LE BARON, LE COMTE
Mon frère! . ^
L E B A h ON.
Eh bien ! monsieur? » . • iroûs voàlez me parler en particulier. • , dépêc]iez. . . car j'ai hâté. « • ' )
. Je voiis avouerai avec franchise/ <|ue je ne suii' pas venu ici uuiquemcntppur vous voir. .♦•. •
* Le B A R o N.
Et pourquoi donc êtes -vous venu , s'il vous plaît?. %. ' . : i^, ,^^j
' Pour cpnverser aycc vous sur un chapitre qui intéresse je crois notre famille. . . je désire que vous m'c'qtçhdicz avec un peu de calme et de retenue , s*îl c;st possible.
Je suis dôlic tien emporte . à votre avis , bien fougueux , bien déraisonnable. . .
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If E C O M T C.
Je ne dis pas. cela. » ; mais c'est que j'ai à voui Teprésenten . . ,
Le Baron.
Alte-là. Je sais tout ce que vous m'allcz dire.
• Gomment? et pourquoi donc me fermcz-voui la- bouche aussi promptement ?
^ Le B A R ON.
. Pourquoi ? c'est que je vous ai devine. Je vous cpnnpis si bien !
Si vous m'avez deviné , je ne crains point de j«* proches. . . mais,, vous?
Le B A R ON.
Moîj . . . n alliez -vous pas me dire avec tout <fes grands mots pris dans vos livres , et que vouf faites sonner emphatiquement : u la nature » lit n tendresse y lesloix, la patrie, exigent et rcda^ ^ j ment l'établissement d'une créature qui se trouve 15 dans Tagc ou elle doit remplir la grande desti* 99 nation pour laquelle le ciel la mise sur la terre. 99 C'est un dé^ôt qui vous est confié pour la rendre 5> à la société. Vous ne pouvez , sans crime , lo»
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55 tarder Tattcntc des loix ^ et peut-être le vœa »;> fiiccrct de son coeur. -Une postérité d'cnfans no- 9 9 blés enchaînés dans son chaste sein , et qui doi- 9 9 vent hériter de ses qualité^ , crient et deman- 99 dent à voir le jour : un nom illustre menace de 99 sVtcindre. 99 Et .tout cela pour me dite en d*atitres termes: u marit^Vôttc fille. «9 £h bien !, monsîciïf'? gardfez ^^otrc «sermon ; • jcfvous en .^«rg^e les frais et le débit, jd la marie ; .elle tsiJMxifitti.y je vous l'annonce. . . Vous voilà bien confus , bien fâché de n avoir pas débité un*leng et inutile discours; votre philosophie n a plus lieu de pérorer ; elle est fort attristée de nVvoir pas à discourir;' car c'est un plaisir bien délectable pour vous que de pi^sçi^iur les prétendus torts d autrui. • .
Le Comte»
Vous me voyez plus charmé encore que surpris; mais ne prétendez pas décider à mon égard ce qui sep^sse dans le fond de mon ame. . . il est vrai ^^ j alibis parler fen faveur de ma nièce et pour spn^ établissement. Je suis enchanté d'elle^ de son es^ prît s?ins prétention , de ses grâces sans apprêts. . . Puisrje vous demander celui que vous avez choisi? Je crois pouvoir du moins entrer dans les àrrangcfiiei^s .4c famille ; je ne suis pas étranger au point.;. . à qui la donnez-vous?
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Le B a h o n.-
Vou^ ncdoùtcz p.as * je pense , que ce ne soit à un gentilhomme? „ . , .
Je iji'ai jamais, eu ur^e idée contraire.
:;..:•/-•:. L Er. B-A.R-O'n.
C'est au tnarquis qufc je Taccordc, *
Au marquis ? ., . ;. ,il, n^çst, pas jeune. / .
Le ,B. A RO.N.
Tant mieux. . . les biens au dernier -vivai^. . . ainsi , selon Tordre de la nature» . . vous concevez... L E C o M T E. - ^
Comment penser à cet avenir ? . . . il est dVilleurs si incertain. . .
Le B A R p N.
Oh ! je sais Le mater , l'avenir , moi, . . vous me permettrez de taîte ce que je. donne à ma fille. . çc sont là lettres closes pour vous.
Le Comte.
Je n'insiste pas. ^
Le-.Ba^ron.
Quant aux avantages que le marquis lui fait y donation entière , absolue de ses biens. . •
Mais se» biens ne sottC pas considérables.
L F; Baron.
D^accord ; mais il a soixante-trois ans sonnes... tlenr ! si ma fille venoit a décéder en couches i comme cela pourroitatiivér an premier né , je se* Tois de droit le tuteur de Tenfant , car il n*a point de frère ^ mon gendre futur » et si Fenfant lui*» même venoit à manquer , j^héritërois. «r » or » c'est ainsi que nos conditions sont faites»
Le C o'm Tl^
• Vous hériteriez?...
Le B A R o N.
Oui.
Le Comte, <i/ar// Contraignons-nous.
LÉ B A^R 6 if.
Qui m'auriez-vous proposé ?.. Je gage qùll vous ént été impossible de mHndîquer quelque chose de mieux; car en me parlant du mariage de ma fille, vous aviez quelqu^un en vue ? Et qui? voyons r J^ suis infiniment curieux de le savoir. • » * •.
Le Comte.
Céioit aussi un genjdlhomme» }
^ Vous m'insttkez. . • le grand cfiFortî
. Il est beaucoup plus jeune.
PIttii jeainie , c ttt ce 4oBt je tous remeccie , c^cst^ à-dire , que vous vqulici^ que mon gendre m'enterrât ; et moi , j'ai une prétention absolument contraire . . * et avoit-il de gfands biens?
Aussi considérables , pour le moins , que ceux
du marquis.
, N'achevez pas. . . je vois à préseiît qui c étoît, . .
j'ai fait la sourde oreille ; mais j'ai l'oeil bon ; ma
fille aura pris peut-être du goût p«ur Jùi ; tant pis
poùi elle ; il n'a point sçu me prendre comme il
faut. . . . po|ir<»uper:coii|rt. votre fâcndlhommc
C est Eraste.
Le G OMTE. » r
Oui , c'est un digne homme çt qui a servi^ ayecj honneur. . .
- Voilà bîe« de quoi jil s'agit. Il fera sa dcynièrc^ visite aujourd'hii » je vous en |>révien$ : je suis.
fâche que vous ayezifeit/trekitejiifcues pourlc voir congédier. VjOtte^ protection ne lui^au^rg p?i^fté fort utile ; mais que. ne s'ad^cssoitril à moi de préférence ? Que ne parloit-il comme il devoit parler , comme j'aime que rôri' parlé, moi? . . / ce grand lecteur aura très -mal lu dânifses livres, . . Je crois , monsieur :, que voos é'éleve^ aucune difficulté; f
'''■■'' '-L'k ■ C'O M TE. • • ' '"'' -■^"'' '
Je ne vous. le propose plus ; tout est dit.. .
Le Baron.
Au reste , nous pourrions passer par dessus les obstacles que vous feriez naître; car les résistances m'enflamment. . . Jc^vouç giic ccpendaiit du 'rëpaif de nôcçs ,. mais surrtpu.t de. ne pas vous mêler d'àiitre chose. . .. Quand Vous Vous conriôitféz 'en généalogie comme moi. .^.f Adieu! monsieur.
LE'^G ot/tT^;} Seul.
Y .: iv::;:: -, l. ■. r: \: :.:. ,:! :;.•: , r; ;. /■. . ;. i > " J E demeure confondu. . . . Que vont-ils devenir ?
Avec quelle joie perfide n a- t-il point abusé de lavantage qu'il avoit sur moi ! Je me suis tû ; j aurois été trop loin ; je vois nos amans livrés à'ui désespoir.', .^'^ûèl parti "^c 'reste ? Rêvons: '^ V /^ohf
8L, firat-ole ptcttdte. par sa folie et tourner contre liu SCS propres défauts. ... Si je le connois bien ! À m«i, [vïe.rit,unç idée qui' certainement tl^artgcra toutes ses résolutions. . . .
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