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Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en prose

Voici qu'une de mes comédies , imprimée en 1781, sous le titre : le Gen-^ tilldtre^ se trouve en 1 7 9 i j pour ainsi dire ^ à V ordre du jour. Plusieurs de mes écrits jouissent, en ce moment , de ce singulier avantage j aucun auteur vivant , j'ose le dire , n'a jeté dans le pUblic , avant la révolution , la foule de mes idées révolutionelles; la réimpression de cette comédie peu connue en sera encore une preuve. ^\ * ' y „

Le théâtre fut de tx>uttems le puissant législateur des usagés et des manières , et* le poète a le droit de pourchasser ces orgueils déjoués p couverts de leur gothique ojripèau , qui voudroient ennivrer les aiutres de leur fumée favorite-

Heureuse la loi qui a effacé les derniers et honteux vestiges de Tinégalité conventionnelle ! Ce n'est point là unbienfait indifférent j car l'on ne peut pas

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étf e ëgal ou libre à demi ^ et îl apparienoit à la philosophie de notre siècle y d^anéantir la vanité injurieuse de quelques hommes qui ^ par une contradiction insensée avec les lumières généralement répandues 9 offensoiènt j dans nos foyers et à chaque pas j le bon sens national.

Ce n'est pas tout-à-fait dans la capitale que l'on pourra bien juger de la ressemblance du portrait. On l'appréciera beaucoup mieux dans le fond de quelques provinces j où résident les originaux qu'oi^ a voulu peindre ; ils y assommoient le paysan; ce qui n'étoit pas bien.

J'ai vengé TuiiiverS autant que je Fal pu. Volt.

Ces nobles affligés ont abandonné Igl France et teulënt y rentrer le fer et Ia flamme à la nlain ; le tout pour V honneur du blason. Ainsi , un stupide raisonnement est toujours suivi d'une action extravagante ou criminelle j mais^ dit un • écrivain coniiu : « les disproportions qui sont entre les hommes sont bien milices ^ pour être si vâinfc j les uns ont la goutte^

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d'autres la pierre : les uns meurent , d'autres vont mourir j ils ont une même ame pendant Tëtemité , et elles ne sont différentes que pendant un quart - d'heure , c'est-à-dire, pendant qu'elles sont jointes à un corps, w

En réimprimant cette comédie sous le titre convenable du Ci-devant Noble , j'y ai fait quelques additions relatives à l'heu^ reuse régénération des choses.

Chacun à son tour. Ce sont les nobles qui j sous l'ancien régime, s'enrichissaient des déprédations de la cour'î ce sont lea nobles qui remplissoient exclusivemenl les premières places du ministère , de Péglise et de l'armée j ce sont les nobles qui , pendant plusieurs siècles, surent se soustraire aux charges publiques ; ce sont les nobles qui prétendoient , en dernier Jieu , ne devoir payer l'impôt que comme contribution volontaire et momentanée , et seulement pour combler le déficit j ce «ont les nobles qui soutenoient aux états-* générau3^ , qu'on devoit opiner par ordre

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et non par tête j ce sont lés nobles enfin qui j dans l'assemblée nationale , s^opposoient à la suppression du régime féodal :

seroit-il défendu aux ci-devant roturiers , bons citoyens , de rire un peu aujourd'hui de la décomposition subite du monstre féodal et de ces nobles^ qui ne veulent pas être citoyens?

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