SCÈNE I. — ORGON, MARIANE
ORGON
Mariane.
MARIANE
Mon père.
ORGON
Approchez, j'ai de quoi Vous parler en secret.
MARIANE, à Orgon qui regarde dans un cabinet. Que cherchez-vous?
ORGON
Je voi Si quelqu'un n'est point là qui ponrroitnous entendre; Garce petit endroit est propre pour surprendre. Or sus, nous voilà bien. J'ai, Mariane, en vous Reconnu de tout temps un esprit assez doux; Et de tout temps aussi vous m'avez été chère.
Je suis fort redevable à cet amour de père.
ORGON
C'est fort bien dit, ma fille; et, pour le mériter, Vous devez n'avoir soin que de me contenter.
MARIANE
C'est où je mets aussi ma gloire la plus haute.
ORGON
Fort bien. Que dites-vous de Tartuffe notre hôte?
MARIANE
Qui, moi?
ORGON
Vous. Voyez bien comme vous répondra ,
MARIANE
Hélas ! j'en dirai, moi, tout ce que vous voudrez.
SCÈNE H.^ORGON, MARIANE, PORINE, doucement, et se tenant derrière Orgtfn, sans être vue.
ORGON
C'est parler sagement. Dites-moi donc, a* fille. Qu'en toute sa personne un haut mérite brille. Qu'il touche votre cœur, et qu'il tous seroit doux De le voir, par mon choix, devenir votre époux. Hé!
MARIàNE.
Hé?
ORGOE.
Qu'est-ce?
MARIANE
PWt-fl!
ORGON. I
Quoi? '
MARIANE
Me suis~je méprise? I
ORGON
Gomment? j
MARIANE
Qui voulez-vous, mon père, que je dise !
Qui me touche le coeur, et qu'il me seroit doux '
De voir, par votre choix, devenir mon époux?
' ORGON. i
Tartuffe.
MARIANE
n n'en est rien, mon père, je vous jure.
Pourquoi me faire dire une teBe imposjture?
OROON.
Mais je veux que cela seit «ne vérité ; Et c'est assez pour vous que je l'aie arrêté.
MAMANÇ.
Quoi K vous voulez, mon père?. . .
ORGON
Oui, je prétends, ma fille,
ACM 'S, SGfcNB Û. ît
Iftttr/parvotre'hjïnen, Itauft àma iaimttt*
Il sera votre époux, j*ai résolu «eh.
flkgewqysoliDarinal Et comme sur vos yeux je*.. . Que faites-vous là? La curiosité qui vous presse est bien forte, Ma mie, à nous venir éoouter de k sorte.
DORBtE.
Vraiment, je ne sais pas 4à c'est un bruit qui part De quelque conjecture, ou d'un, coup de hasard; Mais de ce mariage on m'a dit la nouvelle, Et j'ai traité cela de pure bagatelle.
ORGOtU
Quoi donc! lacfewe ael-elle inwoyablel
DORINE
A tel point Que vous-même, monsieur, je ne vous en crois point
i ORGON.
Je sais bien le moyen de vous le faire croire»
DORINE
Oui! oui! vous nous contez une plaisante histoire!
ORGON
Je conte justement ce qu'on tstiu. dans peu.
MRKS.
Chansons!
OWSON.
de que je dis, ma fille, tt'ect point jeu.
BOftIKB.
Allez, ne croyez point à monsieur votre père; H raille.
Je vouste....
* DORIKB.
Non, vous aveabeau (an», On ne. vous croira point*