‹ Le cidevant noble, comédie en trois actes, en prose, Par M. Mercier. Représentée, à Coblentz le 2 novembre 1791Chapitre 34 sur 36 · LES PAYSANS · texte numérisé non relu

LES PAYSANS

Constance.

"V" Enez . venez , mes amis , intercédons tous notre honoré seigneur , pour la délivrance de ce coupable brâconier ; car il faut avouer qu'il est immensément coupable; et vous, bailli, dont l’éloquence est si connue , parlez en sa faveur , afin que le plus juste ressentiment tombe et s’appaise.

Le Bailli.

Voyez , monseigneur , voyez tous les noms illustres que consacre l’histoire , depuis Romulus jusqu’à Titus et Marc-Aurèle ; ils sont tous fameux par des actes de clémence : le pardon d’Auguste , si célèbre encore de nos jours ; et voulez-vous que l’on dise , que l’on imprime , dans l’histoire qui va parler de vous aux siècles futurs: le jour du mariage de sa Jilte , jour marqué par l'allégresse de la province , il a retenu , dans l'obscurité profonde des cachots , un infortuné vassal , qui , du fond de son abîme , lui trioit miséricorde.

DigitiZï

Paysans.

Miséricorde , monseigneur , miséricorde !.’... Qu'il sorte de prison pour célébrer ce grand jour...

Toute la province a les yeux ouverts sur vous

nous respecterons vos lièvres. . .

Un Paysan.

Vos lapins. . .

Un Autre.

Vos pigeons , vos perdrix. . .

Un Autre.

Vos canards. . . . vos oyes. . toute votre famille monseigneur, monseigneur, miséri-

corde. . . miséricorde !

Le Baron.

Allons : ces malheureux historiens prendroient et rendroient les choses tout de travers; ils feroient de moi. . . et je ne serois pas là pour les châtier : qu’on le délivre ; et de peur que les autres ne se targuent de cet excès de clémence , qu’il vous ‘ en rende grâce , à vous , ma fille , à vous , mon gendre , et non à moi. . . .

Chœur de Paysans.

Vive monseigneur ! vive monseigneur !

Constance.

. Cette générosité , mon père , ne blessera point votre justice.

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