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ÉTOILES NOUVELLES, CHANGEANTES, DISPARUES

Ati point où nous en sommes arrivés de notre description, nous ne savons rien de la nature physique des étoiles, si ce n'est que ce sont des astres bi'illant d'une lumière qui leur est propre. Nous connaissons bien les distances de quelquesunes d'entre elles, les limites inférieures des distances des autres, nous savons qu'elles se meuvent dans les profondeurs de l'éthcr avec des vitesses égales ou même supérieures à celles des corps célestes de notre monde planétaire. Mais nous ignorons si ces soleils lointains sont ou non d'une constitution physique et chimique semblable à celle du Soleil, et si nous voulons arriver à quelques notions sur ce point intéressant, nous n'avons pour les interroger, vu leurs prodigieuses distances et l'impuissance relative des télescopes, qu'un seul élément, mais un élément précieux : leur lumière.

Pendant longtemps, tout ce qu'on a pu tirer d'une étude suivie des lumières stellaires, c'est, outre une classification approchée des étoiles selon leur éclat lumineux, quelques données sur la couleur de leur lumière. Cependant les astronomes, habitués à considérer les groupes ou constellations et les diverses étoiles dont elles sont formées, ont aussi, depuis

les temps les plus anciens, remarqué parmi quelques étoiles des variations d'éclat, signalé l'apparition subite d'étoiles jusqu'alors inconnues, et les disparitions de quelques autres. Les modernes ont fait plus; ils ont reconnu que ces variations sont assujetties parfois à des périodes régulières et ils en ont mesuré avec soin les durées.

Entrons dans quelques détails sur ces divers points.

On rapporte qu'on voyait jadis à l'oeil nu, dans les Pléiades, une septième étoile^ qui, ayant paru avant l'embrasement de Troie, puis s'étant effacce, a reparu de nouveau, pour devenir enfin invisible. Cassini cite plusieurs étoiles nouvelles : l'une, au rapport de Pline, fut observée par Hipparque 1 25 ans avant l'ère vulgaire; mais il paraît certain qu'elle avait un mouvement propre sensible, et que dès lors ce fut sans doute une comète ; une autre parut au temps de l'empereur Hadfien ; une troisième apparut dans l'Aigle l'an 389 de notre ère, devint aussi brillante que Vénus et dura ainsi trois semaines. Au neuvième siècle, une étoile se montra subitement dans le Scorpion; elle était si éclatante, qu'elle répandait, dit-on, autant de lumière que le quart du disque de la Lune. Enfin, en 945, en 1264, à peu près au même endroit du ciel entre Cassiopée et Céphée, on vit apparaître deux étoiles jusqu'alors inconnues^ Les étoiles de 1572, de 1600 et de 1604, qui

1. «Il est certain, dit Gassini, que quoique Homère, Attalus ctGeminus n'en comptent que six, Simonides, M. Varron, Pline, Aratus, Hipparque et Ptolémée dans le texte grec, les mettent au nombre de sept, ce qui a été suivi de la plupart des astronomes, d'où l'on peut conjecturer que la septième a paru nouvelle à quelques-uns, à cause qu'elle ne se peut discerner que par les personnes qui ont la vue excellente. « Cette dernière réflexion de Gassini nous semble d'autant plus juste, qu'on sait aujourd'hui que plusieurs des Pléiades sont variables, et que des vues perçantes comme celles du docteur Heis distinguent à l'œil nu, dans le groupe, non pas seulement sept, mais dix étoiles.

2. Les catalogues chinois signalent aussi plusieurs apparitions extraordinaires d'étoiles nouvelles. Les chroniques du moyen âge parlent d'une étoile d'un éclat éblouissant qui parut en 1012 dans le Bélier.

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