SCÈNE IV. — CHIMÈNE, ELVIRE
CHIMÈNE
Elvire, que je souffre i et que je suis à plaindre! Je ne sais qu'espérer, et je vois tout à craindre; Aucun vœu ne m'échappe où j'ose consentir; Je ne souhaite rien sans un prompt repentir.
A deux rivaux pour moi je fais prendre les armes : ^ Le plus heureux succès me coûtera des larmes; Et quoi qu'en ma faveur en ordonne le sort, Mon père est sans vengeance, ou mon amant est morU
ELVIRE
D'un et d'autre côté je vous vois soulagée :
Ou vous avez Rodrigue, ou vous êtes vengée ; Et quoi que le destin puisse ordonner de vous, U soutient votre gloire, et vous donne un époux.
CHIMENE
Quoil l'objet de ma haine, ou de tant de colère! L'assassin de Rodrigue, ou celui de mon père! De tous les deux côtés on me donne un mari Encor tout teint du sarg que j'ai le plus chéri. De tous les deux côtés mon âme se rebelle :
Je crains plus que la mort la fin de ma querelle. Allez, vengeance, amour, qui troublez mes esprits, Vous n'avez noint pour moi de douceurs à ce prix :