‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 83 sur 390 · CHALEUR · texte numérisé non relu

CHALEUR

par gramme de matière cosmique ainsi tombée sur le Soleil, et cette conception n'est pas absurde, puisque des météorites rencontrent la Ferre elle-même.

loutetois, cette théorie n'est pas enticrement admissible.

La masse du Soleil, en eflet, augmenterait sans cesse par cet apport continuel de matière; son attraction aurait donc augmenté dans le méme rapport, et cet accroissement dans l'attraction solaire aurait déjà düù faire varier de près de frois secondes la durée de nos années, ce dont nous nous serions aperçus.

Si, donc, la chute des météorites contribue pour une part à l'entretien de la chaleur solaire, cette part est faible, et il faut chercher ailleurs un complément d'explication.

Ce complément, le physicien allemand Helmholtz croyait l'avoir trouvé dans la contraction du Soleil sur lui-même. Sous l'effet de la gravitation qu'engendre sa masse, le Soleil se contracte, et de cette contraction doit résulter un dégagement de chaleur qu'il est possible de calculer.

On trouve, en eflet, que pour produire, du fait de sa contraction, toute la quantité de chaleur qu'il émet actuellement, il suffirait que le Soleil se contractät de 39 mètres par an. Cette contraction ne réduirait son diamètre apparent que d'une seconde d'arc en dix-huit mille ans, et le changement de dimensions de l’astre ne serait ainsi appréciable qu'au bout de plusieurs siècles, même en employant les plus précis de nos instruments de mesure.

Cette théorie satisfait assez bien aux conditions du présent. Pour l'avenir, elle promet à la vie de la Terre une durée de six millions d'années, ce dont nous pouvons certainement nous contenter, nous et nos descendants directs.

Mais elle est insuffisante pour le passé, car, si on l'applique à l'évaluation des époques écoulées, on trouve que le Soleil n'aurait pas plus de dix millions d'années d'existence.

Or, les études des géologues montrent que les couches successives dont est faite l'écorce terrestre, et dans lesquelles on trouve des débris fossiles, ont exigé pour se former au moins cent millions d'années: la formation des dépôts précambriens a dû en exiger, certainement, au moins autant, et d'autres considérations sur lesquelles nous aurons à revenir plus longuement en étudiant le globe terrestre assignent à l'«âge de la Terre » une durée comprise entre mille et deux mille millions d'années.

Il est donc nécessaire de chercher une autre explication de l'entretien de la chaleursolaire:les physiciens modernes croient, avec quelques chances de raison, l'avoir trouvée dans les phé-

Image combinée de la surface du Soleil et des protubérances obtenues, le 22 mai 1916, avec la ligne K du calcium. (Spectrohéliographie du Mont Wilson.)

nomènes de la radioactivité, dont la découverte géniale, faite en 1896, immortalise le nom de Henri

Becquerel, unedes gloires de la science française et de notre Ecole polytechnique.

On sait que 1 gramme de radium émet un peu plus de 100 calories par heure, ce qui correspond à peu près à 1 million de calories au cours d'une année. Si donc on admet simplement que chaque kilogramme de matiere dont est formé le Soleil renferme 2 milligrammes de radium. on pourrait Henri BECQUEREL (1852-1908), l'auteur de la découverte de la radioactivité

l'entretien de la chaleur solaire pendant des périodes extrèémement

expliquer

longues. Il importe, toutefois, d'ajouter que, jusqu'à présent du moins, l'analyse spectrale n'a jamais décelé la moindre trace de radium dans le Soleil. Il est juste d'ajouter, par contre, qu'elle y révèle la présence de l'hélium; c’est mème de cette façon que l'hélium a, d'abord, été découvert.

Or, l'hélium est un des produits de la désagrégation spontanée de l’atome de radium; si donc on trouve de l'hélium dans le Soleil, il est probable qu'il S'Y trouve également des éléments radioactifs.

Une des consequences de cette théorie est que le ravonnement solaire doit comporter comme corollaire, d'après les travaux de l’astronome français Bosler, une diminution de la masse de l'astre. Cette diminution est tout à fait insensible pour nous.

Toutefois, l'une des théories les plus satisfaisantes de l’entretien de l'énergie solaire a été donnée par le physicien suédois Syvante Arrhenius.

Nous aurons l'occasion de reparler de la belle conception de l'illustre savant quand nous exposerons l'origine et la formation du système solaire. Mais dès maintenant, en ce qui concerne le Soleil, nous pouvons indiquer les grandes lignes de cette hypothèse magistrale.

On sait qu'aux températures élevées les corps simples peu vent eflectuer entre eux des combinaisons impossibles à réaliser aux températures ordinaires.

Ainsi, sous l’action de la haute température de l'arc électrique, l'oxygène et l'azote entrent directement en combinaison l'un avec l’autre, en absorbant de la chaleur, en formant, suiendother mique »; l'acétylène se forme de même, par l'union directe du

vant le langage des chimistes, une combinaison

carbone et de l'hydrogène, sous la haute température de l'arc; nous pourrions multiplier les exemples.

Ce qui caractérise ces composés «endothermiques tormés avec l'absorption de chaleur, c'est que, lorsqu'ils se décompo sent, ils dégagent exactement la quantité de chaleur qu'ils ont dû absorber pour se former. La pression, quand elle augmente, favorise également la formation de composés qui ne se seraient pas formés à la pression ordinaire.

On conçoit donc qu'au centre du Soleil, où doit régner un température de six millions de degrés conjointement à un pression de deux milliards d'atmosphères, des composés endo thermiques spéciaux puissent ainsi prendre naissance, com posés dont la formation a nécessité l'absorption de quantités colossales de chaleur, Quand ces composés, formés au centre de l'astre, sont amenés à sa surface par ces mouvements de con vection, dont les taches et les protubérances nous manifestent se décomposent en déva

le mécanisme, ils reant, en res/i

l'énorme quantité de chaleur qu'avait exigée leur formation ce sont de véritables «explosifs » auprès desquels, suivant les paroles mêmes d'Arrhenius, la dynamite et les picrates 1

sont que jouets d'enfants

C'est l'énorme puissance de ces explosifs qui explique la violence des éruptions solaires et les vitesses colossales que présentent les mouvements des protubérances de l'asti D

lors, l'énergie que renferme le Soleil, par suite de la format

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