‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 18 sur 32 · LE BARON, LE COMTE · texte numérisé non relu

LE BARON, LE COMTE

Mon frère! . ^

L E B A h ON.

Eh bien ! monsieur? » . • iroûs voàlez me parler en particulier. • , dépêc]iez. . . car j'ai hâté. « • ' )

. Je voiis avouerai avec franchise/ <|ue je ne suii' pas venu ici uuiquemcntppur vous voir. .♦•. •

* Le B A R o N.

Et pourquoi donc êtes -vous venu , s'il vous plaît?. %. ' . : i^, ,^^j

' Pour cpnverser aycc vous sur un chapitre qui intéresse je crois notre famille. . . je désire que vous m'c'qtçhdicz avec un peu de calme et de retenue , s*îl c;st possible.

Je suis dôlic tien emporte . à votre avis , bien fougueux , bien déraisonnable. . .

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If E C O M T C.

Je ne dis pas. cela. » ; mais c'est que j'ai à voui Teprésenten . . ,

Le Baron.

Alte-là. Je sais tout ce que vous m'allcz dire.

• Gomment? et pourquoi donc me fermcz-voui la- bouche aussi promptement ?

^ Le B A R ON.

. Pourquoi ? c'est que je vous ai devine. Je vous cpnnpis si bien !

Si vous m'avez deviné , je ne crains point de j«* proches. . . mais,, vous?

Le B A R ON.

Moîj . . . n alliez -vous pas me dire avec tout <fes grands mots pris dans vos livres , et que vouf faites sonner emphatiquement : u la nature » lit n tendresse y lesloix, la patrie, exigent et rcda^ ^ j ment l'établissement d'une créature qui se trouve 15 dans Tagc ou elle doit remplir la grande desti* 99 nation pour laquelle le ciel la mise sur la terre. 99 C'est un dé^ôt qui vous est confié pour la rendre 5> à la société. Vous ne pouvez , sans crime , lo»

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55 tarder Tattcntc des loix ^ et peut-être le vœa »;> fiiccrct de son coeur. -Une postérité d'cnfans no- 9 9 blés enchaînés dans son chaste sein , et qui doi- 9 9 vent hériter de ses qualité^ , crient et deman- 99 dent à voir le jour : un nom illustre menace de 99 sVtcindre. 99 Et .tout cela pour me dite en d*atitres termes: u marit^Vôttc fille. «9 £h bien !, monsîciïf'? gardfez ^^otrc «sermon ; • jcfvous en .^«rg^e les frais et le débit, jd la marie ; .elle tsiJMxifitti.y je vous l'annonce. . . Vous voilà bien confus , bien fâché de n avoir pas débité un*leng et inutile discours; votre philosophie n a plus lieu de pérorer ; elle est fort attristée de nVvoir pas à discourir;' car c'est un plaisir bien délectable pour vous que de pi^sçi^iur les prétendus torts d autrui. • .

Le Comte»

Vous me voyez plus charmé encore que surpris; mais ne prétendez pas décider à mon égard ce qui sep^sse dans le fond de mon ame. . . il est vrai ^^ j alibis parler fen faveur de ma nièce et pour spn^ établissement. Je suis enchanté d'elle^ de son es^ prît s?ins prétention , de ses grâces sans apprêts. . . Puisrje vous demander celui que vous avez choisi? Je crois pouvoir du moins entrer dans les àrrangcfiiei^s .4c famille ; je ne suis pas étranger au point.;. . à qui la donnez-vous?

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Le B a h o n.-

Vou^ ncdoùtcz p.as * je pense , que ce ne soit à un gentilhomme? „ . , .

Je iji'ai jamais, eu ur^e idée contraire.

:;..:•/-•:. L Er. B-A.R-O'n.

C'est au tnarquis qufc je Taccordc, *

Au marquis ? ., . ;. ,il, n^çst, pas jeune. / .

Le ,B. A RO.N.

Tant mieux. . . les biens au dernier -vivai^. . . ainsi , selon Tordre de la nature» . . vous concevez... L E C o M T E. - ^

Comment penser à cet avenir ? . . . il est dVilleurs si incertain. . .

Le B A R p N.

Oh ! je sais Le mater , l'avenir , moi, . . vous me permettrez de taîte ce que je. donne à ma fille. . çc sont là lettres closes pour vous.

Le Comte.

Je n'insiste pas. ^

Le-.Ba^ron.

Quant aux avantages que le marquis lui fait y donation entière , absolue de ses biens. . •

Mais se» biens ne sottC pas considérables.

L F; Baron.

D^accord ; mais il a soixante-trois ans sonnes... tlenr ! si ma fille venoit a décéder en couches i comme cela pourroitatiivér an premier né , je se* Tois de droit le tuteur de Tenfant , car il n*a point de frère ^ mon gendre futur » et si Fenfant lui*» même venoit à manquer , j^héritërois. «r » or » c'est ainsi que nos conditions sont faites»

Le C o'm Tl^

• Vous hériteriez?...

Le B A R o N.

Oui.

Le Comte, <i/ar// Contraignons-nous.

LÉ B A^R 6 if.

Qui m'auriez-vous proposé ?.. Je gage qùll vous ént été impossible de mHndîquer quelque chose de mieux; car en me parlant du mariage de ma fille, vous aviez quelqu^un en vue ? Et qui? voyons r J^ suis infiniment curieux de le savoir. • » * •.

Le Comte.

Céioit aussi un genjdlhomme» }

^ Vous m'insttkez. . • le grand cfiFortî

. Il est beaucoup plus jeune.

PIttii jeainie , c ttt ce 4oBt je tous remeccie , c^cst^ à-dire , que vous vqulici^ que mon gendre m'enterrât ; et moi , j'ai une prétention absolument contraire . . * et avoit-il de gfands biens?

Aussi considérables , pour le moins , que ceux

du marquis.

, N'achevez pas. . . je vois à préseiît qui c étoît, . .

j'ai fait la sourde oreille ; mais j'ai l'oeil bon ; ma

fille aura pris peut-être du goût p«ur Jùi ; tant pis

poùi elle ; il n'a point sçu me prendre comme il

faut. . . . po|ir<»uper:coii|rt. votre fâcndlhommc

C est Eraste.

Le G OMTE. » r

Oui , c'est un digne homme çt qui a servi^ ayecj honneur. . .

- Voilà bîe« de quoi jil s'agit. Il fera sa dcynièrc^ visite aujourd'hii » je vous en |>révien$ : je suis.

fâche que vous ayezifeit/trekitejiifcues pourlc voir congédier. VjOtte^ protection ne lui^au^rg p?i^fté fort utile ; mais que. ne s'ad^cssoitril à moi de préférence ? Que ne parloit-il comme il devoit parler , comme j'aime que rôri' parlé, moi? . . / ce grand lecteur aura très -mal lu dânifses livres, . . Je crois , monsieur :, que voos é'éleve^ aucune difficulté; f

'''■■'' '-L'k ■ C'O M TE. • • ' '"'' -■^"'' '

Je ne vous. le propose plus ; tout est dit.. .

Le Baron.

Au reste , nous pourrions passer par dessus les obstacles que vous feriez naître; car les résistances m'enflamment. . . Jc^vouç giic ccpendaiit du 'rëpaif de nôcçs ,. mais surrtpu.t de. ne pas vous mêler d'àiitre chose. . .. Quand Vous Vous conriôitféz 'en généalogie comme moi. .^.f Adieu! monsieur.

LE'^G ot/tT^;} Seul.

Y .: iv::;:: -, l. ■. r: \: :.:. ,:! :;.•: , r; ;. /■. . ;. i > " J E demeure confondu. . . . Que vont-ils devenir ?

Avec quelle joie perfide n a- t-il point abusé de lavantage qu'il avoit sur moi ! Je me suis tû ; j aurois été trop loin ; je vois nos amans livrés à'ui désespoir.', .^'^ûèl parti "^c 'reste ? Rêvons: '^ V /^ohf

8L, firat-ole ptcttdte. par sa folie et tourner contre liu SCS propres défauts. ... Si je le connois bien ! À m«i, [vïe.rit,unç idée qui' certainement tl^artgcra toutes ses résolutions. . . .

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