FUMÉES
A H.-R. Lafon mon frère en paresse et coupable nonchaloir.
Fuyant des longues cheminées,
Ivres d'air et de soleil pur,
Les tumultueuses fumées
Sous nos toits longtemps comprimées
Se précipitent dans l'azur.
Leur désir fol et chimérique Est si grand d'atteindre au ciel bleu Qu'en haut des grands tuyaux de brique C'est un fougueux, c'est un lyrique, Un superbe sauve-qui-peut !
Et, pourtant, elles ont à peine Roulé dans l'éther un moment Oue la grand'route icarienne Leur a paru bien incertaine Et bien lointain le firmament.
Alors, pour les basses prairies Quittant l'idéal haut et fier.
Le Rêve pour les rêveries, En de stériles flâneries Elles s'éparpillent dans l'air,
Et, malgré l'appel dans les cimes Des petits nuages d'argent.
Sur nos toits, nos villes infimes.
Ces rêveuses d'amours sublimes.
Vont partout se désagrégeant.