‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 250 sur 390 · LA NAVIGATION · texte numérisé non relu

LA NAVIGATION

ou du Soleil, puisque c’est le moment où la hauteur de l’astre au-dessus de l'horizon cesse de croître pour décroitre ensuite.

On observe donc cette hauteur, on en prend le complément par rapport à 90 degrés, ce qui donne sa distance zénithale ; on cherche dans les tables la valeur de la déclinaison de l’astre : de cette valeur on retranche la distance zénithale, et l'on a ainsi la latitude du lieu.

Le plus souvent l'étoile observée est le Soleil ; alors on cherche dans les tables spéciales la valeur de sa déclinaison pour le jour et l'heure de l'observation ; comme on observe la hauteur du bord du Soleil, on la corrige de la moitié de son diamètre apparent, afin d'avoir la hauteur du centre de l'astre ; enfin on fait la correction de la réfraction atmosphérique et de la parallaxe.

Ces diverses corrections se trouvent toutes calculées dans des « éphémérides nautiques ».

Il reste à dire comment on mesure, à la mer, la hauteur du Soleil au-dessus de l'horizon.

Cette hauteur se détermine à l'aide du sertant.

On ne saurait, en eflet, employer sur un navire, essentiellement instable, un théodolite, dont le cercle azimutal doit toujours rester horizontal.

Le sextant est basé sur une propriété des miroirs plans, propriété qui fait que si un miroir, recevant un rayon incident fixe, tourne d’un certain angle, le rayon réfléchi tourne d’un angle double.

Cela posé, le sertant se compose d'un arc gradué de soirante degrés (d'où son nom de sextant), porté par deux rayons fixes À O et B O (/ig. 154). Un rayon mobile ou alidade O D, terminé par un vernier qui se déplace sur l'arc divisé et permet d'en apprécier les fractions, porte à son autre extrémité un miroir M perpendiculaire au plan de l'instrument : c'est le grand miroir. Le rayon fixe O B porte, à quelque distance du centre, un miroir de verre m perpendiculaire au plan du sextant et argenté seulement sur la moitié de sa hauteur, celle qui touche l'instrument : c’est le petit miroir. Les deux miroirs sont placés de telle façon que leurs plans sont parallèles quand l’alidade coincide avec le rayon O A. Enfin, sur ce rayon O A est fixée une petite lunette dont l'axe optique rencontre le petit miroir sous la même inclinaison que la ligne C O qui joint les centres des deux miroirs.

Supposons qu'un rayon lumineux arrive dans une direction fixe C O sur le grand miroir M: si le miroir tourne d'un angle z, le rayon réfléchi OS tournera d’un angle double, 2 +.

Plaçons l'alidade sur le rayon O A et dirigeons la lunette sur un objet éloignés : nous verrons cet objet, directement d'abord, à travers la partie non argentée du petit miroir m; nous le verrons ensuite par double réflexion sur le grand miroir M d'abord et sur la partie argentée du petit miroir m ensuite. Nous verrons alors dans la lunette deux images superposées.

Maintenant, admettons que tandis que nous tenons la lunette dirigée vers le point S, un second point lumineux S',coincidant d'abord avecle premier, vienne à s'en éloigner. Aussitôt l'image de S' disparait. Si nous voulons la ramener sur celle de $, il nous faudra tourner l'alidade de manière que le ravon venu de S'et réfléchi sur le grand miroir reprenne la direction OC; c'est-à-dire qu'il faut tourner l'alidade d’un angle égal à la moitié de l'angle décrit par le rayon S'O.

Quand il s'agit de mesurer la distance angulaire de deux points éloignés S et S', on dirige la lunette vers le point S ; on

FIG. 153. — DÉCLINAISON et DISTANCE ZÉNITHALE d'une étoile.

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