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DIMENSIONS RÉELLES DU SOLEIL

Pour que le Soleil, malgré sa prodigieuse distance, nous apparaisse sous la forme d'un disque ayant un aussi grand diamètre angulaire, il faut que ses dimensions vraies soient réellement énormes. Le globe solaire a, en effet, un diamètre qui n'est pas moindre de 108 fois le diamètre équatorial de la Terre. On peut se rendre compte très-facilement de cette proportion des deux astres : la parallaxe solaire, dont le double donne le diamètre apparent de notre planète vue du Soleil, étant de 8", 86, et le diamètre apparent moyen du Soleil vu de la Terre, c'est-à-dire de la même distance, étant 1923", 64, il suffit de diviser ce second nombre par 17", 82 pour connaître le rapport très-approché des diamètres réels. En faisant le calcul trigonométri que exact, on trouve : D-= 108,556 d.

Si l'on passe maintenant aux dimensions du Soleil exprimées en kilomètres pour les longueurs, en kilomètres carrés pour les surfaces, en kilomètres cubes pour les volumes, voici ce qu'on trouve :

Le rayon du Soleil a 692 000 kilomètres, 173 000 lieues kilométriques environ ; la circonférence d'un de ses grands cercles mesure 4 350000 kilomètres, ou 1 087 500 lieues kilométriques. C'est toujours, comme on voit, 108 fois et demie les dimensions correspondantes de la Terre ' .

1. Gomme nous aurons bientôt l'occasion d'évaluer les dimensions réelles d'objets observés sur le disque solaire ou près de sa surface, il est bon dès maintenant de donner le tableau des dimensions kilométriques des divisions de l'échelle adoptée. Les astronomes mesurent ces objets eu minutes et en secondes. Or, le diamètre du Soleil à sa moyenne distance, comprend 1923", 64, et mesure en réalité, on l'a vu plus haut, 1 384 000 kilomètres. Ainsi 1" à la surface du Soleil vaut \lVli"^*î' = 7 19'', 5, d'où résulte la valeur d'une minute, qui est 43 170 kilomètres. Quand nous parlerons de minutes et do se-

La surface totale de l'astre, celle de l'enveloppe lumineuse dont les contours limitent pour nous le disque du Soleil, n'est guère inférieure à 12000 fois la surface de notre Terre (11785); ou, si l'on veut, est égale en nombre rond à six millions de millions de kilomètres carrés.

Son volume évalué en kilomètres cubes se mesure par le nombre 1 390050000 000 000 000.

Pour se faire une idée de ce qu'un tel nombre représente, il faut le rapporter au volume même de la Terre, qui vaut déjà plus de mille milliards de kilomètres cubes. On trouve ainsi que le globe du Soleil vaut à lui seul, en volume, autant que 1 279000 globes terrestres. La Tei-re, il est vrai, n'est pas, tant s'en faut, la planète la plus volumineuse, puisque Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune sont respectiveriaent 1390,

condes d'arc sur le Soleil, il faudra donc se reporter au tableau suivant qui servira à les traduire en dimensions kilométriques.

vaut

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Sur le Soleil, le fil d'araignée d'un micromètre couvre par son épaisseur environ 240 kilomètres.

Mais il ne faut pas confondre, comme des astronomes l'ont fait quelquefois, les minutes et secondes d'arc mesurées de la Terre, comme ci-dessus, avec les minutes et secondes héliocentriqucs, c'est-à-dire comptées du centre du Soleil. Un degré du limbe solaire ne vaut que 16", 8 ou 12087'=, c'est-à-dire la 360"" partie de la circonférence du Soleil ; une seconde héliocentrique n'est plus que 3''360 mètres.

Enfin, si les objets mesurés ne sont pas au centre du disque solaire ou sur son contour, il faut évidemment tenir compte du raccourcissement dû à la perspective, c'est-à-dire do l'effet de la courbure de la surface.

865, 75 et 85 fois aussi grosses qu'elle. Mais réunît-on toutes les planètes et leurs satellites, on trouverait encore que le volume du Soleil équivaut à 600 fois au moins le volume résultant de cette agglomération. La Lune est éloignée de nous de 60 rayons de la Terre environ. Eh bien, si l'on supposait que le centre du Soleil vînt à coïncider avec celui de notre globe, non-seulement toute l'orbite lunaire resterait à l'intérieur de l'immense sphère solaire, mais il faudrait en outre s'élever

Fig. 5. Dimensions comparées du globe du Soleil et de l'oi'bite de la Lune.

au delà de cette orbite de 48 rayons terrestres, pour atteindre seulement la surface extérieure de l'astre lumineux. C'est ce que montre la figure 5 .

Ara go, dans le tome quatrième de ^(m. Astronomie populaire, cite la comparaison familière suivante , bien propre à fournir une image de l'immensité du volume solaire : « Un professeur d'Angers voulant, dit-il, donner à ses élèves une idée sensible de la grandeur de la Terre comparée à celle du Soleil, imagina de compter le nombre de grains de blé de grandeur moyenne

qui sont contenus dans la mesure de capacité nommée le litre : il en trouva 10 000. Conséquemment, un décalitre doit en renfermer 100000, un hectolitre 1000000, et 14 décalitres 1 400000. Ayant alors rassemblé en un tas les 14 décalitres de blé, il mit en regard un seul de ces grains, et dit à ses auditevu's : «Voilà en volume la Terre, et voici le Soleil. » Cette assimilation frappa les élèves de surprise infiniment plus que ne l'avait fait renonciation du rapport des nombres abstraits 1 et 1400 000 \ »

Quand nous aurons vu quelles sont les dimensions absolues de ce grain de blé qui figurait la Terre, nous serons bien plus surpris encore, et notre imagination restera comme écrasée sous les prodigieuses dimensions du flambeau de notre monde, lequel toutefois n'est lui-même qu'un des grains de la poussière lumineuse répandue dans l'espace infini.

Notre Terre n'étant qu'un des membres de la famille plaliétaire, il serait naturel d'étendre les comparaisons que nous venons de faire entre son volume et celui du Soleil, aux corps célestes principaux qui circulent avec elle autour du foyer central. Mais plus loin , dans la description détaillée que nous ferons de chacun de ces corps, nous aurons l'occasion de nous étendre davantage sur leurs dimensions propres : nous donnerons alors des nombres précis. Contentons-nous de figurer approximativement leurs grosseurs relatives et leurs distances.

Représentons-nous le Soleil comme une sphère de 1 décimètre de diamètre; la Terre sera un grain de moins de 1 niilli mètre, qu'il faudra reculer à la distance moyenne de 10™, 690 pour mettre sa distance au Soleil en harmonie avec ses dimen-

1. Le nombre 1400 000 représente ici le volume du Soleil comparé à celui de la Terre, dans l'hypothèse d'une parallaxe égale seulement à 8", 58. La parallaxe 8", 86 que nous avons adoptée réduit la distance du Soleil, et par conséquent ses dimensions. Il faut alors substituer, nous venons de le voir, le nombre 1 279 000 à 1 400 000, ce qui n'ôle rien du reste à la valeur de la comparaison imaginée par le professeur que cite Arago.

sions. Si la Terre avait, comme les globes géographiques de dimensions moyennes , 30 centimètres de diamètre , c'est à près de 3 kilomètres et demi (3490") qu'il faudrait l'éloigner du globe solaire, et celui-ci n'aurait pas alors moins de 32'", 57 de diamètre. En un mot, imaginez un ballon sphérique assez volumineux pour s'élever au-dessus du sol à la moitié de la hauteur des tours Notre-Dame à Paris : c'est le Soleil. Placez un autre globe de 3 décimètres de diamètre à une distance de 3490 mètres : ce globe figurera la Terre.

Enfin, terminons par une comparaison qui mettra en parallèle les grosseurs et les distances. Du Soleil à la Terre, il y a, en moyenne, avons-nous \i\, 23 200 rayons équatoriaux; il faudrait donc ranger à la file 1 1 600 globes terrestres pour aboutir au Soleil; tandis que 107 globes solaires suffiraient à combler l'intervalle.

On comprend mieux l'importance du rôle qu'un astre comme le Soleil joue dans le monde de corps célestes gravitant autour de lui , quand on se représente dans des proportions exactes les dimensions vraies et les valeurs relatives justes des grosseurs et des distances de tous ces corps. Voilà pourquoi j'ai insisté sur ces comparaisons familières, pourquoi j'ai cru bon de multiplier les images propres à donner à nos sens et par suite à notre esprit l'idée précise de tels rapports.

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