ERASTE . CONSTANCE . LE COMTE
Le Comte, Us prenant entre ses hras^
;MEs enfans!
Constance,
Ah ! loon oncle , vous le voyez , çc n'est pas toujours la vertu qui triomphe,
/Le Comte.
Croyez que je ne renonce pas à Tespoir le plus «her ; je pense avoir imaginé le moyen de vous ^ir enfin malgré, • ,
Nous unir! . ., . et n'avez -vous pas entendu Tarrct fatal ?
Oui ; maïs en même tems j'ai pénétré le secret de son ame , tout ce qu'elle cache et tout ce qu*elle prétend. Vainement demanderions-nous aux tribunaux un secours qu'ils nous refuseroîent ; k$ lôix sont trop incertaines dans leur marche, et d'ailleurs , elles n^ont pas suffisamment prévu , ou n'ont pas supposé , d'une manière assez positive , que des mauvais pères captiveroient leurs filles dans un étemel esclavage , et se préféreroient constamment à elles! Savez- vous ce que veut votre père ? Vous êtes loin de le deviner. Eh bien ! je vais vous l'apprendre; au lieu de donner de l'argent, il prétend en recevoir !
Quoi ! seroit-il possible ?
Le Comte.
Oui ; il veut être doté en lieu et place de sa fille..
Le doter! {riant.) ah! volontiers, et de tout ce que je possède au monde*
Arrêtez : me& droits sont avant les vôtres ; n'en
i.if)
soyez point jaloux, mon cher Erastc ; vous aurez plus de tcms que moi pour la rendre heureuse , parfaitement heureuse. Tout homme qui embrasse l'avenir , et qui ne repose pas dans un vil égoïsme » doit expliquer ses volontés particulières dans un testament : c'est un acte de justice , de bienfaisance , c'est le dernier qui nous soit permis. Je n'ai jamais eu d'autre idée que la félicité de ma nièce; et pourquoi ne commencerai-jepas aujourd'hui son bonheur et de mon vivant ? .,. il m'en sera plus doux.
Constance.
Je chéris votre générosité , mon oncltf , mâiâ «oufFrez que j'y mette des bornes. . .
L^E Comte, avec U cri de l'âme.
Eh ! tu en mcttrois donc à la tendresse , à la reconnoissance ? . . . ( présentant un porte-feuille à Eraste. ) acceptez-le , monsieur ; voilà cent soixante mille livres dans ce porte-feuille ; allez lui offrir ces papiers.
Eraste.
Moi ! j'irois ? . . .
L £ C o M t iS.
Je Texige; car sans? cela votre mariage n'auroU jamais lieu: voici mon héritière,- tout ce que j'ai amassé fut pour elle. . , Allez , dis-jc ; demandes^ sa
fïiâîfl; je vous prbtèstç que vous ne l'ôbticndréi! qu avec ce don.
Moi ! marchander?
Le Comte.
La honte est pour lui , et non pour vous ; il ne irpugira point. Après tout, cette somme vous reviendra. . . Quand il m'a parlé du marquis, j^é-^ lois prêt à me mettre en colère ; mais il faut éviter soigneusement son accès ; car alors nourseulement on ne fait plus ce qu'on doit faire ; mais on ne dit pas encore ce qu'on voudroit dire. Ne repoussez point iries bienfaits , puisque je vous regarde comme mes eitfans. . . me refuseriez-vous ?
Ah ! le fils le plus tendre et le plus respectueux. . . mais je n'oserai jamais: . .
Le Comte.
Osez : dès que ces papiers aiuroîit frappé sa vue , ma nièce est à vous* . . (eH iaurianf,) vous lui ofFriricz la robe, les bij btix et la corbeille, qu il prcndroit le tout, en sans trop de façons , j'en suis sûr. . . . nous vous laissons.