‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 123 sur 214 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

LES Etoiles

Parmi les météorites qui viennent de temps à autre, par le hasard des rencontres, frôler notre atmosphère, y faire explosion et jeter sur le sol des débris de leurs masses, il en est, nous l'avons vu, qui ont une origine étrangère au monde solaire. Ces visiteurs de notre système, échappés aux profondeurs des espaces intersidéraux, sont généralement animés, au moment de leur passage dans le voisinage de la Terre etdu Soleil, d'une vitesse considérable. Imaginons, pour nous faire une idée de l'immensité du voyage accompli par l'un d'eux, que ce corps l'ait effectué tout entier avec la vitesse maximum, et prenons pour moyenne de cette vitesse le double de celle de la Terre, soit environ 60 kilomètres par seconde. Dans ces conditions, cherchons depuis quand la météorite en question a quitté les régions stellaires d'où elle est partie; depuis quand, par exemple, dure sa dernière étape, celle qui

s'étend entre notre monde solaire et la moins éloignée des étoiles connues. Le calcul donne au minimum 16000 ans! En vérité, le voyage a duré beaucoup plus longtemps, la vitesse moyenne du corpuscule céleste ayant presque toujours été bien au-dessous de la vitesse supposée. Mais l'exemple choisi suffît pour donner une idée de l'immensité de l'espace que nous allons avoir à franchir, si, du monde solaire ou planétaire, nous passons à l'exploration de l'univers sidéral.

En abordant les régions lointaines du ciel, où brillent les étoiles, il faut donc avoir sans cesse présente à l'esprit cette idée, que jusqu'à présent notre exploration s'est accomplie à l'intérieur d'une région de l'espace très-limitée, très-voisine de la Terre, très-accessible dès lors aux investigations télescopiques. Grâce à cette proximité relative, l'étude des corps célestes de notre système a pu fournir les renseignements les plus précis sur chacun d'eux, sur leur forme, leurs dimensions, les détails physiques de leurs surfaces. Mais la distance des étoiles est si considérable, que des détails aussi circonstanciés sur chacune d'elles ne sont plus possibles : les instruments d'optique sont impuissants à percer de telles profondeurs. Toutefois, les connaissances acquises en astronomie sidérale sont loin de le céder en intérêt à celles de l'astronomie solaire. Ce n'est plus d'ailleurs un coin isolé de l'univers, mais l'univers même dans son ensemble qui peu à peu va se révéler à nous ; c'est sa structure générale, son étendue, la composition et la distribution des groupes d'astres dont il est formé. Les résultats obtenus depuis deux siècles dans cet ordre de recherches ont déjà conduit aux plus hautes spéculations, et si la richesse et la variété des détails font parfois défaut dans cette branche de la science, une telle lacune se trouve largement compensée par l'imposante grandeur et la majesté de l'ensemble.

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