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SATELLITES

Couleur, pourpre, olive-cendré, bleu de ciel, jaune-vert foncé, olive-cendré, jaune d'or foncé, pourpre clair, bleu clair, jaune d'or foncé, bleue, jaune, pourpre, rougeâtre.

bleue, jaune.

Toutes les nuances possibles, je l'ai déjà dit, se rencontrent dans les étoiles doubles colorées. Le blanc s'y trouve associé avec le rouge clair ou sombre, pourpre, rubis, vermeil. Là, c'est une étoile verte avec une étoile rouge de sang foncé, un soleil principal orangé accompagné d'un soleil pourpre, bleuindigo. L'étoile tripleyd' Andromède est formée d'un soleil rouge orangé, accompagné de deux autres soleils dont la lumière est couleur vert d'émeraude, selon certains observateurs, dont l'un est jaune pâle et l'autre bleu, selon d'autres. Nous avons aussi noté, dans les catalogues d'Herschel, plusieurs étoiles triples colorées. Dans l'une de ces associations stellaires, la principale est rouge et les deux composantes sont bleues ; dans une autre, la première est blancbe avec deux satellites rouges, ou blancbe avec deux satellites, l'un rouge, l'autre blanc.

Deux étoiles que nous avons citées déjà pour leurs distances et pour la durée de leurs révolutions, la 61° du Cygne et a du Centaure, ont chacune pour composantes deux soleils jaune orangé.

La planche XXXIV donnera une idée de ces associations de couleurs. J'y ai joint, d'après John Herschel, un groupe extrêmement remarquable, situé dans la Croix du Sud, près de l'étoile ■/.. Il se compose de cent dix étoiles, dont sept seulement dépassent la dixième grandeur. Parmi les principales, deux sont rouges et rouge vermeil, une est d'un bleu verdâtre, deux sont vertes et trois autres sont d'un vert pâle. C'est un objet très-brillant et d'une grande beauté. « Les étoiles qui le composent, vues dans un télescope d'une ouverture assez grande pour distinguer les couleurs, font l'effet, dit Herschel, d'un écrin de pierres précieuses polychromes ^ . »

1. Aslronomical observations al the cape of good Hope, p. 17. On trouve dans le XXXIIP volume des Monthly notices, un dessin du groupe de x Croix, de M. W. G. Russell, où les couleurs des étoiles sont quelque peu différentes de celles qu'a indiquées J. Herschel.

J'ai dit plus haut qu'il fallait distinguer la couleur propre des étoiles, couleur constante, des variations instantanées et souvent renouvelées que produit la scintillation. Cependant, cette constance de couleur n'est pas absolue. Il paraît certain qu'à la longue certaines étoiles changent de couleur. Sirius est le premier exemple constaté de cette modification. Les écrits des anciens^ le représentent comme une étoile rouge, tandis qu'aujourd'hui ce soleil se distingue par son éclatante blancheur.

Deux étoiles doubles, y du Lion ety du Dauphin, notées comme blanches parHerschel, sont foi^mées maintenant d'une étoile principale jaune d'or, accompagnée d'une étoile vert-rougeâtre dans le premier couple, vert-bleuâtre dans le second^. Du reste, cette variation de couleur ne semblera plus étonnante, si l'on se rappelle combien l'éclat de la lumière des étoiles subit lui-même de variations.

Cette variation ne semble pas pouvoir s'expliquer par la différence des instruments employés, puisque les miroirs des télescopes d'Herschel donnaient plutôt une teinte rougeâtre à tous les objets, et que c'est Struve, avec la grande lunette de Fraunhofer, qui a constaté la coloration des deux couples.

Il n'en reste pas moins à l'état de problèmes une foule de questions que suggère la diversité de couleurs des lumières stellaires. A quelles causes physiques ou chimiques tiennent ces différences ? Sont-elles seulement Tindice des températures plus ou moins élevées de l'incandescence des photosphères des soleils? Toutes ces nuances qui vont d'une extrémité à l'autre de V échelle chromatique, du bleu au rouge, puis au blanc pur, correspondent-elles à des états physiques analogues à ceux où se trouve le platine, par exemple, lors-

I4 « La Canicule (c'est le nom que les Latins donnaient à Sirius) est d'un rouge plus vif que Mars. » (Sénèque, Questions naturelles, I, 1.)

que du rouge sombre, par un accroissement progressif de chaleur, il arrive jusqu'au blanc éblouissant ? Il est peu probable que les étoiles soient assimilables à des corps solides incandescents ; mais alors, leurs couleui's variées sont peutêtre caractéristiques des substances gazeuses qui s'y trouvent en ignition.

On peut se demander aussi quelle est la cause des variations de couleurs des étoiles, si le passage d'une extrémité à l'autre de l'échelle spectrale marque une diminution ou un accroissement dans la température , dans la radiation de la photosphère, si les soleils bleus, comme on l'a supposé, sont des soleils en voie de décroissance. Toutes ces questions du plus haut intérêt ont été diversement résolues, mais en l'absence de faits positifs, les réponses étaient presque entièrement conjecturales, jusqu'au moment où l'analyse spectroscopique put aborder de tels problèmes, et apporter quelques faits nouveaux à l'appui des hypothèses. Le paragraphe qui ' suit va donner quelques détails sur cette nouvelle et importante branche de la science, qui a fait progresser si vite l'étude do la constitution de notre propre Soleil.

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