TRAGÉDIE IMITÉE DE "L'HIPPOLYTE" D'EURIPIDE
COMME "le Cid" de Corneille, la "Phèdre" de Racine fut persécutée dès sa naissance, mais, moins heureuse que "l'Amant de Chimène," elle ne put triompher des efforts de la cabale.
Madame Deshoulières, la duchesse de Bouillon et le duc de Nevers, ligués contre Racine en faveur de Pradon, firent, à force d'argent, réussir la " Phèdre" de ce dernier et tomber celle de Racine.
Racine conçut un tel chagrin de cette injustice qu'il abandonna le théâtre pendant douze ans.
Voici l'opinion de Boileau sur la pièce de Racine : —
•• Eh ! qui, voyant un jour la douleur vertueuse De Phèdre malgré soi perfide, incestueuse, D'un si noble travail justement étonné, Ne bénira d'abord le siècle fortuné Qui, rendu plus fameux par tes illustres veilles. Vit naître sous ta main ces pompeuses merveilles ? "
(Ep. vii. à M. Racine. 1677.)