‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 333 sur 390 · L'AIR · texte numérisé non relu

L'AIR

de poussières, Soit minérales, soit organiques:; la vue d'un rayon de lumière pénétrant dans une chambre obscure est précisément rendue possible par le fait qu il illumine toutes ces poussicres que l'on voit danser sur son 1 TOP petites pour étre vues directement, ces poussières ne sont ainsi rendues visibles que parce qu'elles diffusent dans toutes les directions la lumière qui vient les frapper. Au nombre de ces poussières sont les nombreux microbes qui flottent dans l'atmosphère que nous respirons:

le bacillus anthracis, le vibrion septique, le bacillus typhasus, le micrococcus de la pneumonie et même le terrible bacille virgule, et d'autres encore. En outre, il y a les déchets animaux et

passage.

DIFFUSION de la lumière par les grains de POUSSIERE flottant dans l'air.

vegetaux, des poils, des filaments textiles, des déchets arrachés aux fleurs. Il y a des poussières minérales, constituées par des fragments de feldspath,decalcaire,de gypse; souvent les cendres deséruptions volcaniques se maintiennent à plusieurs kilomètres en l'air et y demeurent parfois plusieurs années : les cendres de l'éruption du Krakatoa, en 1883, ont pu ainsi faire plusieurs fois le tour du monde. Enfin, il y a les molécules des gaz qui forment l'atmosphère.

On sait, en effet, aujourd'hui, que les gaz sont formés de molécules très petites, se mouvant, se heurtant, se choquant dans tous les sens : ce sont les ensembles de ces chocs molécu laires qui constituent justement la pression que les gaz exer cent sur les parois des récipients qui les enferment. On à pu déterminer par le calcul, à la suite d'expériences remarquables dont l'exposé sortirait du cadre de ce livre, le diamètre de la molécule d'azote : on l’a trouvé égal, en chiffres ronds, à un

Les POUSSIERES de l'air vues au microscope (£rossissement Lot

MOLECULES" DEV L'ATR

Observat. de L. KRudaux

ILLUMINATION CRÉPUSCULAIRE du ciel apres le coucher du Soleil, observée fréquemment à la suite de l'éruption de la montagne Pelée, en 1902.

trois millionième de millimètre, et l'intervalle moyen entre deux molécules est de 100 à 150 fois leur diamètre. Il y en a 30 milliards de trillions dans un volume d'un mètre cube! Ainsi, indépendamment des poussières matérielles qui flottent dans ses couches inférieures, l'atmosphère est remplie de corpuscules en suspension qui sont les molécules de ses gaz

L'OBSERVATOIRE DU PIC DU MIDI en éte : Placé sur une haute montagne, cet observatoire est moins soumis aux actions troublantes des couches inférieures de l'atmosshere

I ; RVATOIRE DU PIC DU MIDI en hiver.

Phot. L. Rudaux

Phot. L. Rudaux

L'ASPECT DES MONTAGNES, avec des plans successifs et différenciés par l'INÉGALE ÉPAISSEUR des couches d'air que les rayons lumineux ont a traverser.

constitutifs. Or, quand la lumière nous arrive du Soleil, lumière ‘ blanche » composée d'une infinité de radiations simples dont le spectre solaire nous montre la succession, elle est diffusée par le nombre infini de particules qu'elle rencontre dans l’atmosphère. Les radiations qui composent la lumière blanche sont autant de petites vagues dont la « longueur d'onde »

varie: plus courte pour les rayons violets, elle ] est plus longue pour les rayons rouges.

La diffusion opérée sur les particules en suspension sera d'autant plus forte que la radiation diffusée est plus courte, c’est-à-dire plus voisine du violet et du bleu. Ce sont donc les particules les plus petites, c'est-à-dire les molécules gazeuses, qui sont en plus grand nombre, qui diffuseront la plus grande partie des rayons bleus : de là la coloration bleue apparente du ciel, surtout au zénith.

C'est grâce à cette diffusion que le bleu du ciel donne une luminosité générale à la voute céleste pendant le jour. Sans cela nous ne serions éclairés que dans les parties du sol frappées directement par les rayons du Soleil et l’espace, c’est-à-dire que le ciel nous paraitrait absolument noir, tandis que, gràäce à la diffusion de la lumière solaire par les particules en suspension, cette lumière se répand, ainsi diffusée, dans toute l'atmosphère, à laquelle elle communique, en même temps que sa couleur bleue, cet « éclat du jour » bien caractéristique. A l'appui de cette assertion, il est bon de remarquer que le ciel devient de plus en plus foncé à mesure qu'on s'élève plus haut, dans les ascensions aérostatiques, par exemple.

(Voir les deux photographies, P- 2e

Au voisinage de l'horizon, la lumière est obligée de traverser une épaisseur considérable d'air, surtout ses couches inférieures, qui con- | tiennent en suspension, non pas seulement

les molécules de gaz de l'atmosphère, mais les poussières matérielles de dimensions beaucoup plus fortes : alors les radiations de plus grande longueur d'onde, le jaune, le rouge sont difa fusés, et de là vient la couleur orangée et pourpre du ciel à l'horizon, principalement au

lever et au coucher du Soleil.

Enfin, quand la vapeur d'eau est condensée : en gouttelettes, comme celles-ci ont un dia mètre de 1/50 à 1/100 de millimètre, toutes les - radiations sont diffusées à la fois; le ciel prend alors un aspect blanc laiteux, caractéristique du « temps couvert ». Il est à remarquer que l'abondance de la vapeur d'eau dans les couches inférieures de l'atmosphère y absorbe les rayons ultra-violets de la lumière solaire. Au

Phot. L, Rudaux.

Phut. L. Rudnux

La RÉEFRACTION atmosphérique. DÉFORMATIONS du disque solaire au voisinage de l'horizon

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