‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 146 sur 390 · ORBITES DES · texte numérisé non relu

ORBITES DES

COMEÈTES

FIG. 111.— ORBITES de comètes PÉRIODIQUES. La plus longue (Halley) et la plus courte (Encke).

La trajectoire est alors une branche d'une courbe constituée de deux portions allant à l'infini séparément et qu'on appelle une hyperbole.

Quand un noyau cométaire entre dans le système solaire, il est donc caplé par l'attraction de l’astre et décrit, en principe, une ellipse ou une parabole. Mais, dans notre système, l’attraction du Soleil n'est pas la seule; il y a encore celle des grosses planètes : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune.

Si l’on représente par 1 la masse de la Terre, celle du Soleil est représentée par 324000; mais celle de l’ensemble des planètes du système sera représentée par le nombre 440, dans lequel Jupiter, à lui seul, figure pour le chiffre 311. La masse planétaire totale est donc la S00€ partie de la masse du Soleil. Elle est, dès lors, suffisante pour produire, sur l'orbite d'une comète entrée dans le système solaire, des perturbations appréciables.

Et, de fait, elle les produit, et ces perturbations ont pour eflet de changer la périodicité des retours des comètes. La comète de Halley, par exemple, dont on a tant parlé en 1910, a eu des périodes de 76 ans et 62 jours, 75 ans et 320 jours, 76 ans et 160 jours, 76 ans et 248 jours.

La planète Jupiter, la plus grosse du système solaire, balaïe, pendant sa révolution, une véritable « couronne circulaire » dont les limites s'étendent de 4,9 à 5,5 unités astronomiques, et cela en raison de son excentricité. Son action attirante a donc du se faire sentir, surtout au cours de l'accumulation des siècles, sur des comètes qui, sanselle, auraient à peine dépassé l'orbite de Mars. Cette action est manifeste sur seize comètes, toutes de sens direct, qui constituent ce que l’on appelle, quelquefois, la « famille de Jupiter ».

On peut, d'après l'étude de la portion de trajectoire d’une comète, susceptible d’être observée lors de son passage dans le système solaire, déduire ses « éléments elliptiques ». Mais, comme le montre la figure, au voisinage d'un sommet où les trois courbes sont tangentes, il est bien difficile de distinguer une ellipse allongée d’une parabole ou celle-ci d’une hyperbole.

Evidemment, l'existence bien constatée de ces perturbations permet de dire que des comètes, aujourd’hui à trajectoire elliptique, et par conséquent périodiques, ne l'ont pas toujours été et le sont devenues par l’action attractive des planètes qu'elles ont cotoyées.

Une comète venant de très loin, d'un autre « monde », peut donc être « captée » par notre système solaire.

Mais le phénomène inverse pourrait se produire également; l'orbite nettement elliptique d’une comète peut être modifiée par le voisinage d'une grosse planète qui la rende hyperbolique et renvoie ainsi la comète errer au loin vers des mondes différents. Ainsi cela s'est-il passé pour la comète de Lexell qui a traversé notre monde solaire en 1770 avec une orbite bien elliptique, une périodicité de 5 ans 1/2, et qui, dérangée par Jupiter, a pris une trajectoire hyperbolique et parait s'être éloignée de notre système solaire.

Les travaux récents d M. Fabry,de l’observat toute hypothèse de tra

plusieurs astronomes, entre autres de * Marseille, tendraient à faire rejeter hyperbolique: et alors, toutes les

comètes décrivant des ellipses dont quelques-unes sont allongées «à l'infini» feraient partie intégrante du système solaire, sans qu'il fût besoin de faire intervenir, pour expliquer leur présence, le moindre phénomèéne de capture.

Toutefois, on ne peut rejeter « en principe » l'intervention du phénomène de la capture.

Nous verrons, en étudiant les étoiles, que, d'après le professeur Kapteyn, de Groningue, tous les astres du ciel, toutes les étoiles, se divisent en deux grands « courants », auxquels Schiaparelli en adjoint un troisième dont fait partie notre Soleil lui-méme. Si le noyau cométaire provient d’un de ces deux courants, sa grande vitesse lui imprime un mouvement hyperbolique; s’il provient, au contraire, d’un corps faisant partie du troisième courant auquel appartient notre Soleil, sa vitesse moindre lui imprime une vitesse simplement parabolique; et, alors, il sera possible qu'une fois entré dans le système solaire, l'attraction d’une ou de plusieurs des grosses planètes transforme sa trajectoire à branches infinies en une trajectoire elliptique fermée.

Nous donnons ci-dessous un tableau des principales comètes périodiques observées.

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