‹ Le ciel dans l'eau, poèmes et théâtreChapitre 17 sur 76 · LES PETITES VOILES LATINES · texte numérisé non relu

LES PETITES VOILES LATINES

Mais, le soir, quand la brise expire, Vers la côte^où la mer déchire Sa robe aux promontoires nus, Voilà que les petits navires En silence sont revenus.

Je vois se gonfler des carènes ; Les bateaux qui rayaient à peine Les flots d'un diamant léger, Lourdement, maintenant se traînent, Las déjà du beau voyager...

Voiles aux blancheurs monastiques, O vous dont les rêves mystiques Chantaient aux lyres des haubans, A quels durs labeurs impudiques Vous conduisirent ces forbans ?

LE CIEL DANS l'eACj

Adieu, les îles désirées !...

Les filets aux mailles carrées Pendent, gluants et déchirés.

L'argent visqueux de la marée Gît sur les ponts déshonorés.

Lors, quand ils ont su l'œuvre impie Où l'on menait leur utopie, Quand ils ont vu que sur le port — Ne rêvons plus, voici la vie — Les marchands guettaient leur trésor ;

Laissant soudain, avec leurs toiles, Mourir leurs beaux songes d'étoiles.

Les petits bateaux outragés Ont laissé retomber leurs voiles D'un grand geste découragé...

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