DÉSILLUSIONS
Celle qu'en vous j'aimais — impossible, étrangère, — Femme qu'embellissait un fier éloignement A dans un seul instant cessé de m'être chère. J'ai lu dans un regard votre consentement...
Que n'alliez-vous toujours nonchalamment altière ? Mes rêves obstinés vous suivaient pas à pas. Mais vous avez, hélas 1 entendu ma prière : Vous voilà. Maintenant je ne vous aime pas !
Celle qu'en vous j'aimais, sur sa nuque flexible Portait l'immensité de mon lointain désir. Mais je hais mon désir, s'il n'est-plus impossible, Mon rêve est odieux, si je le puis saisir.
J'aimais — Dieu sait combien — votre image qui passi L'éparpillement fou de vos cheveux dorés, t Votre image à présent — vos cheveux — tout me lasse Dans une heure, ce soir, demain, je les aurai !
J'ai follement aimé — l'oubli déjà se lève — L'idole inaccessible. — Or vous avez, ce soir, En le réalisant, tué mon pauvre rêve... J'aimais — car je croyais mon amour sans espoir.
L'éloighement n'a plus ses trop complaisants voiles — Vos yeux m'étaient si chers qui regardaient là-bas! Les yeux se rapprochant ne sont plus des étoiles... Je les ai dans les miens ; je ne les aime pas.
Vainement votre bouche en baisers se dépense : Comme je l'aimerais me jetant le refus ! Le désir vit d'espoir et non de récompense : Vous êtes dans mes bras, je ne vous aime plus.