ACTEURS PRECEDENS , UN GREFFIER
Le Greffier.
J\Rrêtèz , mes amis: grande, très-grande nouvelle! on dit par-tout quil s'est opéré , en un instant et par je ne sais quel miracle , une révolution dans toute la campagne.
Le Baron.
Une révolution ! quelle insolence! ... ce seul mot-là te fera pendre. , . prends-y garde.
Le Greffier.
Non , non; c'est une bonne révolution qui fait
qu'il n'y aura plus de privil.^-ges , de privilégiés , et
que chacun pouiTa chasser sur Ses terres. [On entend
un coup de fusil lointain. ) Tenez , on tue déjà votre
gibier.
Le Baron.
Quels sont ces misérables ? ces vilains corvéables par nature , que leur audace à portes. . . et que ma colère va punir. [Un autre coup de fusil.) Encore , encore !
Le Greffier.
Ils disent qu'ils ne sont plus des gredins , ni faits pour être méprisés , et que tous les hommes sont hommes.
Le B a R' o n.
Je ne puis contenir ipon indignation. [Plusieurs coups de fusilf. ) Quoi ! cela continue?
LeGreffier.
Oh ! vous en entendrez bien d'autres. . . [à part.) Cela roule tout comme un feu de rampart.
Est-il possible î . . . ô le renversement de l'Etat va suivre. . .
LeGreffier.
Chacun dit que les biens du bon Dieu ne seront plus mangés en herbe, et que nos champs cultivés par nous seront enfin bien à nous. >
Le Baron.
Sortez , insolent ; sortez : Je vous chasse. . > . 2 mous sommes bien à plaindre;, nous autres grands, d'être obligés d'avoir ces gens-là. . . . mais , que vois-je ? le maîtrerd'école? que me veut-il?
LeGreffier.
Oh bien ' c'est lui qui va vous dire et vous cx-i
cliquer comment tout cela s'est fait et ira dcsormais , afin que les travaux des pauvres cul tivatcurs ne soient pas uniquement pour les déjà gras seigneurs,