OuUines of Astronomyj 6* édition, p
S. D'Arrest, Hind, Chacornac.
3. Observée par M. Chacornac. La disparition ne fut décidément constatée que plus de six ans après le maximum d'éclat. Il eût été intéressant de savoir si aux phases d'accroissement a succédé une période de décrois^ sanee, ou si la disparition a été subite.
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circulaires en 1774, ne laissaient plus apercevoir aucune trace de ces enveloppes en 1811. Arago a signalé cet autre fait, qui se rapporte au même ordre de transfoimatibns : «Lacaille, dit-il dans une note de la biographie de W. Herschel, pendant son séjour au Cap, voyait dans la constellation d'Ârgo cinq petites étoiles au milieu d'une nébuleuse dont M. Dunlop, avec de bien meilleurs instruments, n'aperevait point de trace en 1825. y>
Enfin, nous avons vu précédemment qu'il paraît difficile de concilier les observations et les dessins de la nébuleuse d'Orion, dus à plusieurs astronomes contemporains, sans être obligé d'admettre qu'il s'est manifesté des changements réels dans l'éclat des diverses régions de cette ms;gnifique nébuleuse.
La variabilité, la disparition même d'une étoile, s'expliquent à l'aide d'hypothèses satisfaisantes. Il n'en est plus de même pour une nébuleuse, si l'on admet qu'elle soit nécessairement composée d'étoiles distinctes. Ces étranges phénomènes jetteront peut-être un certain jour sur la question si controversée, si obscure encore, de l'existence d'une matière diflTuse. Les variations d'éclat, l'extinction progressive ou même subite de la lumière seraient, en efiet, plus compréhensibles dans des masses de ce genre que dans un groupe d'étoiles distinctes. D'ailleurs la même hypothèse d'une matière nébuleuse proprement dite existant et se mouvant dans l'espace, mais dépourvue de lumière propre, rendrait compte des vaiîartions d'éclat des nébuleuses stellaires, variations si difficiles à expliquer autrement.
Position des deux nuages magellaniques dans le ciel austral. — Structure du Petit Nuage et du Grand Nuage; amas stellaires, étoiles isolées, nébuleuses qu'ils renferment.
Lorsqu'on jette les yeux sur les régions de la voûte céleste qui environnent le pôle austral, on ne peut s'empêcher d'être frappé du contraste que présente leur pauvreté stellaire avec la zone éclatante qui longe la Voie Lactée, d'Orion et du Navire au Centaure, en passant par la Croix du Sud. Une seule étoile de première grandeur, Achernar, d'ailleui*s plus éloignée du pôle que les belles étoiles du Centaure et de la Croix, brille dans cette partie du ciel.
Mais cette circonstance même rend plus saisissant encore l'aspect singulier de deux taches nébuleuses qui semblent deux morceaux détachés de la grande zone galactique. Ces deux nébuleuses, inégales en grandeur et en éclat, mais faciles à voir à l'œil nu par une nuit pure et sans lune, sont situées, l'une, la plus grande et la plus brillante, entre le pôle et Canopus, dans la constellation de la Dorade; Vautre, la plus petite et la moins éclatante, ordinairement invisible pendant les pleines lunes, dans l'Hydre mâle, entre Achernar et le pôle.
Toutes deux sont connues des astronomes et des navi-
gateurs sous les noms de Nuages du Cap , ou encore de Nuées de Magellan. On dit, pour les distinguer : le Grand Nuage [nubecula major) et le Petit Nuage {nubecula minor). On peut voir dans les figures 168 et 169 la forme généralede ces deux nébuleuses.
Les nuées de Magellan se distinguent de toutes les nébuleuses
Fig. 168. — Nuées de Magellan. — Le Petit qUe HOUS aVOnS décri-
"'^'^' tes jusqu'à présent, et
par leurs grandes dimensions apparentes, et par leur composition intérieure. Ce dernier caractère les différencie pareillement de la plupart des branches et des rameaux de la Voie Lactée, avec laquelle d'ailleurs elles ne semblent reliées par aucun appendice de nébulosité.
LeGrand Nuages'étend sur un espace
Fijj. 1G9. — Nuùe^ de Magellan. — Le Grand quï tt'embrasSe pflS
"""'' moins de 42 degrés
carrés; c'est deux cents fois environ la surface apparente
du disque lunaire. Le Petit Nuage occupe une étendue quatre fois moindre que l'autre; selon Humboldt, il est environné « d'une sorte de désert » où brille, il est vrai, le magnifique amas stellaire du Toucan, dont il a été parlé plus haut.
Si l'aspect extérieur de ces deux remarquables nébuleuses et leur situation dans une région céleste pauvre en
Fig. no. — les Nuées de Magellan. — Une portion du Grand Nuage, d'aprèa 1, Herschel.
étoiles , donnent au ciel austral une physionomie toute particulière, leur structure intime en fait véritablement une des merveilles du ciel. Explorées à l'aide d'un puissant télescope par J. Herschel, pendant le séjour de cet illustre observateur au cap de Bonne-Espérance , elles se sont l'une et l'autre décomposées en objets multiples dont la Rgure i70, qui représente une portion du Grand Nuage, peut donner une idée.
Ce sont d'abord un grand nombre d'étoiles isolées, dont l'éclat varie entre la 5* et la H* grandeur. Puis des amas stellaires, les uns de forme irrégulière, les autres, — et c'est le plus grand nombre — affectant une forme globulaire, sphérique ou ovale. Eniin, des nébuleuses, les unes isolées, les autres groupées par deux, par trois, etc., la plupart arrondies et régulières. L'une d'elles, connue sous le nom de nébuleuse de la Dorade, déjà décrite plus haut et représentée dans la planche XXXIII, appartient au Grand Nuage, (c Cette nébuleuse (Humboldt, Cosmos) occupe à peine la cinq centième partie de l'aire du nuage, et déjà sir J. Herschel a déterminé dans cet espace la position de 1 05 étoiles de 1 4®, de 1 5® et de 1 6* grandeur , projetées sur un fond nébuleux dont rien n'altère l'éclat uniforme, et qui a résisté aux plus puissants télescopes. »
Les nébuleuses doubles et multiples y sont aussi beaucoup plus nombreuses que dans les zones du ciel les plus riches en objets de cette nature.
Ainsi, je le répète, la constitution de ces singulières nébulosités paraît tout à fait différente de celle de la Voie Lactée, dont elles se trouvent d'ailleurs assez éloignées. Elles se distinguent aussi des autres nébuleuses connues, et semblent comme des miniatures du ciel entier.
Un mot maintenant de la structure de chacune des deux nuées. Dans le Grand Nuage, Herschel a compté 582 étoiles isolées, parmi lesquelles une seule est de 5* grandeur; six autres sont de l'ordre immédiatement inférieur et seraient sans doute visibles à l'œil nu, si leur lumière n'était effacée par la lueur générale. Puis viennent 291 nébuleuses et 46 amas d'étoiles formant autant de groupes distincts.
Dans le Petit Nuage, les étoiles isolées sont proportionnellement plus nombreuses, puisqu'on en compte 200,
parmi lesquelles 3 sont de 6* grandeur, tandis qu'il renferme seulement 37 nébuleuses et 7 amas stellaires.
Ces immenses agrégations, dont les éléments sont euxmêmes des fourmilières de soleils, nous amènent à la plus grande, en apparence du moins, de toutes les nébuleuses que l'œil contemple dans les profondeurs du ciel, à la Voie Lactée.
Aspect général de la Voie Lactée. — Son parcours à travers les constellatioûs boréales et australes. — Résolution en étoiles et en amas stellaires. Impénétrabilité de certaines régions de la Voie Lactée.
A Texception des nuées de Magellan et de quelques rares amas stellaires, toutes les nébuleuses que nous avons jusqu'ici passées en revue sont invisibles à Tœil nu. L'extrême petitesse de leurs dimensions apparentes contribue à ce résultat, au moins autant que les distances prodigieuses où elles se trouvent du monde solaire, distances qui affaiblissent si considérablement l'éclat des étoiles composantes.
Il n'en est pas ainsi de la Voie Lactée. La lumière de celte immense zone est assez éclatante; son étendue, qui embrasse en longueur une circonférence entière de la voûte étoilée, et sa largeur sont assez considérables pour qu'on la distingue au premier coup d'œil, toutes les fois que le mouvement apparent du ciel l'amène au-dessus de l'horizon. Cette dernière circonstance se présente, il est vrai, toutes les nuits de l'année et sous toutes les latitudes; mais la Voie Lactée est d'autant mieux visible quelle s'élève à une plus grande hauteur, et il est bien évident
qu'il faut, pour la voir ainsi, choisir certaines époques de TaDDée ou certaines heures de la nuit.
L'apparence générale de la Voie Lactée est celle d'une longue traînée nébuleuse, qui suit à très-peu près la circonférence d'un grand cercle de la voûte céleste. De prime abord, on remarque qu'elle se divise en deux branches principales sur près de la moitié de sa longueur entière. Sa largeur est très-variable : tantôt elle se resserre au point de ne plus occuper que six à huit fois le diamètre lunaire ; tantôt elle se répand sur une étendue quatre fois plus grande.
Avant de dire ce qu'on sait de la composition et de la structure de cette immense nébuleuse, attachons-nous à la décrire dans son ensemble, en signalant les principales constellations qu'elle traverse dans l'un et l'autre hémisphère. Nous nous aiderons pour cela des deux planches XXXV et XXXVI, qui la montrent telle qu'on la voit dans les instruments, avec les variations de forme et d'éclat que présentent ses ramifications diverses.
La moitié boréede de la Voie Lactée s'étend depuis l'Aigle et le Serpent jusqu'à la Licorne, à la hauteur et dans le voisinage du baudrier d'Orion. Divisée en deux branches de l'équateur jusqu'au Cygne, elle longe Ataïr, et traverse, outre les premières constellations citées, la Flèche et le Renard. Près du Cygne on aperçoit une place obscure, une sorte de trouée à travers laquelle le regard plonge dans les régions lointaines du ciel, par delà les limites de la zone. Un rameau se dirige vers la Petite-Ourse, dans Céphée, et c'est en cet endroit qu'elle approche le plus du pôle nord de la voûte céleste. Elle s'en éloigne ensuite sous la forme d'une branche unique et étroite qui traverse Cassiopée, passe dans fe Cocher, tout près de la Chèvre, longe la partie orientale des Gémeaux et du Petit-Chien
une circonstance accroît encore la magnificence de la Voie Lactée dans l'hémisplière austral, c'est le voisinage d'une longue zone d'étoiles très-brillantes, que nous avons déjà remarquée en passant en revue les constellations, zone qui part de Sirius, dans le Grand-Chien, pour traverser le Navire, et les belles étoiles de la Croix, du Centaure et du Scorpion. Aussi, selon un observateur anglais, le capitaine Jacob, une personne non prévenue est avertie du lever au-dessus de l'horizon de cette partie du ciel, par l'illumination générale de l'atmosphère, illumination si vive qu'il la compare à la lueur que répand la nouvelle Lune,
Quand on examine la Voie Lactée à l'aide des télescopes, la nébulosité se résout généralement en une multitude d'étoiles très-rapprochées les unes des autres, mais fort irrégulièrement condensées. Les amas stellaires de formes irrégulières y sont surtout très-nombreux : il n'en est pas de même des amas de forme globulaire, qui ne se trouvent guère que dans la partie la plus brillante de la zone australe. « Si quelques régions, dit Humboldt, présentent de grands espaces où la lumière est uniformément répartie, il vient, immédiatement après, d'autres régions où des espaces brillant du plus vif éclat alternent avec des espaces pauvres en étoiles et dessinent sur le ciel des réseaux irrégulièrement lumineux. On trouve même, jusque dans r intérieur de la Voie Lactée, des espaces obscurs où il est impossible de découvrir une seule étoile, fùt-elle de dix-huitième ou de vingtième grandeur. A l'aspect de ces régions absolument vides, on ne saurait se défendre de l'idée que le rayon visuel a pénétré réellement dans l'espace, en traversant l'épaisseur entière de la couche stellaire qui nous environne*. »