‹ Le Cid-HoraceChapitre 187 sur 224 · SCÈNE IV. — ELMIRE, ORGON · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — ELMIRE, ORGON

ELMIRE

Approchons cette table, et vous mettez dessous.

Gomment!

ELMIRE

Vous bien cacher est un point nécessaire.

ORGON

Pourquoi sous cette table î

ELMIRE

Ah! mon Dieu! laissez faire j J'ai mon dessein en tête, et vous en jugerez. Mettez- vous là, vous dis-je; et, quand vous y serez, Gardez qu'on ne vous voie et qu'on ne vous entende.

ORGON

Je confesse qu'ici ma complaisance est grande : Mais de votre entreprise il vous faut voir sortir.

ELMIRE

Vous n'aurez, que je crois, lien à me repartir.

(A Orgon, qui est sous la table.) Au moins, je vais toucher une étrange matière : Ne vous scandalisez en aucune manière.

Quoi que je puisse dire, il doit m'étre permis; Et c'est pour vous convaincre, ainsi que j'ai promis*. Je vais par des douceurs, puisque j'y suis réduite, Faire poser le masque à cette âme hypocrite, Flatter de son amour les désirs effrontés, Et donner un champ libre à ses témérités. ~

60 ; LE TÀRTUFFK.

Gomma c'est pour vous seul, et pour mieux le confondre, Que mon âme à fies vœux va feindre de répondre, J 'aurai lieu de cesser dès que vous vous rendrez, Et les choses n'iront, que jusqu'où vous voudrez. C'est à vous d'arrêter son ardeur insensée, Quand vous croirez l'affaire assez avant poussée, D'épargner votre femme, et de ne m'exposer Qu'à ce qu'il vous faudra pour vous désabuser. Cj sont vos intérêts, vous en serez le maître. Et.... L'on vient. Tenez-vous, et gardez de paraître.

Page 1