LA TERRE VUE DE L'ESPACE
»lre et hémisphère aqupui ; 1' La Terra fua an face de r£(|ua 3* Hémisphires rui en face des pAles
Terre : nous disons la deQsité moyenne, parce que les différentes couches sont spécifiquement d'autant plus lourdes, que de la surface elles approchent plus du centre. Cette densité est telle, qu'à égalité de volume la matière ter^ restre pèse près de cinq fois et demie autant que l'eau. On évalue au double la densité des parties centrales.
De là, pour le poids de la Terre entière, le nombre énorme de : 5 875000000 000000000 000 tonnes de mille kilogrammes.
L'enveloppe aérienne entourant le globe à 60 kilomètres de hauteur, ne pèse pas moins de 5 263000000000000 tonnes; ce n'est pas même cependant la millionième partie du poids de la Terre solide et liquide.
lelles sont les dimensions, telle est la masse de la planète qui nous sert de demeure. Que sont en comparaison, et considérées sous l'unique point de vue de la matière, les œuvres du travail humain, individuel et collectif? Bien peu de chose, on en conviendra.
Cependant, cette sphère qui nous paraît si colossale n*est qu'une des moyennes planètes du système solaire, n'est qu'un grain de sable vis-à-vis de notre étoile centrale, un point perdu dans l'espace où se meut le monde qui les comprend tous. Quelle idée devrons-nous donc nous faire de la profondeur des espaces célestes, lorsque nous élançant plus tard hors de notre groupe, nous verrons que ce vaste ensemble n'est lui-même qu'un atome au sein de l'univers visible.
Nous venons de parler du poids total de l'atmosphère : c'est un point de pure curiosité. Mais la pression que cette masse fluide exerce sur chaque partie du sol, sur les êtres oi^anisés qui s'y développent ou s'y meuvent, sur les liquides et les vapeurs, est d'une importance extrême pour
la constitution de ces êtres et pour les conditions physiques du milieu qui les renferme. La densité de l'atmosphère, la loi de la décroissance de cette densité, des couches inférieures aux couches supérieures, sont autant de faits qui ont un intime rapport avec la température du sol à ses diverses altitudes, avec les climats, et par suite avec la distribution de la vie végétale et animale à la surface.
D'autre part, il y a ime relation non moins étroite entre la constitution de l'enveloppe gazeuse dans le sein de laquelle nous sommes plongés, et la façon dont les rayons de lumière en traversent l'épaisseur.
Tout le monde sait qu'un rayon lumineux se propage en ligne droite, toutes les fois qu'il traverse un milieu homogène, c'est-à-dire d'une densité invariable en tous ses points. L'objet que ce rayon lumineux nous fait voir est en ce cas dans une direction précisément rectiligne. Il est là où Fœil nous le fait voir.
Si au contraire, avant d'arriver à l'œil de l'observateur, le rayon lumineux a dû traverser des milieux de densités différentes, et dans une direction oblique, chaque changement de densité l'a dé^îé de sa route. Lorsqu'il pénètre dans l'œil, la déviation totale est cause que l'objet ne paraît plus dans la direction vraie du point qu'il occupe. Son image ou sa position apparente n'indique plus sa position réelle. Ce phénomène de déviation a lieu dans l'atmosphère, où il prend le nom de réfraction atmosphérique. On comprend de quelle importance est la réfraction pour les observations astronomiques, puisque tous les astres se trouvent ainsi déplacés, et que l'erreur résultant de ce déplacement n'est pas la même en tous les points de la voûte céleste : elle est d'autant plus considérable, que les couches traversées sont plus épaisses ou se présentent plus obliquement aux rayons lumineux.
Tous les astres se trouvent de la sorte inégalement relevés, rapprochés du zénith.
Il résulte de là une conséquence assez bizarre , c'est que le Soleil ou la Lune sont encore mathématiquement couchés , c'est-à-dire réellement au-dessous du plan de l'horizon^ que déjà leurs disques entiers sont visibles. La durée du jour est donc directement augmentée par la réfraction. Le même phénomène a lieu le soir.
Mais la réfraction prolonge cette durée, alors même que
Fig. 42. — Réfraction atmosphérique; ses effets sur la position des astres
dans la Yoûte céleste.
le Soleil a disparu pour la vue. Les couches supérieures de Tatmosphère sont encore illuminées, quand la surface du sol est déjà dans l'ombre. Elles réfléchissent vers la Terre une portion de cette lumière, de manière à nous faire passer du jour à la nuit par des gradations insensibles. Telle est la cause du crépuscule du soir. Un phénomène semblable produit l'aurore avant le lever du Soleil. EnBn la durée des crépuscules et des aurores varie suivant les saisons, et suivant les latitudes.
Non-seulement la position apparente des astres est al-
terée par la réfraction de l'atmosphère', mais, pour la même raison, leur forme même s'en trouve modïGée. Cela est surtout vrai pour les disques du Soleil et de la Lune. La réfraction, dont l'intensité est croissante à mesure qu'on s'approche plus de l'horizon, relève davantage les parties inférieures du cercle lumineux, de sorte que l'astre, déjà aplati dans sa moitié supérieure, l'est plus encore dans sa
Pig. 43. — Dérormation du disque solaire par la rifraclioQ.
moitié la plus basse. Le paysage que représente la figure 43 reproduit ce phénomène curieux, que tout le monde d'ailleurs peut observer sur terre comme sur mer, au lever
1 . Des Ubles de correctioa ont M calculées pour les diverses hauteurs; ces tables permetlent de trouver la position vraie d'un point InoÙDeui, quand on en connaît par l'observation la position apparente. Néanmoins, .on évite d'observer trop près de l'horizon, et l'on attend que l'astre, en Tertn de la rotation diurne ait atteint son maximum de baateur, au moment de la culmination ou du passage supérieur tu méridien.
comme au coucher de la Lune et du Soleil. Quelquefois la déformation du disque solaire est loin d'offrir la régularité et la symétrie que montre notre dessin. Les inégalités de densité des couches inférieures de Tair font apparaître alors le disque de l'astre sous les aspects les plus bizarres.
Ajoutons^ pour terminer ce que nous avions à dire de l'enveloppe gazeuse dont notre planète est entourée, que l'atmosphère, en disséminant de tous côtés la lumière du Soleil, interpose entre les astres et la Terre un rideau lumineux qui voile pendant le jour la voûte étoilée. Sans cette lumière diffuse, le ciel, au lieu de cette teinte azurée que nous lui connaissons, présenterait un fond noir sur lequel les étoiles se détacheraient et brilleraient en plein jour.