ACTE IV, SGBNR HL
Plus ce sera pour tous matière à* mériter.
Mortifiez vos sens avec ce mariage, Et ne me rompez pas la tète davantage.
DORINE
Mais quoi !
ORGON
Taisez- vous, vous. Parlez à votre écot. •* Je vous défends, tout net, d'oser dire un seul mot
CLÉANTE
Si par quelque conseil vous souffrez qu'on réponde....
Mon frère, vos conseils sont les meilleurs du monde, Ils sont bien raisonnes, et j'en fais un grand cas : Mais vous trouverez bon que je n'en use pas.
ELMIRE, àOrgbn.
À voir ce que je vois,, je ne sais plus que dire, Et votre aveuglement fait que je vous admire. C'est être bien coiffé, bien prévenu de lui, Que de nous démentir sur le fait d'aujourd'hui!
ORGON
Je suis votre valet, et crois les apparences.
Pour mon fripon de fils je sais vos complaisances;
Et vous avez eu peur de le désavouer
Du trait qu'à ce pauvre homme il a voulu jouer.
Vous étiez trop tranquille , enfin , pour être crue ,
Et vous auriez paru d'autre manière émue.
ELMIRE
Est-ce qu'au simple ayeu d'un amoureux transport Il faut que notre honneur se gendarme si fort? Et ne peut-on répondre à tout ce qui le touche, Que le feu dans les yeux et l'injure à la bouchot Pour moi, de tels propos je me ris simplement; Et l'éclat, là-dessus, ne me plaît nullement. J'aime qu'avec douceur nous nous montrions sages; Et ne suis point du tout pour ces prudes sauvages Dont l'honneur est armé de griffes et de dents, Et veut, au moindre mot, dévisager les gens.
Me préserve le ciel d'une telle sagesse 1
58 LB TARTUFFR.
la veux une vertu qui ne toit point diablesse, Et crois que d'un refus la discrète froideur N'en est pas moins puissante k rebuter un cœur.
ORGOIf.
Enfin, je sais l'affaire, et ne prends point le change.
ELMIRE
J'admire, encore un coup, cette foiblesse étrange : Mais que me répondrait votre incrédulité Si je vous faisois voir qu'on vous dit vérité!
ORGOIf.
Voirl