‹ Le ci-devant noble; comédie en trois actes, en prose. Par m. Mercier. Représentée à Coblentz le 2 novembre 1791Chapitre 32 sur 33 · ACTEURS PRECEDENS , UN GREFFIER · texte numérisé non relu

ACTEURS PRECEDENS , UN GREFFIER

Le Greffier.

J\Rrêtèz , mes amis: grande, très-grande nouvelle! on dit par-tout quil s'est opéré , en un instant et par je ne sais quel miracle , une révolution dans toute la campagne.

Le Baron.

Une révolution ! quelle insolence! ... ce seul mot-là te fera pendre. , . prends-y garde.

Le Greffier.

Non , non; c'est une bonne révolution qui fait

qu'il n'y aura plus de privil.^-ges , de privilégiés , et

que chacun pouiTa chasser sur Ses terres. [On entend

un coup de fusil lointain. ) Tenez , on tue déjà votre

gibier.

Le Baron.

Quels sont ces misérables ? ces vilains corvéables par nature , que leur audace à portes. . . et que ma colère va punir. [Un autre coup de fusil.) Encore , encore !

Le Greffier.

Ils disent qu'ils ne sont plus des gredins , ni faits pour être méprisés , et que tous les hommes sont hommes.

Le B a R' o n.

Je ne puis contenir ipon indignation. [Plusieurs coups de fusilf. ) Quoi ! cela continue?

LeGreffier.

Oh ! vous en entendrez bien d'autres. . . [à part.) Cela roule tout comme un feu de rampart.

Est-il possible î . . . ô le renversement de l'Etat va suivre. . .

LeGreffier.

Chacun dit que les biens du bon Dieu ne seront plus mangés en herbe, et que nos champs cultivés par nous seront enfin bien à nous. >

Le Baron.

Sortez , insolent ; sortez : Je vous chasse. . > . 2 mous sommes bien à plaindre;, nous autres grands, d'être obligés d'avoir ces gens-là. . . . mais , que vois-je ? le maîtrerd'école? que me veut-il?

LeGreffier.

Oh bien ' c'est lui qui va vous dire et vous cx-i

cliquer comment tout cela s'est fait et ira dcsormais , afin que les travaux des pauvres cul tivatcurs ne soient pas uniquement pour les déjà gras seigneurs,

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