PETITS LAPINS
Aussi gros que des œufs de poules, Les tout petits lapins en foules S'en vont roulant comme des boules
Autour, autour...
De la vieille mère Gigogne, La lapine qui se renfrogne Au fond des coins privés de jour, Les coins très noirs où l'on se cogne.
On dirait que leurs yeux qu'ils dardent, En restant toujours sur leurs gardes, Avec *des perles vous regardent,
Sans vous quitter.
Cependant que leurs deux oreilles, A de larges feuilles pareilles.
Qu'un vent de peur fait s'agiter. Leurs deux oreilles vous surveillent !
« Petits lapins sous les verrous, (( Pourquoi vos âmes, dites-nous, « Ont l'air toujours d'être à genoux
« Dans la bruyère ?
« Si bien qu'on ne sait plus ainsi, (( Si vous mangez vos choux, ou si « Vous grignotez une prière « Le cœur plein d'un dévot souci? »
Alors, les tout petits lapins.
Si jolis qu'on les dirait peints '
Par les plus célestes rapins
De la planète, Les tout petits lapins dodus.
Rassurés quand j'ai prétendu Que je n'étais qu'un doux poète, Tous les lapins m'ont répondu :