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ORIGINE ET FORMATION DU MONDE SOLAIRE

Aura-l-on jamais à ce sujet des notions certaines? Je l'ignore. Mais on ne sera sans doute pas fâché de savoir quelles sont actuellement les plus vraisemblables conjectures, déduites des sciences qui méritent au plus haut degré la qualification de positives.

La géologie nous enseigne que la Terre, à son origine, existait à l'état fluide. ' Formée d'une immense agglomération de matière gazeuse, douée d'une température excessive, condensée à son centre, elle s'est lentement refroidie, puis resserrée en un globe liquide enveloppé d'une, haute etépaisse atmosphère. Alors, par une nouvelle déperdition de chaleur, les couches superficielles de ce globe se sont peu à peu solidifiées, jusqu'à ce qu'un certain état d'équilibre général lui ait donné les dimensions et la forme qu'il aiï'ecte aujourd'hui.

Parmi les témoignages divers qui rendent cette histoire ancienne de la Terre extrêmement probable, il en est deux qui subsistent, et que tout le monde peut vérifier. C'est, d'une part, la température croissante des couches du sol, qui force à considérer le noyau intérieur de la Terre comme étant encore à l'état d'incandescence ' : les éruptions volcaniques sont une preuve de plus à l'appui de cette hypothèse. Puis, c'est la forme même du globe terrestre ; c'est l'aplatissement de ce globe dans le sens de son axe de rotation : le renflement des parties équatoriales est la preuve mécanique de l'état fluide primitif.

Telles sont les données les plus certaines que l'on possède sur l'histoire ancienne de la Terre, dont on peut suivre ainsi les diverses évolutions. 11 n'est pas facile sans doute d'assigner aux diverses phases de ce développement des époques certaines; mais, en pareille matière, les probabilités suffisent, et toutes s'accordent à donner à notre planète un âge dont l'ancienneté se compte par centaines de mille années, presque certainement par des millions.

La Terre est-elle la seule planète du monde solaire à qui l'on doive assigner une telle origine? A cet égard, les données précises manquent en partie ; et c'est à l'analogie qu'il faut laisser le soin de prononcer. J'ai dit que les données manquent. Je me trompe : il en est une qui est d'un grand poids, c'est le fait d'un commun aplatissement, qui est certain pour la Terre, Mars, Jupiter et Saturne, probable pour Mercure, et que la difficulté des mesures des différents diamètres de chaque disque planétaire a seule empêché de constater dans les autres planètes du

1. Plusieurs géologues contemporains, tout en admettant la fluidité primitive du globe terrestre, dont la forme aplatie est un témoignage irrécusable de cette fluidité, pensent que la solidification s'est faite du centre à la circonférence. Dès lors, ils considèrent le noyau actuel de la Terre comme solide; mais, entre ce noyau et l'écorce également solide, constituant lé sol, il existerait des nappes dune matière liquide et incandescente; c'est aux mouvements de cette couche et des gaz qui s'en dégagent, qu'ils attribuentles phénomènes volcaniques, les éruptions et les tremblements de terre.

monde solaire. Il est donc extrêmement probable que, à l'origine, le système solaire tout entier était formé d'une agglomération de matière à l'état gazéiforme, qui peu à peu s'est transformée en corps distincts, sous l'influence d'un refroidissement effectué pendant des milliers de siècles. Nous arrivons ainsi à l'hypothèse formulée par l'un des plus grands génies de la science modei'ne, par Laplace', qui a pu' rendre compte ainsi de la plupart des phénomènes de l'astronomie planétaire. Je vais essayer de résumer en peu de mots cette théorie de l'origine des corps qui composent notre monde.

Si l'on remonte par la pensée jusqu'à une époque éloignée de la nôtre

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Fig. 361. Formation du monde planétaire. Le Soleil et les zones nébuleuses qui ont donné naissance aux planètes.

par une série considérable de siècles, le monde solaire tout entier, ou, plus exactement, toute la matière qui en forme aujourd'hui les divers groupes, existait à l'état purement gazeux, ou, si l'on veut, sous la forme d'une immense nébuleuse, extraordinairement diffuse, ne présentant

1. Antérieurement 'a Laplace, liant, le grand philosophe de Kœnigsberg, avait donné, dans son Histoire du Ciel, l'esquisse d'une théorie avant beaucoup d'analogie avec la simple note placée par l'illustre auteur do la Mécanique céleste, à la fin de son Exposition da système du monde. C'est l'heureuse rencontre de deux grands esprits.

Nous regrettons que le défaut d'espace nous oblige à résumer trop succinctement l'hypothèse de Laplace, et aussi à omettre les développements et modifications dont elle a été l'objet depuis. Nous y reviendrons ailleurs, mais nous devons dès maintenant citer les belles recherches de M. E. Roche et le savant Mémoire qu'il a publié sous ce titre : Essai sur la constitution et l'origine du Monde solaire, 1873.

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