‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 23 sur 32 · ERASTE . CONSTANCE . LE COMTE · texte numérisé non relu

ERASTE . CONSTANCE . LE COMTE

Le Comte, Us prenant entre ses hras^

;MEs enfans!

Constance,

Ah ! loon oncle , vous le voyez , çc n'est pas toujours la vertu qui triomphe,

/Le Comte.

Croyez que je ne renonce pas à Tespoir le plus «her ; je pense avoir imaginé le moyen de vous ^ir enfin malgré, • ,

Nous unir! . ., . et n'avez -vous pas entendu Tarrct fatal ?

Oui ; maïs en même tems j'ai pénétré le secret de son ame , tout ce qu'elle cache et tout ce qu*elle prétend. Vainement demanderions-nous aux tribunaux un secours qu'ils nous refuseroîent ; k$ lôix sont trop incertaines dans leur marche, et d'ailleurs , elles n^ont pas suffisamment prévu , ou n'ont pas supposé , d'une manière assez positive , que des mauvais pères captiveroient leurs filles dans un étemel esclavage , et se préféreroient constamment à elles! Savez- vous ce que veut votre père ? Vous êtes loin de le deviner. Eh bien ! je vais vous l'apprendre; au lieu de donner de l'argent, il prétend en recevoir !

Quoi ! seroit-il possible ?

Le Comte.

Oui ; il veut être doté en lieu et place de sa fille..

Le doter! {riant.) ah! volontiers, et de tout ce que je possède au monde*

Arrêtez : me& droits sont avant les vôtres ; n'en

i.if)

soyez point jaloux, mon cher Erastc ; vous aurez plus de tcms que moi pour la rendre heureuse , parfaitement heureuse. Tout homme qui embrasse l'avenir , et qui ne repose pas dans un vil égoïsme » doit expliquer ses volontés particulières dans un testament : c'est un acte de justice , de bienfaisance , c'est le dernier qui nous soit permis. Je n'ai jamais eu d'autre idée que la félicité de ma nièce; et pourquoi ne commencerai-jepas aujourd'hui son bonheur et de mon vivant ? .,. il m'en sera plus doux.

Constance.

Je chéris votre générosité , mon oncltf , mâiâ «oufFrez que j'y mette des bornes. . .

L^E Comte, avec U cri de l'âme.

Eh ! tu en mcttrois donc à la tendresse , à la reconnoissance ? . . . ( présentant un porte-feuille à Eraste. ) acceptez-le , monsieur ; voilà cent soixante mille livres dans ce porte-feuille ; allez lui offrir ces papiers.

Eraste.

Moi ! j'irois ? . . .

L £ C o M t iS.

Je Texige; car sans? cela votre mariage n'auroU jamais lieu: voici mon héritière,- tout ce que j'ai amassé fut pour elle. . , Allez , dis-jc ; demandes^ sa

fïiâîfl; je vous prbtèstç que vous ne l'ôbticndréi! qu avec ce don.

Moi ! marchander?

Le Comte.

La honte est pour lui , et non pour vous ; il ne irpugira point. Après tout, cette somme vous reviendra. . . Quand il m'a parlé du marquis, j^é-^ lois prêt à me mettre en colère ; mais il faut éviter soigneusement son accès ; car alors nourseulement on ne fait plus ce qu'on doit faire ; mais on ne dit pas encore ce qu'on voudroit dire. Ne repoussez point iries bienfaits , puisque je vous regarde comme mes eitfans. . . me refuseriez-vous ?

Ah ! le fils le plus tendre et le plus respectueux. . . mais je n'oserai jamais: . .

Le Comte.

Osez : dès que ces papiers aiuroîit frappé sa vue , ma nièce est à vous* . . (eH iaurianf,) vous lui ofFriricz la robe, les bij btix et la corbeille, qu il prcndroit le tout, en sans trop de façons , j'en suis sûr. . . . nous vous laissons.

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