ait éprouvé un doute sur la valeur absolue de la Loi. Godet ajoute justement [Inlrod. au N. T., 94]: « Plus vous accumulez, comme le fait Pfleiderer, les impressions antérieures favorables, plus le caractère brusque et violent de la crise devient incompréhensible ; plus vous les diminuez, moins la transformation elle-même est naturellement explicable. » Du reste, parmi ceux même qui nient le miracle, beaucoup confessent le mystère de cette affaire [Reuss. Baur, Weizsâcker, Sabatier, d'ap^rès Rose, R. B., 1902, 343]. Sabatier défend [L'Apôtre Paul. 51-32] la réalité de l'apparition : il observe que « l'aul ne sait absolument rien, et c'est là le point essentiel, d'un acheminement progressif, d'une conversion graduelle à l'Evangile. Le souvenir qu'il a gardé toute sa vie de cette conversion, est celui d'un événement foudroyant, qui l'a surpris en plein judaïsme et l'a jeté, malgré lui, dans une voie nouvelle. »

Selon toutes les vraisemblances, les trois ans de retraite en Arabie ont été employés par l'Apôtre à relire les Ecritures et à asseoir son système; — ce qui n'exclut pas tout progrès dans sa pensée théologique à partir du retour d'Arabie.

•Noter que Paul eut d'autres visions comparer ^c/e5 et II Cor.. 12, 1-6]

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