FORME EXTEHJELHE DES CORPS CÉLESTES
Forme du soleil et des planètes. — Tout le monde sait que le soleil, les planètes et les satellites sont sphéroïdaux. Des instruments d'optique plus perfectionnés permettraient sans doute d'étendre ce caractère aux étoiles que leur distance fait apparaitre
comme de simples points mathématiques et aux corps qui gravitent probablement autour d'elles.
Forme des météorites. — Par un contraste frappant, les météorites présentent des formes fragmentaires et tout à fait ir régulières. Nous verrons plus loin comment ces formes concordent avec l'origine qu'il convient d'assigner à ces corps célestes ; mais il faut bien remarquer que cette irrégularité n'est pas particulière aux échantillons qui tombent sur le sol, et qu'elle est également le propre des masses cosmiques dont ces échantillons ne sont souvent que des reluis. Lii certitude est acquise en effet que dans certains cas le corps attiré est parvenu tout entier à la surface de la terre : c'est , pour ne citer qu'un exemple, ce qui a eu lieu le 0 juin 1 867, à Tadjera, près de Sélif, en Algérie, où, an dire des témoins, une météorite creusa sur le sol un sillon d'un kilomètre environ de longueur.
Il parait bien, du reste, que cette forme fragmentaire ou polyédrique appartient aussi aux planètes télescopiques qui peuplent en si grand nombre le vaste espace compris entre les orbites de Murs et de Jupiter. Les brusques changements d'éclat que présentent plusieurs de ces astéroïdes paraissent, en effet, ne pouvoir s'expliquer qu'en admettant qu'ils tournent successivement vers nous des faces fort
inégales, les unes larges, les autres très-atténuées comme seraient îles pointes.
Nous reviendrons sur ces curieux caractères, pour chercher à quelle cause on peut les attribuer.
Forme des anneaux tle Saturne et de la lumière zodiacale. — Les anneaux de Saturne et la lumière zodiacale se rapprochent mutuellement par leur forme, qui ne se retrouve t en aucun autre membre du système. 1! parait d'ailleurs que, malgré leur analogie d'aspect, ces corps célestes diffèrent beaucoup entre eux quant à leur constitution.
Forme des comètes el des éloiles filantes. — Les comètes, qu'on doit considérer comme appartenant, au moins temporairement, à notre système, puisque le soleil influe d'une manière décisive sur leur trajectoire, se rapprochent un peu des nébuleuses, dont il va cire question , par la variabilité de leurs formes et de leur aspect. Cependant, elles en diffèrent essentiellement par leur mouvement au travers des constellations et par la mobilité de la matière dont elles sont formées. Un les voit souvent changer do forme en très-peu de temps, et on en a vu même se diviser en portions restées tout à fait distinctes : maïs outre que certains de ces phénomènes ne sont peut-être que des apparences, comme on le reconnaîtra dans la suite, ils rentrent dans un ordre d'idées que
nous no sommes point dos maintenant prépares à aborder.
L'n fait qui paraît aujourd'hui bien établi et que Cbladni avait soupçonné dos 1819', c'est l'identité do substance onlro les comètes et les étoiles filantes. Les noms do MM. Schiapparelli 3 , Adams et Le Verrier 1 sont intimement unis dans la démonstration de ce fuit, que le.s étoiles filantes résultent de la désagrégation de comètes, et pour ainsi dire de l'égrènemcnt de celles-ci tout le long de leur orbite, et qu'elles constituent autour du soleil des anneaux plus ou moins continus que la route suivie par la terre coupe en certains points déterminés. Quant à la forme de ces étoiles filantes, clic parait être celle' de bulles gazeuses; mais la rapidité do leur course jointe à leur éphémère durée a empêché jusqu'ici de saisir les caractères spéciaux que cette forme peut présenter.
Forme îles nébuleuses. — Les nébuleuses (et nous ne parlons que des nébuleuses irrésolubles, qui sans doute sont des systèmes solaires en voie de formation) offrent une apparente irrégularité de forme
' Vtkr fanr Union W ul*r die ml dauli** htntgeffdiatH Mtuia, von Cnrl FritJrirli Clilulni; Vienne.
> Compits rcn.hu hUamadàm du siaucti Je Fjeadimie dn uiinta,tte., I.LïiV, p. iOB.
1 OSé., l. LXtV, p. SI.
des plus remarquables. Toutefois, divers faits bien connus, étudiés d'abord par Hersçhel, montrent que la force universelle de la gravitation se fait sentir sur elles. Beaucoup sont sphéroïdales comme celle du Verseau ; d'autres, au nombre desquelles figure la nébuleuse portée aux catalogues sous le signe 18 H. IV, sont en spirale; il y en a d'annulaires, comme celle delà Lyre; etc. Maïs un certain nombre de ces astres : le Battant de cloebe, la nébuleuse d'Orion, celle d'Andromède, etc., n'ont pas de forme symétrique ou déterminée.
En résumé, le plus grand nombre des. corps célestes sont globulaires. Parmi ceux qui ne le sont pas, les uns, comme les comètes et les nébuleuses, paraissent tendre à le devenir; et les autres, comme les météorites et les astéroïdes , semblent avoir cessé de l'être.