‹ Le Cid-HoraceChapitre 6 sur 224 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

te vois avec chagrin que l'amour me contraigne A pousser des soupirs pour ce que je dédaigne.

rje sens en deux partis mon esprit divisé :

Simon courage est haut, mon cœur est embrasé. Cet hymen m'est fatal, je le crains, et souhaite : Je n'ose en espérer qu'une joie imparfaite.

Ma gloire et mon amour ont pour moi tant d'appas, Que je meurs s'il s'achève ou ne s'achève pas.

LÉONOR

Madame, après cela je n'ai rien à vous dire, Sinon que de vos maux avec vous je soupire :

Je vous blâmois tantôt, je vous plains à présent : Mais puisque dans un mal si doux et si cuisant Votre vertu combat et son charme et sa force, En repousse l'assaut, en rejette l'amorce, Elle rendra le calme à vos esprits flottans.

Espérez donc tout d'elle, et du secours du temps : Espérez tout du ciel; il a trop de justice Pour laisser la vertu dans un si long supplice. l'infante.

■^Ma plus douce espérance est de perdre l'espoir.

LE PAGE

Par vos commandemens Ghimène vous vient voir.

L'INFANTE, à Léonor.

Allez l'entretenir en cette galerie.

LÉONOR

Voulez-vous demeurer dedans la rêverie?

l'infante.

Non, je veux seulement, malgré mon déplaisir t Remettre mon visage un peu plus à loisir.

Je vous suis.

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